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Articles récents

Herbes folles

18 Mars 2026

Herbes folles

Un Tout Petit Jardin

par Eugène Guillevic
 
 

Découvrir par hasard
Un tout petit jardin
Plein d’herbes folles,

Sans fenêtres autour,
Sans bruit et même
Sans cerceau ni poupée.

Rien que le temps
Qui s’est retiré là
Et n’attend rien.

 

Guillevic

Guillevic

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Fendre l'armure

17 Mars 2026

Fendre l'armure

        Un mot fend l'armure en ce moment, c'est le mot FÊLURE

Les temps en sont-ils la cause?

On a beaucoup entendu  parler  du livre de Charlotte Casiraghi, LA FÊLURE qui, telle une flèche ailée, transperce les ondes et laisse des traces.

Bien sûr en arrière plan résonne la nouvelle de Francis Scott Fitzgérald : LA FÊLURE ! Il écrivait: "Je détestais la nuit parce que je n'arrivais pas à dormir, le jour parce qu'il conduisait à la nuit. Je me couchais désormais du côté du coeur, sachant que plus vite je fatiguerais cet organe, si peu que ce fût, plus tôt arriverait l'heure bénie du cauchemar qui, comme une catharsis, me permettrait de mieux accueillir le jour nouveau." qui laisse à penser...

Si vous lisez le dernier recueil de Poésie de Michel Houellebecq "Combat toujours perdant' vous serez face au Spleen de plein fouet !

Baudelaire, lui, a écrit: LA CLOCHE FÊLEE qui  donne peut-être le bourdon mais quel talent pour exprimer dans son "Spleen et Idéal"! 

 

La cloche fêlée
Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume,

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.
 
De l'or sur la fêlure,  Roselyne Dupetitpre

De l'or sur la fêlure, Roselyne Dupetitpre

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Au diapason du jour

13 Mars 2026

Au diapason du jour

Au diapason du jour

Les harmonies se fondent

 

Ce sont notes muettes

Éperdues de Mozart

 

              Et

 

La musique dit l'amour.

 

Anny C. (Rébus et Entrelacs, $ Figure III))

 

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De la beauté

12 Mars 2026

      Quand on lui demandait comment il avait créé David, cette sculpture magistrale qui semble si vivante, Michel-Ange répondait :       « Ce n’est pas moi qui ai créé David. Il était déjà là, enfermé dans le marbre. Je n'ai fait qu'enlever ce qui l'empêchait d'apparaître. »

Quand on lui demandait comment il avait créé David, cette sculpture magistrale qui semble si vivante, Michel-Ange répondait : « Ce n’est pas moi qui ai créé David. Il était déjà là, enfermé dans le marbre. Je n'ai fait qu'enlever ce qui l'empêchait d'apparaître. »

 L'œuvre représente David, une fronde (lanière de cuir servant de lance-pierre) à la main, juste avant son combat contre le géant Goliath.

L'œuvre représente David, une fronde (lanière de cuir servant de lance-pierre) à la main, juste avant son combat contre le géant Goliath.

1501-1504

1501-1504

 " L'art conserve la mémoire d'une grande beauté."           Michel-Ange - Madrigal XXI, L'art (1540)

" L'art conserve la mémoire d'une grande beauté." Michel-Ange - Madrigal XXI, L'art (1540)

SONNET IV

Combien il plaît, quand on sait le juger, cet
art sublime qui, saisissant à-la-fois les traits
et les attitudes, nous offre, dans des membres
de cire, ou de terre, ou de marbre, un être
presque animé !

Si jamais le temps outrageux et barbare mu-
tile, brise ou détruit ce chef-d'oeuvre de l'art,
sa beauté première revit dans la pensée où elle
ne s'est pas imprimée en vain.

Ainsi tes divins attraits , image de la perfec-
tion qui embellit le ciel même, s'offrent à nous
sur la terre comme un oeuvre de l'artiste éternel.

Quand ils auront souffert les injures du temps,
ils n'en seront que plus profondément gravés
dans mon coeur passionné pour ce beau , que ni
les ans, ni les hivers ne peuvent jamais changer.

 

MICHELANGE
 

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Librement consenti,

10 Mars 2026

LIBERTE, force vive

LIBERTE, force vive

"L'homme ne donne rien de bon que dans la liberté; c'est à dire  dans les contraintes auxquelles il a librement acquiescé et qui sont celles de sa condition, dans les contraintes qu'il a librement choisies et qui sont celles de l'art" (Douze constellations)

François Cassingena-Trévedy :

" Il vaut la peine de faire cas du rien, du presque rien, de ce qui n'est rien au regard violent des violents..."(Étincelles II)

 

Librement consenti,

C’est l’éternité

En coulis d’ambre pure

Un chant d’oiseau

Dans la souche des temps

Un brin mouillé

Qui pleure

Un cri

 

Le saut des ocres blanches

Dans le cru

 

Un nuage qui crève de jalousie

Sur le sang cerise

 

Des estampes d’ombres lasses

Dans la mémoire des siestes

 

Des croisillons de jambes dans la prairie

Et des paupières lourdes

 

Au réveil

Nu

Le corps piqué à vif

Détrompe les fins du monde

Embrase les orchidées oisives

Et les humains désirs

En feu.

 

Anny C. ( Ivres éclats )

 

Librement consenti,
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MARS SE RIT...

9 Mars 2026

Monet, saules au printemps

Monet, saules au printemps

"Mars- le vent s"affaire, le vent suffit à faire aux arbres une espèce de feuillage qui prélude à celui qu'ils n'ont point encore: avant de s'en prendre au feuillage, il se prend pour lui. Le ciel intensément bourgeonne entre les branches."

 

François Cassingena,

 moine poète (Douze constellations)

 

Calendérique 10

 

 

Le fléau vacille

Sous le poids des mots

Un iris s’ouvre au jardin

Et vrille la vigne

 

Un rossignol trille

 

Je te promets le bleu pervenche

Et le jaune en plein cœur

 

Les anges se concertent

 

Il y a des chœurs d’enfants

Et des sources pures

 

J’entends les tambours qui roulent

 

La galaxie flamboie

Elle pleure

Des larmes fleurs

Les bras chargés de tulipes d’enfance

 

Marine florale

Honorée des colombes

Quand la mer étale

La porte en son sein

 

Éperdument

 

Anny C.

(La lumière dans le tamis)

MARS SE RIT...
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8 MARS 2026, BONNE FÊTE à TOUTES LES FEMMES ET PLUS SI AFFINITE,

8 Mars 2026

Caravaggio

Caravaggio

Elles

 

Offrandes fruitées du Caravage

Abondance et palette

Dans la création la joie

 

Elles

Éternelles

 

Anny C.

8 MARS 2026,  BONNE FÊTE à TOUTES LES FEMMES ET PLUS SI AFFINITE,
Camille Claudel ,Vertumne et Pomone

Camille Claudel ,Vertumne et Pomone

 

 

LA NEIGE

   Neige, neige
Plus blanche que linge,
   Femme lige
Du sort : blanche neige.
   Sortilège !
Que suis-je et où vais-je ?
   Sortirai-je
Vif de cette terre

   Neuve ? Neige,
Plus blanche que page
  Neuve neige
Plus blanche que rage
   Slave…

Rafale, rafale
Aux mille pétales,
Aux mille coupoles,
Rafale-la-Folle !

Toi une, toi foule,
Toi mille, toi râle,
Rafale-la-Saoule
Rafale-la-Pâle,
Débride, dételle,
Désole, détale,
A grands coups de pelle,
A grands coups de balle.

Cavale de flamme,
Fatale Mongole,
Rafale-la-Femme,
Rafale : raffole.

 

Marina Tsvetaïeva

Poème écrit en français en 1923

Marina TSVETAÏEVA

Marina TSVETAÏEVA

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INTIMUS,

7 Mars 2026

INTIMUS,

 

Silence et parole se confondent dans l'intime, intimus, superlatif, le plus profond du profond de soi et de la relation.

Quel beau mot !

          Tiens...

C'était au temps de...

 

INTIMUS,
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Un poète m'a dit,

5 Mars 2026

Un poète m'a dit,
Renoir

Renoir

L’AMOUR

La double pêche de tes seins
Dans la coupe de la journée
Voici que ton ventre se lève
Entre les branches du figuier
Que la chambre se met à battre
Comme une tempe délicate
Et qu’un versant du ciel inonde
Étendue la plus belle au monde
Sous ta douce main déroulée
Pareille aux crosses de fougère
Pénétrerai-je le mystère
D’une chair à l’âme gagnée
Comme une eau très fraîche qu’on tire
Avec lenteur du fond du puits
Tu te recouvres d’une buée
Qui dissimule ton sourire
Mes doigts possèdent le secret
De t’éveiller de t’épanouir
De te perdre avant de dormir
Comme une enfant dans la forêt.
 
 
René Guy Cadou
Poèmes Choisis
 
 

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
Ni pour les habitués d’une cité lacustre
Pour l’écolier attentif à son cœur
Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
Entre mes bras depuis cent ans
Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
Ni l’herbe le flatter doucement au visage
J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
La neige pure ainsi qu’une main féminine
Et le pollen éparpillé sur les gazons
Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
J’écris pour dépasser la crue noire du temps
Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
À cette auberge au bord du ciel où les passants
Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
Pleines de fruits et des soleils encourageants
Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
Qui ne supporte pas le poids de la parole
Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
Et la lumière de mon cœur toujours plus haute
Aveuglante comme une poignée de sel gris.

 

 
 
 
 
 
René Guy Cadou

René Guy Cadou

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De l'ombre à la lumière,

4 Mars 2026

El Desdichado
Gérard de Nerval

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

 

Gérard de Nerval
Les Chimères, Michel Lévy frères, 1856

 

De l'ombre à la lumière,
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