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Articles récents

A la sauce sétoise

26 Juin 2026

Port de Sète à l'aube, photo Anny C.

Port de Sète à l'aube, photo Anny C.

A la sauce sétoise, 

J'ai des racines dans ce coin du monde, alors en écho à France Culture du dimanche 14/06/26,  voici:

"La cuisine de Sète" , un délice.

Tielle sétoise

Tielle sétoise

       La tielle sétoise

La tielle est comme le tajine ou le tian, c'est le nom du plat utilisé pour cuire cette tourte. L'histoire de l'origine de la tielle mérite un ouvrage tellement elle est passionnante mais ici contentons-nous d'arriver à la fin du livre, la fameuse recette sètoise de la tielle. Une vraie tielle de Sète se prépare avec du poulpe qu'on appelle dans la ville de Brassens le pouffre. la tourte est réalisée avec une base de pâte à pain à laquelle on remplace une partie de l'eau par du vin blanc et de l'huile, elle est colorée au concentré de tomate. Pour le ragoût à base de poulpe, il s'agit d'une sauce tomate au vin blanc plus ou moins épicée selon les goûts. Attention la recette prend du temps mais vous ne serez pas déçu.

Pour 4 personnes

Temps de préparation : 30 minutes

Temps de cuisson des poulpes : 15 minutes pour des petits, 1 heure pour un grand

 

Temps de cuisson : 45 minutes

 

La recette de la tielle

Faire cuire un kilo de petits poulpes de roche dans une casserole d’eau salée et parfumée d’une feuille de laurier et d’un brin de thym. Une fois les poulpes tendres, les refroidir, les peler, les vider et les couper en morceaux avec une paire de ciseaux. A part, faire chauffer un filet d’huile, y faire revenir un oignon émincé, ajouter du persil haché et de l’ail. Ajouter du concentré de tomates, mélanger puis détendre avec un peu de vin blanc. Ajouter les morceaux de poulpe et laisser cuire un quart d’heure. La préparation doit être assez compacte. Corriger l’assaisonnement et ajouter, si on le désire, des olives.

Préparer une pâte en mélangeant 500 g de farine, une cuillère d’huile d’olive, un peu de levure fraîche et de sel. Laisser lever la pâte puis l’abaisser en deux disques, l’un légèrement plus grand que l’autre.

Foncer un moule avec la plus grande abaisse, préchauffer le four à 200°C. Garnir avec la farce de poulpe, couvrir avec la seconde abaisse et souder les bords en pinçant soigneusement. Mélanger un peu d’huile avec des épices Spigol et badigeonner la tielle. Enfourner une demi-heure.

Pour qu’une tielle soit parfaite, la pâte doit être molle, gorgée de jus et surtout pas craquante.
A déguster chaud ou légèrement tiède.

 

 

Cimetière Le Py, Tombe de G. Brassens, 2022

Cimetière Le Py, Tombe de G. Brassens, 2022

Éclose à l'aube de ce jour

Elle est pour toi cette pensée

En allée vers ton éternité

 

Anny C.

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Sous la treille

25 Juin 2026

Sous la treille

"Il a fallu, pour la trouver, que je me détachasse du petit port méditerranéen, des thoniers, des maisons plates, peintes, rose bonbon fané, bleu lavande, vert tilleul, des rues où flotte l'odeur du melon éventré, du nougat et des oursins.

Je l'ai trouvée au bord d'une route que craignent les automobiles, et derrière la plus banale grille - mais cette grille, les lauriers-roses l'étouffent, empressés à tendre au passant, entre les barreaux, des bouquets poudrés de poussière provençale, aussi blanche que la farine, plus fine qu'un pollen...Deux hectares, vigne, orangers, figuiers à fruits verts, figuiers à fruits noirs ; quand j'aurai dit que l'ail, le piment et l'aubergine comblent, entre les ceps, les sillons de vigne, n'aurai-je pas tout dit ? Il y a aussi une maison ; mais elle compte moins - petite, basse d'étage - que sa terrasse couverte de glycine, par exemple, ou que le bignonia à flammes rouges, ou bien que les vieux mimosas à gros troncs, qui rangés de la grille au seuil lui font honneur. Derrière la maison... Non, vraiment, je ne vois rien, derrière la maison, qui mérite d'être dépeint. Derrière la maison, c'est la vigne encore, puis un rempart de faux bambous, flexible muraille provençale contre laquelle le mistral bute, se redresse et chante, courroucé. Les thuyas de la clôture s'inclinent, derrière la maison, sur une barrière à demi pourrie, et si vous ouvrez la barrière qu'un enfant briserait, vous entrez sans gravir ni descendre une marche, vous entrez de plain-pied dans la mer."

Incipit de La première Treille muscate, Colette

En août 1932, Colette publie les six textes qui forment La Treille muscate : « Première Treille muscate », « Voyages », « Vins », « Le Poisson au coup de pied », « Fleurs », « Seconde Treille muscate ». Ce titre fait référence à la maison qu'elle a achetée six ans auparavant à Saint-Tropez. Elle confie l'illustration de l'ouvrage tiré à seulement 150 exemplaires à son ami André Dunoyer de Ségonzac. En novembre de la même année, La Treille muscate est publié une deuxième fois dans un ensemble plus vaste intitulé Prisons et paradis.

Sous la treille
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Bain de soleil,

24 Juin 2026

Bain de soleil

 

La salle de bains est fermée à clef 

Le soleil entre par la fenêtre 

      Et elle se baigne dans la baignoire,

Et elle se frotte avec le savon, 

Et le savon pleure, 

Il a du soleil dans l'œil. 

 

        Jacques Prévert

 

Nu dans son bain, Pierre Bonnard, 1936

Nu dans son bain, Pierre Bonnard, 1936

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Un, deux, trois SOLEIL!

23 Juin 2026

J’ai vu le soleil

Tourner comme un fou

Et l’inouï

Des cloches

Sonner 

A tout vent

Dans la beauté du monde

Clarté

Premier matin

 

Anny C.

Photo Anny C. (Labruguière, Tarn)

Photo Anny C. (Labruguière, Tarn)

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Matin d'été

22 Juin 2026

Matin d'été

 

Par monts et par vaux 

Le soleil

Inconscient

De ses averses

Poudre d’or

L’ocre terre

Saturée de bleu

 

 Il fait chaud

 

 Boucle sans fin

 Lemniscate d’argent

 L’infini 

 Se la coule douce

 Jeux d’élastiques

 Sur papier soie

 

  Anny C.

Matin d'été
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Petite sieste musicale,

21 Juin 2026

Petite sieste musicale,
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SOYONS FOUS!

20 Juin 2026

ET POURQUOI PAS !

Juliette Gréco / DESNOS

Juliette Gréco / DESNOS

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LIRE A L'OMBRE,

19 Juin 2026

Berthe Morisot, L'ombrelle verte (1873)

Berthe Morisot, L'ombrelle verte (1873)

Sagan

Sagan

            Aimez-vous Sagan?

          - L'art des titres:

Romans:

Bonjour Tristesse, Un certain sourire, Dans un mois, dans un an, Aimez-vous, Brahms ?, Les merveilleux nuages, La chamade, Le garde du coeur, Un peu de soleil dans l'eau froide, Des bleus à l'âme, Un profil perdu, Le lit défait, Le chien couchant, La femme fardée, Un orage immobile, De guerre lasse, Un sang d'aquarelle, La laisse, Les faux-fuyants, Un chagrin de passage, Le miroir égaré, Les quatre coins du coeur.

   - Quelques citations:

        "Dicter le texte à un(e) secrétaire a des avantages, ça donne de l'élan...on approfondit instinctivement, on prend moins le goût de l'ellipse, on prend mieux conscience d' une musicalité de la phrase qu'on entend en la disant..." 

        "Les gens qui basent leur vie sur leur beauté ( comme des acteurs, des mannequins...)  sont obsédés par le regard de l'autre si bien qu'ils ont beaucoup de mal à regarder l'autre, c'est le drame des couples d'acteurs..."

        "Il y a des jours où la vie est ronde, et des jours où elle est aigüe" 

        "Mes livres tournent toujours autour de la solitude... être seul, ne pas être seul, avoir chaud, avoir peur ...se connaître à travers quelqu'un, connaître quelqu'un..."

        "Écrire n'est pas rassurant, ça peut être humiliant, excitant, envoûtant, on est ailleurs mais on est absolument là,  on essaie de traduire la vie.."

        "J'aime mes héros , parfois ils deviennent plus intéressants que je ne le pensais au début, je change d'avis, comme dans la vie..."

        "Ce ne sont pas les aventures, l'Aventure: ce qui n'est pas banal c'est d'aimer quelqu'un."

        "Tentative toujours à recommencer de toujours expliquer notre présence sur la terre"

        "L'intelligence ne peut pas se satisfaire d'elle-même ou alors elle est morte"

        "Écrire c'est découvrir ce qu'on savait déjà" "C'est le génie de Proust, quand on le lit, on se dit "évidemment!"avec étonnement."

        "Les hommes les plus intelligents que j'ai connus dans ma vie ont un côté assez désarmé, un peu enfantin, ils ne craignent pas de prendre des coups et de l'avouer, de l'admettre. Ce qui fait très peur c'est la solidité basée sur du béton."

        "La tolérance, la chaleur, le dialogue donnent une force, préférer être trompé(e) que de se méfier, rend invulnérable, le fait d'être "ouvert" vous met à l'abri de toute forme d'ennui narcissique"

 

     -Extrait de :

      "Derrière l'épaule"

 

 Incipit :

« Je n’ai jamais voulu écrire l’histoire de ma vie. D’abord parce qu’elle concerne, heureusement, beaucoup de gens vivants, et ensuite parce que ma mémoire est devenue complètement défaillante : il me manque cinq ans par-ci, cinq ans par-là, qui feraient croire à des secrets ou des cachotteries également inexistants. À y penser, les seuls jalons de ma chronologie seraient les dates de mes roman les seules bornes vérifiables, ponctuelles, et enfin presque sensibles de ma vie.
De plus, que l’on me croie ou pas, je n’ai jamais relu mes livres, sauf  Dans un mois, dans un an, unique lecture traînant dans un avion. Je le trouvais pas mal, d’ailleurs. Mais depuis, rien. On me parle d’un personnage on me jette à la tête des prénoms, des scènes, des moralités bien lointaines. Ce n’est pas la qualité de mes œuvres qui m’amène à cet auto-dédain, mais la conscience que de nombreux livres m’attendent encore sur quelque étagère, des inconnus que je n’aurai sûrement pas le temps de lire avant ma mort. Alors relire un livre de moi (moi qui en connais la fin, en plus), quel temps perdu ! »

(Elle s’y attelle pourtant, avec la nonchalance élégante qu’on lui connaît, jetant derrière elle mais sans se retourner un regard vif et acéré, comme un coureur qui ne veut pas être rattrapé. Cette rapidité qu’elle demandait aux voitures et au style..(Le Monde)

4ème de couv :
Cette autobiographie sensible, drôle et désabusée de Françoise Sagan prend la forme d’une liste de ses romans. Le paysage de son œuvre l'entraîne dans une flânerie mélancolique entre « profils perdus », « chagrins de passage », « lits défaits » et « bleus à l'âme ».  À  travers ce regard jeté « derrière l’épaule », c’est toute la vie de l’écrivaine qui resurgit : les années Saint-Germain-des-Prés, ses amours, ses maisons, ses voyages. Un texte immanquable pour tous les amoureux de Sagan.   (STOCK)

 "J'ai toujours pensé qu'il y avait des familles sur la terre, en plus de ceux qui partagent votre sang et votre enfance, il y a aussi les familles du hasard, ceux que l'on reconnaît confusément comme étant son parent, son pair, son ami, son amant, comme ayant été injustement séparé de vous pendant des siècles que vous avez peut-être partagés sans vous connaître. Ça n'est pas ce qu'on appelle la famille de l'esprit ni celle des corps, c'est une parenté faite de silences, de regards, de gestes, de rires et de colères retenus, ceux qui se choquent ou s'amusent des mêmes choses que vous. Contrairement à ce qui se dit, ce n'est pas pendant la jeunesse qu'on les rencontre le plus souvent mais plus tard, quand l'ambition de plaire est remplacée par l'ambition de partager."

Françoise Sagan, Derrière l'épaule

 

 

 

 

 

 

 

 

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A voix haute,

18 Juin 2026

A voix haute,

 

La lecture à haute voix 

 

Marcel Proust (1871-1922) écoute sa mère, Jeanne, lui lire, au coucher, 

François le Champi (1848) de George Sand (1804-1876)

*

CHAMPI, IS(S)E,(ISE, ISSE) subst. et adj. Vx, région. Enfant trouvé ou conçu dans les champs, batard (Le Robert)

 

« Maman s’assit à côté de mon lit ; elle avait pris François le Champi à qui sa couverture rougeâtre et son titre incompréhensible donnaient pour moi une personnalité distincte et un attrait mystérieux. Je n’avais jamais lu encore de vrais romans. J’avais entendu dire que George Sand était le type du romancier. Cela me disposait déjà à imaginer dans François le Champi quelque chose d’indéfinissable et de délicieux. Les procédés de narration destinés à exciter la curiosité ou l’attendrissement, certaines façons de dire qui éveillent l’inquiétude et la mélancolie, et qu’un lecteur un peu instruit reconnaît pour communs à beaucoup de romans, me paraissaient simples – à moi qui considérais un livre nouveau non comme une chose ayant beaucoup de semblables, mais comme une personne unique, n’ayant de raison d’exister qu’en soi – une émanation troublante de l’essence particulière à François le Champi. Sous ces événements si journaliers, ces choses si communes, ces mots si courants, je sentais comme une intonation, une accentuation étrange. L’action s’engagea ; elle me parut d’autant plus obscure que dans ce temps-là, quand je lisais, je rêvassais souvent, pendant des pages entières, à tout autre chose. Et aux lacunes que cette distraction laissait dans le récit, s’ajoutait, quand c’était maman qui me lisait à haute voix, qu’elle passait toutes les scènes d’amour. Aussi tous les changements bizarres qui se produisent dans l’attitude respective de la meunière et de l’enfant et qui ne trouvent leur explication que dans les progrès d’un amour naissant me paraissaient empreints d’un profond mystère dont je me figurais volontiers que la source devait être dans ce nom inconnu et si doux de « Champi » qui mettait sur l’enfant, qui le portait sans que je susse pourquoi, sa couleur vive, empourprée et charmante. Si ma mère était une lectrice infidèle, c’était aussi, pour les ouvrages où elle trouvait l’accent d’un sentiment vrai, une lectrice admirable par le respect et la simplicité de l’interprétation, par la beauté et la douceur du son. Même dans la vie, quand c’étaient des êtres et non des œuvres d’art qui excitaient ainsi son attendrissement ou son admiration, c’était touchant de voir avec quelle déférence elle écartait de sa voix, de son geste, de ses propos, tel éclat de gaîté qui eût pu faire mal à cette mère qui avait autrefois perdu un enfant, tel rappel de fête, d’anniversaire, qui aurait pu faire penser ce vieillard à son grand âge, tel propos de ménage qui aurait paru fastidieux à ce jeune savant. De même, quand elle lisait la prose de George Sand, qui respire toujours cette bonté, cette distinction morale que maman avait appris de ma grand’mère à tenir pour supérieures à tout dans la vie, et que je ne devais lui apprendre que bien plus tard à ne pas tenir également pour supérieures à tout dans les livres, attentive à bannir de sa voix toute petitesse, toute affectation qui eût pu empêcher le flot puissant d’y être reçu, elle fournissait toute la tendresse naturelle, toute l’ample douceur qu’elles réclamaient à ces phrases qui semblaient écrites pour sa voix et qui pour ainsi dire tenaient tout entières dans le registre de sa sensibilité. Elle retrouvait pour les attaquer dans le ton qu’il faut l’accent cordial qui leur préexiste et les dicta, mais que les mots n’indiquent pas ; grâce à lui elle amortissait au passage toute crudité dans les temps des verbes, donnait à l’imparfait et au passé défini la douceur qu’il y a dans la bonté, la mélancolie qu’il y a dans la tendresse, dirigeait la phrase qui finissait vers celle qui allait commencer, tantôt pressant, tantôt ralentissant la marche des syllabes pour les faire entrer, quoique leurs quantités fussent différentes, dans un rythme uniforme, elle insufflait à cette prose si commune une sorte de vie sentimentale et continue.

Mes remords étaient calmés, je me laissais aller à la douceur de cette nuit où j’avais ma mère auprès de moi. Je savais qu’une telle nuit ne pourrait se renouveler ; que le plus grand désir que j’eusse au monde, garder ma mère dans ma chambre pendant ces tristes heures nocturnes, était trop en opposition avec les nécessités de la vie et le vœu de tous, pour que l’accomplissement qu’on lui avait accordé ce soir pût être autre chose que factice et exceptionnel. Demain mes angoisses reprendraient et maman ne resterait pas là. Mais quand mes angoisses étaient calmées, je ne les comprenais plus ; puis demain soir était encore lointain ; je me disais que j’aurais le temps d’aviser, bien que ce temps-là ne pût m’apporter aucun pouvoir de plus, puisqu’il s’agissait de choses qui ne dépendaient pas de ma volonté et que seul me faisait paraître plus évitables l’intervalle qui les séparait encore de moi. »

Marcel Proust / A la Recherche du temps perdu (1913-1927) 

( P 41-43, édition Gallimard, collection Folio, 1988)

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George Sand commente :
"Notice (1852),  (avant la préface)
François le Champi a paru pour la première fois dans le feuilleton du Journal des Débats. Au moment où le roman arrivait à son dénouement, un autre dénouement plus sérieux trouvait sa place dans le premier Paris dudit journal. C’était la catastrophe finale de la monarchie de juillet, aux derniers jours de février 1848. Ce dénouement fit naturellement beaucoup de tort au mien, dont la publication, interrompue et retardée, ne se compléta, s’il m’en souvient, qu’au bout d’un mois. Pour ceux des lecteurs qui, artistes de profession ou d’instinct, s’intéressent aux procédés de fabrication des œuvres d’art, j’ajouterai à ma préface, que quelques jours avant la causerie dont cette préface est le résumé, je passais par le chemin aux Napes. Le mot nape, qui dans le langage figuré du pays désigne la belle plante appelée nénuphar, nymphéa, décrit le sauvage du cloaque. Un enfant de six ou sept ans, monté à poil* sur un cheval nu, sauta avec sa monture le buisson qui était derrière moi, se laissa glisser à terre, abandonna le poulain échevelé au pâturage et revint pour sauter lui-même l’obstacle qu’il avait si lestement franchi à cheval un moment auparavant. Ce n’était plus aussi facile pour ses petites jambes ; je l’aidai, et j’eus avec lui une conversation assez semblable à celle rapportée au commencement du Champi, entre la meunière et l’enfant trouvé. Quand je l’interrogeai sur son âge, qu’il ne savait pas, il accoucha textuellement de cette belle repartie : deux ans. Il ne savait ni son nom, ni celui de ses parents, ni celui de sa demeure ; tout ce qu’il savait c’était se tenir sur un cheval indompté, comme un oiseau sur une branche secouée par l’orage. J’ai fait élever plusieurs champis des deux sexes qui sont venus à bien au physique et au moral. Il n’en est pas moins certain que ces pauvres enfants sont généralement disposés, par l’absence d’éducation, dans les campagnes, à devenir des bandits. Confiés aux gens les plus pauvres, à cause du secours insuffisant qui leur est attribué, ils servent souvent à exercer, au profit de leurs parents putatifs, le honteux métier de la mendicité. Ne serait-il pas possible d’augmenter ce secours, et d’y mettre pour condition que les champis ne mendieront pas, même à la porte des voisins et des amis ? J’ai fait aussi cette expérience, que rien n’est plus difficile que d’inspirer le sentiment de la dignité et l’amour du travail aux enfants qui ont commencé par vivre sciemment de l’aumône. 
GEORGE SAND.
Nohant, 20 mai 1852
*Au XVIIe siècle, le terme "à poil" s'utilisait dans le domaine de l'équitation. En effet, monter un cheval "à poil" signifiait qu'on le montait "à même le poil", c'est-à-dire sans couverture ni selle. La locution "à cru", employée au XVIIème siècle avait le même signification.1 janv. 2026
 
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"Laissons à Proust le dernier mot puisqu'il eut le premier et qu'il reste l'un des plus fins critiques de la littérature française : « La prose de George Sand respire toujours la bonté. »
F.de Chandernagor.
 
+
 
FILM (1977)
https://www.youtube.com/watch?v=FvsHlNKEJjA
 
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Des fleurs fraîches,

16 Juin 2026

"Ce qu'un artiste essaie de faire pour les gens, c'est de les rapprocher de quelque chose, parce que l'art, bien sûr, c'est le partage. Un artiste ne peut pas être un artiste s'il ne veut pas partager une expérience, une pensée."
David Hockney

 

Les "fresh flowers" offertes par David Hockney sont lumineuses comme des vitraux...

 

"Je dessine des fleurs tous les jours et je les envoie à mes amis pour qu'ils aient des fleurs fraîches tous les matins." 

D.H.

"Tout ce qui est simple m'intéresse toujours."  D.H.

"Tout ce qui est simple m'intéresse toujours." D.H.

"Elle est retrouvée
 Quoi?-L'éternité
 C'est la mer allée
 Avec le soleil "


 A.Rimbaud

David Hockney Aube à Ste Maxime

David Hockney Aube à Ste Maxime

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