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Articles récents

Comme un parfum qui passe,

3 Mars 2026

"Notre temps est en devenir"

V.Jankélévich

 

Comme un parfum qui passe,

"Nous sommes des allant - devant"

F.Dolto

Comme un parfum qui passe,

 "Tout change sauf le changement"

   Tao

 

Comme un parfum qui passe,

 "Écrivez à partir de réminiscences, non de souvenirs"

  Aharon Appelfeld

 

Comme un parfum qui passe,

« Oui, si le souvenir, grâce à l’oubli, n’a pu contracter aucun lien, jeter aucun chaînon avec la minute présente, s’il est resté à sa place, à sa date, s’il a gardé ses distances, son isolement dans le creux d’une vallée ou la pointe d’un sommet, il nous fait tout à coup respirer un air nouveau, précisément parce que c’est un air qu’on a respiré autrefois, cet air plus pur que les poètes ont vainement essayé de faire régner dans le paradis et qui ne pourrait donner cette sensation profonde de renouvellement que s’il avait été respiré déjà, car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

Proust, la recherche du temps perdu, t.III, p.869-870

 

Comme un parfum qui passe,
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Avec ce coeur de soufre,

2 Mars 2026

Avec ce coeur de soufre,

Avec ce cœur de soufre et cette chair d’étoupe,

Avec ces os qui sont pareils à du bois sec,

Avec une âme qui dédaigne freins et rênes,

Avec un désir prompt et trop ardent, avec

 

Une raison aveugle, débile et boiteuse

Et les gluaux, les pièges dont le monde est plein,

Ce n’est pas grande merveille si, en un éclair,

Je flambe au premier feu qu’on rencontre en chemin.

 

Si pour l’art, qui demande le secours du ciel,

Mais triomphe avec lui de la Nature, encore

Qu’elle imprègne tout lieu, je ne suis né ni sourd

 

Ni aveugle, et suis par là même à la hauteur

De qui m’a dérobé, puis incendié le cœur,

La faute en est à qui m’a voué à brûler.

 

Traduit de l’italien par Pierre Leyris

1n « Michel-Ange, poèmes »,

Editions Mazarine, 1984

 

 

 

 

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ESPOIR

1 Mars 2026

« L’espoir » est la chose qui a des plumes

Qui se perche dans l’âme

Et chante la mélodie sans les mots

Et ne s’arrête jamais – du tout

Et la plus douce – dans la Brise – est entendue

Et violente doit être la tempête

Qui pourrait faire honte au petit Oiseau

Qui a gardé tant de gens au chaud

Je l’ai entendue dans la terre la plus froide

Et sur la mer la plus étrange

Pourtant, jamais, dans l’Extrême,

Elle n’a demandé une miette – de Moi.

 

Emily Dikinson

 
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Muse, Chante pour moi...

28 Février 2026

Le voyage d'Ulysse

Le voyage d'Ulysse

Ces dix vers fameux composés à l’aurore de la civilisation occidentale au VIIIe siècle avant notre ère, ouvrent L' ODYSSEE :

"Muse, chante pour moi ce héros aux mille tours, qui tant erra après avoir détruit la citadelle sacrée de Troie. Nombreux sont les hommes dont il vit les cités et connut les esprits. Nombreux sont les maux qu’il endura en son cœur sur la mer, luttant pour sa vie et le retour de ses compagnons. Mais en dépit de son désir ardent, il ne put sauver ses camarades! Ils ne durent leur mort qu’à leur propre orgueil insensé, ces sots qui mangèrent les vaches du Soleil. C’est ce dieu qui les priva du jour du retour. Ô déesse, fille de Zeus, viens nous entretenir un peu nous aussi de tout cela."

Odyssée I, 1-1

 

ἄνδρα μοι ἔννεπε, μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ πλάγχθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσε πολλῶν δ ̓ ἀνθρώπων ἴδεν ἄστεα καὶ νόον ἔγνω πολλὰ δ ̓ ὅ γ ̓ ἐν πόντῳ πάθεν ἄλγεα ὃν κατὰ θυμόν ἀρνύμενος ἥν τε ψυχὴν καὶ νόστον ἑταίρων. ἀλλ ̓ οὐδ ̓ ὣς ἑτάρους ἐρρύσατο, ἱέμενός περ· αὐτῶν γὰρ σφετέρῃσιν ἀτασθαλίῃσιν ὄλοντο νήπιοι, οἳ κατὰ βοῦς Ὑπερίονος Ἠελίοιο ἤσθιον: αὐτὰρ ὁ τοῖσιν ἀφείλετο νόστιμον ἦμαρ. τῶν ἁμόθεν γε, θεά, θύγατερ Διός, εἰπὲ καὶ ἡμῖν.

 

Poerie LOUVRE

Poerie LOUVRE

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Un fou rire proustien,

27 Février 2026

Braque

Braque

Les devinettes de Saint-John Perse et le fou rire de  Marcel Proust

Du rire de Marcel Proust provoqué par la remarque de Céleste Albaret à la suite de sa lecture de poèmes d’Éloges nous avons deux témoignages directs : celui de la gouvernante elle-même de l’écrivain dans le livre tardif qu’elle consacre à la figure de l’homme qu’elle a servi avec tant d’attention et de dévouement de 1914 à la fin de sa vie :

"Une fois, je m’en souviens, il me lut des vers qu’il venait de recevoir ou d’acheter – j’oublie si c’était de Paul Valéry ou de Saint-John Perse. Quand il a fini, je lui dis : « Monsieur, ce ne sont pas des vers ; ce sont des devinettes ». Il se met à rire comme un fou. Dans les jours qui ont suivi, il m’a raconté qu’il l’avait répété partout." Céleste Albaret, Monsieur Proust, Robert Laffont, 1973, p. 151.

On pourra retenir de ce parcours rapide que le futur Saint-John Perse, sous le nom encore de Saint-Leger Leger, alors même que son œuvre toute jeune ne jouit à cette date, et pour longtemps encore, que d’une audience extrêmement restreinte, fait partie du cercle des écrivains auxquels l’auteur de La Recherche se plaît à accorder l’hommage dans son œuvre non seulement d’une désignation, mais encore d’un éloge, fût-il un peu mitigé (« poèmes admirables mais obscurs ») !Yves Fravalo  

                  Cf /.

                  https://fondationsaintjohnperse.fr/saint-john-perse-et-proust/

 

SJP

SJP

MP

MP

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Quand refleuriront...

26 Février 2026

Quand refleuriront...

L’espoir luit comme…

Paul Verlaine

L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !

 

Quand refleuriront...
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A vous, comme des grains de sable

25 Février 2026

A vous, comme des grains de sable
  • J'entends, j'entends

 

J'entends j'entends le monde est là
Il passe des gens sur la route
Plus que mon cœur je les écoute
Le monde est mal fait mon cœur las
 
Faute de vaillance ou d'audace
Tout va son train rien n'a changé
On s'arrange avec le danger
L'âge vient sans que rien se passe
 
Au printemps de quoi rêvais-tu
On prend la main de qui l'on croise
Ah mettez les mots sur l'ardoise
Compte qui peut le temps perdu
 
Tous ces visages ces visages
J'en ai tant vu des malheureux
Et qu'est-ce que j'ai fait pour eux
Sinon gaspiller mon courage
 
Sinon chanter chanter chanter
Pour que l'ombre se fasse humaine
Comme un dimanche à la semaine
Et l'espoir à la vérité
 
J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère
 
J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi
 
Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme
 
Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond
 
Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir
 
J'y crois parfois je vous l'avoue
À n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous
 
À vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable
 
J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez
 
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche
 
Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
 
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
 
C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou.
 
Louis Aragon
 
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De l'Espace,

24 Février 2026

        un jeune auteur qui vient d'être lauréat du prix Fénéon (qui distingue chaque année un jeune auteur et un jeune artiste de moins de 35 ans) pour L'ENTROUBLI, titre inspiré de François Villon qui a écrit:          Ce faisant, je m’entroublié, …         Dont le sensitif s’esveilla         Et esvertua Fantaisie,         Qui tous organes resveilla,         Et tint la souvraine partie         En suspens et comme amortie         Par oppression d’oubliance.          FRANÇOIS VILLON, Le Lais (1456)

un jeune auteur qui vient d'être lauréat du prix Fénéon (qui distingue chaque année un jeune auteur et un jeune artiste de moins de 35 ans) pour L'ENTROUBLI, titre inspiré de François Villon qui a écrit: Ce faisant, je m’entroublié, … Dont le sensitif s’esveilla Et esvertua Fantaisie, Qui tous organes resveilla, Et tint la souvraine partie En suspens et comme amortie Par oppression d’oubliance. FRANÇOIS VILLON, Le Lais (1456)

INGE SCHUSTER

INGE SCHUSTER

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Vivace,

23 Février 2026

"Ce n'est point avec des idées qu'on fait des vers...c'est avec des mots." 

    Mallarmé à Degas, cité par Valéry (Variétés II)

 

Vivace,
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !
Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.
Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

         Mallarmé

 

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