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Articles récents

Bonne soirée

29 Avril 2026

"Soir d'avril - Le clocher prend doucement le verger sous son ombre: chaque fleur de cerisier est volée d'angélus"

  François Cassingénat-Reverdy 

JF MILLET. L'ANGELUS

JF MILLET. L'ANGELUS

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Picnic chic

28 Avril 2026

Renoir, le déjeuner sur l'herbe

Renoir, le déjeuner sur l'herbe

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Quatre à Quatre

26 Avril 2026

26/04/2026,

jour 4 en numérologie, ça tombe bien:

Rappelons la voie du quatrain dont le franco-chinois, François Cheng,  dit:

" Le quatrain est le diamant de la poésie universelle."

Dans Enfin le royaume qui possède le sous-titre  de « Quatrains » paru en 2018 chez Gallimard, puis réédité en 2019 avec des poèmes inédits, l'auteur  adopte une présentation aérée, avec un seul quatrain par page.

"La rhétorique chinoise conçoit le quatrain comme une dramaturgie à quatre temps : le premier vers qui est l'exorde, le deuxième vers qui est le développement, le 3ème vers qui doit marquer un tournant ascendant et le quatrième vers qui doit aboutir à une perspective ouverte". (François Cheng)

 

En voici quatre:

 

Le centre est là

Où se révèle

Un Œil qui voit

Un Cœur qui bat

 

       

La beauté est une rencontre. Toute présence

Sera par une autre présence révélée.

D’un même élan regard aimant figure aimée ;

D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance. 

 

Entre inattendu et inespéré, affleure

Une vie cachée que le temps a mis en miettes.

Clapotis et chuchotis nous restituent

Les jades de jadis, parmi maintes lunes, égarés.

 

Ce moment partagé, nous nous en souviendrons

Un jour, comme d’un mont par-delà les nuages,

Où tout demeure en soi et se change en son autre :

Arbre fleuri chant de source, feuille au vent papillon.

 

Quatre à Quatre
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Poussant la porte,

24 Avril 2026

Agir, Je viens
 
Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n'es plus à l'abandon
Tu n'es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus
Je t'épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t'accomplit
 
Je t'apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l'enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée
Afflux sur les neiges de sa pâleur
Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime
 
AGIR, JE VIENS
Tes pensées d'élan sont soutenues
Tes pensées d'échec sont affaiblies
J'ai ma force dans ton corps insinuée
...et ton visage perdant ses rides, est rafraîchi
La maladie ne trouve plus son trajet en toi
La fièvre t'abandonne
 
La paix des voûtes
La paix des prairies refleurissantes
La paix rentre en toi
 
Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide
Comme une fumerolle
S'envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées
Les têtes méchantes d'autour de toi
Observatrices vipérines des misères des faibles
Ne te voient plus
Ne sont plus
 
Équipage de renfort
En mystère et en ligne profonde
Comme un sillage sous-marin
Comme un chant grave
Je viens
Ce chant te prend
Ce chant te soulève
Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
Ce chant est nourri par un Niagara calmé
Ce chant est tout entier pour toi
 
Plus de tenailles
Plus d'ombres noires
Plus de craintes
Il n'y en a plus trace
Il n'y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l'océan ouvert
L'océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf d'ivoire.
 
J'ai lavé le visage de ton avenir.
 
 
Henri Michaux, Poésie pour pouvoir dans Face aux verrous. Editions Gallimard 1967 (écrit en lien avec l'accident mortel de sa femme, brûlée)
 
***
("L’enjeu du poème « Agir je viens », que Michaux qualifie de « poème dirigé », c’est-à-dire orienté dans une direction, éminemment transitif, tient dans l’effet produit concrètement sur le destinataire, ici une femme aimée, malade : « la refaire, la remodeler selon la santé ». De fait, Michaux tire le méditatif vers l’injonctif,  le performatif, déplace  la poésie-méditation vers « la poésie-action », entendu bien évidemment dans un sens qui n’est pas celui de la « poésie sonore » du néo-dadaïsme. L’exorcisme passionnel passe dans l’exercice spirituel, en se rapprochant de cet « athlétisme affectif » recherché par Artaud.) 
 
("On sait que Nietzsche, dans les premières pages de Ainsi parlait Zarathoustra, déclare ne vouloir lire « que ce que quelqu’un écrit avec son sang ». Il ajoute : « il n’est guère facile de comprendre le sang d’autrui : je hais les oisifs qui lisent », avant de redéfinir ce que serait la véritable lecture, une lecture qui se moquerait de la lecture : « celui qui écrit avec du sang et en aphorismes, celui-là ne veut pas être lu mais appris par cœur ». Le cas de l’œuvre de Michaux illustre à merveille ce que pourrait être une lecture active, et non « oisive ». Non pas comprendre, interpréter, mais méditer dans le sens d’« appliquer », d’« incorporer », et donc de lire « avec son sang ».)
 
        "J'écris pour me parcourir. peindre, composer, écrire: me parcourir.           Là est l'aventure d'être en vie." H.M.

"J'écris pour me parcourir. peindre, composer, écrire: me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie." H.M.

Henri Michaux, sans titre, 1945

Henri Michaux, sans titre, 1945

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Ce survivant...

23 Avril 2026

Il a 98 ans...cet iranien de naissance qui écrivait dans "Le testament amoureux" réédité en 2022:

« Trop de fois j’ai été arraché aux êtres, aux lieux, aux choses – et je ne m’y suis jamais fait. J’ai mis une vie à me rétablir tant bien que mal d’une enfance de nulle part traversée de présences fugitives."

Incipit du "Testament amoureux"  de Serge Rezvani, réédité en 2022.

 

REZVANI

REZVANI

Rezvani vient d'éditer "Méditations"...(Mars 2026) ...à la page 4, on peut lire:

" Le tact de coeur ancestral du féminin pourrait-il nous aider à espérer? Comment arrêter le mouvement engagé vers l'abîme? Comment survivre? Un tact de coeur, oui! Une politesse génétique de l'intelligence comme une courtoisie obligée depuis l'aube de notre présence en tant qu'espèce, une politesse des plus raffinées, ce fut jusqu'à présent le prix de la survie du féminin."

 

Sans titre, Rezvani

Sans titre, Rezvani

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En ligne

22 Avril 2026

 

Aventures des lignes

 

« Une ligne rencontre une ligne. Une ligne évite une ligne. Aventures de lignes.

Une ligne pour le plaisir d’être ligne, d’aller, ligne. Points. Poudre de points.

Une ligne rêve. On n’avait jusque-là jamais laissé rêver une ligne. Une ligne attend. Une ligne espère. Une ligne repense un visage. Lignes de croissance. Lignes à hauteur de fourmi, mais on n’y voit jamais de fourmis. Peu d’animaux dans les temples de cette nature, et seulement leur animalité une fois retirée. La plante est préférée. Le poisson à l’air méditant est reçu.

Voici une ligne qui pense. Une autre accomplit une pensée. Lignes d’enjeu. Ligne de décision.

Une ligne s’élève. Une ligne va voir. Sinueuse, une ligne de mélodie traverse vingt lignes de stratification.

Une ligne germe. Mille autres autour d’elle, porteuses de poussées : gazon. Graminées sur la dune.

Une ligne renonce. Une ligne repose. Halte. Une halte à trois crampons. Un habitat. Une ligne s’enferme. Méditation. Des fils en partent encore, lentement.

Une ligne de partage, là, une ligne de faîte, plus loin la ligne observatoire. Temps, Temps…

Une ligne de conscience s’est reformée.

On peut les suivre mal ou bien, sans jamais risquer d’être conduit à l’éloquence, toujours évitée, toujours évité le spectaculaire, toujours dans la construction, toujours dans le prolétariat des humbles constituants de ce monde. »

Henri Michaux (1975)

Paul Klee

Paul Klee

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Dans les rapides d'un fleuve

20 Avril 2026

" Cette vie est plus tumultueuse que les rapides d'un fleuve parce qu'elle est faite de chair et de sang, de désirs irrépressibles et de passions sans fin. Il suffit d'une brêche dans la digue péniblement bâtie par les humains pour que l'inattendu s'y engouffre."

François Cheng

Dans les rapides d'un fleuve

" Me voici pierre d'attente
  Où es-tu source amie?
  Il suffit que tu viennes 
  Pour que soit mélodie"


   F.Cheng 

"Les lilas ont frémi 
  Le mot est dit" 


   F.Cheng

 

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Rêverie,

19 Avril 2026

Conseils aux malades, 

"Ce que le malade doit éviter, c'est d'être seul, et pourtant si l'on vient le voir et qu'on lui parle et qu'il soit un de ces hommes qui donnent plutôt qu'ils ne reçoivent, il se trouve bientôt tellement affaibli que quand le médecin ensuite se présente avec sa trousse pour inciser son panaris, il ne sait plus où prendre un peu de force pour résister à la souffrance, il se sent atrocement victime et délaissé. Il vaut donc mieux qu'il crée lui-même sa compagnie qui reste là à sa disposition (même quand le médecin est là) et qui, en tout, est plus souple.C'est dans les tentures qu'il peut loger le plus d'êtres. Les grosses espèces il les réduira facilement, c'est la forme et la structure surtout qui importe.

Le premier jour, je plantai des pâquerettes.Tous les rideaux en étaient pleins. « Fleurs aux petites paumes, leur disais-jc, ne pouvez-vous rien pour moi? » Mais elles-mêmes étaient tellement tremblantes que je dus les renvoyer. Je les remplaçai par des éléphants (de petite taille), ils montaient et descendaient comme des hippocampes puis, s'accrochant à un pli par leur trompe, me regardaient de leurs petits yeux qui comprennent. Mais moi, promptement lassé—et puis je suis si paresseux — je détournais les yeux en leur disant : "Eh bien, maintenant, voulez-vous, parlez-moi de trompes. » Ils ne parlaient pas, mais tout de même réconforté par leur présence — cela vous garde, un éléphant — je m'endormais plus facilement."

Rêverie,
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Je me suis baignée dans le poème...

18 Avril 2026

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
"

YVES KLEIN, LE BATEAU IVRE

YVES KLEIN, LE BATEAU IVRE

"Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !
"

 

Le bateau ivre

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

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La promesse des aubes,

17 Avril 2026

"Belle invention en vérité que la roue à aubes. Assemblage de mots providentiels que celui-là, pour qui les caresse, pour qui renchérissant sur l'invention qu'ils désignent, caresse l'idée de tourner lui-même dans le sens de la lumière, de même à faire tourner grâce à elle toute chose dans ce sens et le monde tout entier. Belle formule, belle devise, bel emblème d'une vie active dans le sens de la lumière. Car c'est un bonheur suffisant et une destinée accomplie pour l'homme si peu éclairé qu'il soit sur sa propre origine, que d'être origine lui-même et de n'être que cela dans la société des hommes, pour le présent et pour l'avenir, dans le sens de la lumière. Heureux oui, heureux l'homme dont la roue à aubes est la définition pour ce qu'il fait lever des aubes innombrables, dût-il ne point les voir avec ses propres yeux."

François Cassingéna-Trévedy

La promesse des aubes,

"J’ai embrassé l’aube d’été

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi."

Arthur Rimbaud, Illuminations

 

 

Turner, Aube à Venise

Turner, Aube à Venise

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