Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
annycejourd'hui etc.
Articles récents

Affinités électives

5 Mai 2026

L'expression affinités électives (  aujourd'hui on parle plutôt d'atomes crochus ) vient donc du titre d'un roman de Goethe publié en 1809 où il développe dans le quatrième chapitre une théorie selon laquelle les affinités entre les humains s'expliqueraient selon les lois de la chimie. En effet, juste après avoir souligné que deux couples d'éléments AB et CD mis en présence se désunissent pour former entre eux une union nouvelle, AC et BD, Charlotte annonce l’arrivée d' Ottilie : les deux couples vont donc être mis en présence et l’expérience pourra commencer...et tout  transformer !

Magriite, Affinités électives, L'OEUF 1932 nature porte surréaliste inspirée à l'artiste par une hallucination survenue en se réveillant une nuit dans une chambre où dormait aussi un oiseau. Empruntant son titre à Goethe, Magritte dit que cette œuvre est un nouveau point de départ dans sa pratique picturale, laquelle s'attarderait désormais davantage sur la poésie qui résulte de la juxtaposition d'objets s'attirant secrètement par une relation subtile.

Magriite, Affinités électives, L'OEUF 1932 nature porte surréaliste inspirée à l'artiste par une hallucination survenue en se réveillant une nuit dans une chambre où dormait aussi un oiseau. Empruntant son titre à Goethe, Magritte dit que cette œuvre est un nouveau point de départ dans sa pratique picturale, laquelle s'attarderait désormais davantage sur la poésie qui résulte de la juxtaposition d'objets s'attirant secrètement par une relation subtile.

Lire la suite
Publicité

Variations printanières

3 Mai 2026

Variations printanières

"Mai-Andante exténué de la pluie, la nuit, jusqu'au simple soupir, jusqu'à je ne sais quel son qui ressemble à celui du sable entre les doigts, confinant au silence. Et il ne reste plus que la jeunesse universelle des feuilles qui pleurent, étonnées d'essuyer leur tout premier orage."

François Cassingéna-Trévedy 

 

 

František Kupka, Printemps cosmique, 1913-1914 (Grand Palais)

František Kupka, Printemps cosmique, 1913-1914 (Grand Palais)

František Kupka peintre tchèque pionnier de l’abstraction, a vécu et travaillé à Paris, de 1896 jusqu’à sa mort en 1957.
Convaincu du rôle primordial de la couleur,  Kupka se concentre, dans Printemps cosmique, sur ses variations. Il illustre l’arrivée du printemps – la fonte des neiges, l’éclosion et la floraison des plantes – en peignant des motifs abstraits et des formes colorées, qui confèrent à la toile une certaine musicalité dans une synesthésie surprenante. (AD)
Lire la suite

Un brin de muguet

1 Mai 2026

Cueillez-en tant que vous en voulez!

Cueillez-en tant que vous en voulez!

"Combien de fois à Paris, dans le mois de mai de l’année suivante, il m’arriva d’acheter une branche de pommier chez le fleuriste et de passer ensuite la nuit devant ses fleurs où s’épanouissait la même essence crémeuse qui poudrait encore de son écume les bourgeons des feuilles et entre les blanches corolles desquelles il semblait que ce fût le marchand qui, par générosité envers moi, par goût inventif aussi et contraste ingénieux, eût ajouté de chaque côté, en surplus, un seyant bouton rose ; je les regardais, je les faisais poser sous ma lampe — si longtemps que j’étais souvent encore là quand l’aurore leur apportait la même rougeur qu’elle devait faire en même temps à Balbec — et je cherchais à les reporter sur cette route par l’imagination, à les multiplier, à les étendre dans le cadre préparé, sur la toile toute prête de ces clos dont je savais le dessin par cœur — et que j’aurais tant voulu, qu’un jour je devais revoir — au moment où avec la verve ravissante du génie, le printemps couvre leur canevas de ses couleurs."

M.PROUST (A l'ombre des jeunes filles en fleurs) 

Un brin de muguet
Lire la suite

LOUISE GLÜck

30 Avril 2026

 LOUISE GLÜCK

       Une voix aux inflexions familères universelles et troublantes

"Il y a une brèche dans l'âme humaine, laquelle n'a pas été construite pour appartenir entièrement à la vie".

 

 Poète américaine, née le 23 avril 1943, morte le 13 octobre 2023

 Prix Nobel de littérature 2020

"Ceux d'entre nous qui écrivent des livres espèrent sans doute toucher beaucoup de gens. Mais certains poètes ne voient pas cette idée de toucher beaucoup de gens en termes spatiaux, comme dans un auditorium plein. Ils se voient toucher beaucoup de gens en termes temporels, séquentiels, beaucoup au fil du temps, dans le futur, mais dans le fond, ces lecteurs viennent toujours seuls, un par un."

Confession (Louise Glück)

To say I’m without fear—
It wouldn’t be true.
I’m afraid of sickness, humiliation.
Like anyone, I have my dreams.
But I’ve learned to hide them,
To protect myself
From fulfillment: all happiness
Attracts the Fates’ anger.
They are sisters, savages—
In the end they have
No emotion but envy

Confession

Dire que je suis sans peur –
Ce ne serait pas vrai.
J’ai peur de la maladie, de l’humiliation.
Comme tout le monde, j’ai mes rêves.
Mais j’ai appris à les cacher,
A me protéger
De l’accomplissement : toute félicité
Attire la colère de la destinée.
Ce sont des sœurs, des sauvages –
En fin de compte, elles n’ont
D’autre émotion que la jalousie.

( Traduction : Stéphane Chabrières.1990)

 

LOUISE GLÜck
Lire la suite
Publicité

Bonne soirée

29 Avril 2026

"Soir d'avril - Le clocher prend doucement le verger sous son ombre: chaque fleur de cerisier est volée d'angélus"

  François Cassingénat-Reverdy 

JF MILLET. L'ANGELUS

JF MILLET. L'ANGELUS

Lire la suite

Picnic chic

28 Avril 2026

Renoir, le déjeuner sur l'herbe

Renoir, le déjeuner sur l'herbe

Lire la suite

Quatre à Quatre

26 Avril 2026

26/04/2026,

jour 4 en numérologie, ça tombe bien:

Rappelons la voie du quatrain dont le franco-chinois, François Cheng,  dit:

" Le quatrain est le diamant de la poésie universelle."

Dans Enfin le royaume qui possède le sous-titre  de « Quatrains » paru en 2018 chez Gallimard, puis réédité en 2019 avec des poèmes inédits, l'auteur  adopte une présentation aérée, avec un seul quatrain par page.

"La rhétorique chinoise conçoit le quatrain comme une dramaturgie à quatre temps : le premier vers qui est l'exorde, le deuxième vers qui est le développement, le 3ème vers qui doit marquer un tournant ascendant et le quatrième vers qui doit aboutir à une perspective ouverte". (François Cheng)

 

En voici quatre:

 

Le centre est là

Où se révèle

Un Œil qui voit

Un Cœur qui bat

 

       

La beauté est une rencontre. Toute présence

Sera par une autre présence révélée.

D’un même élan regard aimant figure aimée ;

D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance. 

 

Entre inattendu et inespéré, affleure

Une vie cachée que le temps a mis en miettes.

Clapotis et chuchotis nous restituent

Les jades de jadis, parmi maintes lunes, égarés.

 

Ce moment partagé, nous nous en souviendrons

Un jour, comme d’un mont par-delà les nuages,

Où tout demeure en soi et se change en son autre :

Arbre fleuri chant de source, feuille au vent papillon.

 

Quatre à Quatre
Lire la suite

Poussant la porte,

24 Avril 2026

Agir, Je viens
 
Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n'es plus à l'abandon
Tu n'es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus
Je t'épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t'accomplit
 
Je t'apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l'enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée
Afflux sur les neiges de sa pâleur
Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime
 
AGIR, JE VIENS
Tes pensées d'élan sont soutenues
Tes pensées d'échec sont affaiblies
J'ai ma force dans ton corps insinuée
...et ton visage perdant ses rides, est rafraîchi
La maladie ne trouve plus son trajet en toi
La fièvre t'abandonne
 
La paix des voûtes
La paix des prairies refleurissantes
La paix rentre en toi
 
Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide
Comme une fumerolle
S'envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées
Les têtes méchantes d'autour de toi
Observatrices vipérines des misères des faibles
Ne te voient plus
Ne sont plus
 
Équipage de renfort
En mystère et en ligne profonde
Comme un sillage sous-marin
Comme un chant grave
Je viens
Ce chant te prend
Ce chant te soulève
Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
Ce chant est nourri par un Niagara calmé
Ce chant est tout entier pour toi
 
Plus de tenailles
Plus d'ombres noires
Plus de craintes
Il n'y en a plus trace
Il n'y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l'océan ouvert
L'océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf d'ivoire.
 
J'ai lavé le visage de ton avenir.
 
 
Henri Michaux, Poésie pour pouvoir dans Face aux verrous. Editions Gallimard 1967 (écrit en lien avec l'accident mortel de sa femme, brûlée)
 
***
("L’enjeu du poème « Agir je viens », que Michaux qualifie de « poème dirigé », c’est-à-dire orienté dans une direction, éminemment transitif, tient dans l’effet produit concrètement sur le destinataire, ici une femme aimée, malade : « la refaire, la remodeler selon la santé ». De fait, Michaux tire le méditatif vers l’injonctif,  le performatif, déplace  la poésie-méditation vers « la poésie-action », entendu bien évidemment dans un sens qui n’est pas celui de la « poésie sonore » du néo-dadaïsme. L’exorcisme passionnel passe dans l’exercice spirituel, en se rapprochant de cet « athlétisme affectif » recherché par Artaud.) 
 
("On sait que Nietzsche, dans les premières pages de Ainsi parlait Zarathoustra, déclare ne vouloir lire « que ce que quelqu’un écrit avec son sang ». Il ajoute : « il n’est guère facile de comprendre le sang d’autrui : je hais les oisifs qui lisent », avant de redéfinir ce que serait la véritable lecture, une lecture qui se moquerait de la lecture : « celui qui écrit avec du sang et en aphorismes, celui-là ne veut pas être lu mais appris par cœur ». Le cas de l’œuvre de Michaux illustre à merveille ce que pourrait être une lecture active, et non « oisive ». Non pas comprendre, interpréter, mais méditer dans le sens d’« appliquer », d’« incorporer », et donc de lire « avec son sang ».)
 
        "J'écris pour me parcourir. peindre, composer, écrire: me parcourir.           Là est l'aventure d'être en vie." H.M.

"J'écris pour me parcourir. peindre, composer, écrire: me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie." H.M.

Henri Michaux, sans titre, 1945

Henri Michaux, sans titre, 1945

Lire la suite
Publicité

Ce survivant...

23 Avril 2026

Il a 98 ans...cet iranien de naissance qui écrivait dans "Le testament amoureux" réédité en 2022:

« Trop de fois j’ai été arraché aux êtres, aux lieux, aux choses – et je ne m’y suis jamais fait. J’ai mis une vie à me rétablir tant bien que mal d’une enfance de nulle part traversée de présences fugitives."

Incipit du "Testament amoureux"  de Serge Rezvani, réédité en 2022.

 

REZVANI

REZVANI

Rezvani vient d'éditer "Méditations"...(Mars 2026) ...à la page 4, on peut lire:

" Le tact de coeur ancestral du féminin pourrait-il nous aider à espérer? Comment arrêter le mouvement engagé vers l'abîme? Comment survivre? Un tact de coeur, oui! Une politesse génétique de l'intelligence comme une courtoisie obligée depuis l'aube de notre présence en tant qu'espèce, une politesse des plus raffinées, ce fut jusqu'à présent le prix de la survie du féminin."

 

Sans titre, Rezvani

Sans titre, Rezvani

Lire la suite

En ligne

22 Avril 2026

 

Aventures des lignes

 

« Une ligne rencontre une ligne. Une ligne évite une ligne. Aventures de lignes.

Une ligne pour le plaisir d’être ligne, d’aller, ligne. Points. Poudre de points.

Une ligne rêve. On n’avait jusque-là jamais laissé rêver une ligne. Une ligne attend. Une ligne espère. Une ligne repense un visage. Lignes de croissance. Lignes à hauteur de fourmi, mais on n’y voit jamais de fourmis. Peu d’animaux dans les temples de cette nature, et seulement leur animalité une fois retirée. La plante est préférée. Le poisson à l’air méditant est reçu.

Voici une ligne qui pense. Une autre accomplit une pensée. Lignes d’enjeu. Ligne de décision.

Une ligne s’élève. Une ligne va voir. Sinueuse, une ligne de mélodie traverse vingt lignes de stratification.

Une ligne germe. Mille autres autour d’elle, porteuses de poussées : gazon. Graminées sur la dune.

Une ligne renonce. Une ligne repose. Halte. Une halte à trois crampons. Un habitat. Une ligne s’enferme. Méditation. Des fils en partent encore, lentement.

Une ligne de partage, là, une ligne de faîte, plus loin la ligne observatoire. Temps, Temps…

Une ligne de conscience s’est reformée.

On peut les suivre mal ou bien, sans jamais risquer d’être conduit à l’éloquence, toujours évitée, toujours évité le spectaculaire, toujours dans la construction, toujours dans le prolétariat des humbles constituants de ce monde. »

Henri Michaux (1975)

Paul Klee

Paul Klee

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>