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Articles récents

Avec ce poids-là,

3 Décembre 2025

PIERRE REVERDY | 1889~1960
 
 
 
La Saveur du réel

 

"Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber."

 

(« Poèmes en prose », 1915)
 
 
Avec ce poids-là,
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FEU DE BOIS

2 Décembre 2025

 

 

" Grand feu de bois, échevelé entre ses coussins de cendre légère, blanche et bleue et voletante comme le chinchilla!"

 

Colette

 Prisons et paradis

FEU DE BOIS

 

 

Sur la route des braises

Une branche suinte et s’enflamme

D’amour consumé

Une langue de feu lèche les cendres vives

Dans un pépiement qui crépite d’aise

Quand la paix veille sur ses proies endormies

Et que les songes bruissent sous les paupières closes

Jusqu’au matin vibrant d’ardeur

Après la combustion des veilles

 

Anny C.

 La lumière dans le tamis

 

FEU DE BOIS

 

"La cendre, dans le plus frais de mon souvenir, c’est … comment écrire? C’est la fleur du feu, sa blanche écume, son inséparable, son impondérable duvet, – c’est la cendre de bois."

 

Colette

Prisons et Paradis

 

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L'art et la vie

1 Décembre 2025

                                  

 

Du portrait à la vie

 

 Le “portrait d’Elisabeth Lederer” de Gustav Klimt, désormais deuxième tableau le plus cher jamais vendu aux enchères, derrière le “Salvator Mundi” attribué à Léonard de Vinci.

L'art et la vie

Le portrait

"Il est des soirs où le marché de l’art, d’ordinaire si prompt à se prendre au sérieux, consent enfin à parler vrai. Le 18 novembre dernier en fut un. Un Klimt a grimpé jusqu’à 236,3 millions de dollars chez Sotheby’s, porté par des enchérisseurs qui semblaient avancer sur la pointe des pieds, tandis qu’une chacun retenait son souffle l’air de rien. Vingt minutes ont suffi pour décider qu’une jeune femme peinte en 1914 frôlait désormais les sommets. Ce portrait n’est pas seulement celui d’Elisabeth Lederer ; c’est aussi le souvenir d’une vie partagée par Leonard Lauder, le collectionneur. Les œuvres ne traversent pas les décennies toutes seules. Elles suivent le cœur de ceux qui les choisissent. Et c’est bien avant les enchères que commence la vraie valeur, dans une fidélité, une patience et une cohérence secrète que seuls les collectionneurs sincères connaissent. Et puis, il y a ce miracle discret, presque trop simple : collectionner permet à des gens ordinaires de vivre une existence extraordinaire. Il suffit d’un dessin accroché de travers, d’une petite huile choisie sans raison, d’une gravure trouvée par hasard. Là, tout à coup, une œuvre vous regarde autant que vous la regardez. Et la vie s’élargit. Le marché retiendra le chiffre. Nous devrions retenir le geste. Leonard Lauder n’a jamais cherché la fortune ; il a cherché la justesse. La fortune est arrivée tardivement, presque timidement, telle une invitée embarrassée." 

    Sylvain Lévy pour la revue informatique: "Sans Doute"

   https://www.sansdoute.info/categorie/culture/

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La vie

Complément d'information du Musée des beaux arts Canada.

"Lorsque Klimt peint Elisabeth, fille unique de ses principaux mécènes, August et Szerena Lederer, la famille est la seconde plus riche de Vienne après les Rothschild. Sa fortune, amassée essentiellement dans les industries de la distillerie et de l’amidon, va lui permettre de financer la constitution d’une vaste collection d’art très admirée. Celle-ci compte de nombreuses œuvres de Klimt qui, sur une période de vingt ans, va recevoir commande des portraits de la mère (en 1899), de la fille et de la grand-mère maternelle (Charlotte Pulitzer en 1917). Il se verra également confier la réalisation d’un portrait posthume de la nièce de Szerena. Comme pour l’essentiel de sa production, Klimt va être obsédé par les détails du portrait d’Elisabeth pendant des années. La légende veut que la toile n’ait été considérée comme terminée que parce que la mère est venue la chercher d’autorité dans l’atelier du peintre. Les Lederer ne laisseront sortir ce tableau de leur collection qu’à une seule occasion, pour l’exposition d’art autrichien de Stockholm en 1917. 

 

En à peine plus d’une décennie, la vie de rêve de la jeune Elisabeth va se muer en tragédie. Tout va basculer rapidement après la mort de son père en 1936 et l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938. L’année suivante, les nazis s’emparent de la collection Lederer (à l’exception des portraits de famille, jugés « trop juifs » pour être volés), et les membres de la famille sont forcés à l’exil. Elisabeth, elle, reste à Vienne, à ses risques et périls : elle se convertit au protestantisme quand, en 1921, elle épouse Wolfgang von Bachofen-Echt, héritier d’une brasserie autrichienne, mais elle redevient juive après le divorce du couple en 1934. « En l’espace de cinq ans, raconte Appleyard, elle se retrouve totalement seule à Vienne. Son mari a divorcé, son seul enfant est mort et sa mère a dû fuir à Budapest. »

Risquant la persécution et probablement même la mort, Elisabeth répand le bruit que Klimt, non-juif mort en 1918, est en fait son véritable père. Certains éléments de l’histoire (la réputation de coureur de jupons de Klimt, l’obsession dont il fait preuve dans la réalisation du portrait d’Elisabeth et l'estime de cette dernière en tant que sculpteure) lui donnent une apparence de véracité, même s’il est aujourd’hui généralement admis que tout n’était que pure invention. Szerena, la mère d’Elisabeth, confirme de son plein gré par écrit la paternité de Klimt, afin de sauver sa fille. Le stratagème fonctionne, et le régime nazi délivre à Elisabeth un document attestant qu’elle est la fille de Klimt. Ceci, et l’aide d’un ancien beau-frère, responsable nazi haut placé, vont lui permettre de poursuivre son existence à Vienne jusqu’à son décès prématuré en 1944."

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Vendanges

30 Novembre 2025

Renoir

Renoir

Liesse exquise d’or

Un Renoir naît sous la ramure

Le soleil en éclats se fait chair

Les grains sont mûrs

La roue du temps lisse les souvenirs

Les vendanges coupent court

On foule le raisin qui gicle de bonté

Les larmes de Mozart célèbrent la saison

Dionysos renaît de la cuisse de Zeus

Voici la promesse pourpre d’un vin

Une robe rubis cherche l’ambre et le roux

D’un vieil or patiné sous les feuilles lasses

Un chant monte des bois déserté des oiseaux

La mousse s’alanguit

Et la source coule

De source.

 

Anny C.

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Paris sera toujours Paris,

29 Novembre 2025

Prévert

Prévert

       Chanson de la Seine

La Seine a de la chance
Elle n’a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement sans bruit
Et sans se faire de mousse
Sans sorti de son lit
Elle s’en va vers la mer
En passant par Paris
La Seine a de la chance
Elle n’a pas de soucis
Et quand elle se promène
Tout le long de ses quais
Avec sa belle robe verte
Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s’en balance
Elle n’a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s’en va vers le Havre
Et s’en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris.

 

Jacques Prévert

“Chanson de la Seine”, tiré du recueil “Spectacle” paru aux éditions Gallimard

 

Monet, Automne à Argenteuil

Monet, Automne à Argenteuil

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Andante,

28 Novembre 2025

Photo Anny C.

Photo Anny C.

Ils marchent

dans le clair-obscur des songes

Ombres parmi les ombres

En silence prenant

Ils marchent

dans leurs ondes

A l’unisson des temps

Ils vont

dans des buissons de mots

Leurs corps fluides ensemble

Ils avancent

très humblement

Il y a des princes et des pauvres

Ils marchent

transfigurés d’espoir

quand leurs voix se répondent

Rimbaud boîte sur les pas de Lélian

Villon renaît de ses cendres

Un poème albatros déploie ses larges ailes.

 

 

Verlaine et Rimbaud, croquis de Félix Regamey

Verlaine et Rimbaud, croquis de Félix Regamey

A l'aube

L'aube redite

Un saut
 
A l'apogée des nuits
 
un chant
 
Sur les pas posés

Des mots
Photo Anny C.

Photo Anny C.

Plus encore
 
Plus loin
 
Ô la source pure et simple et blanche !
 
Le regard appelé
 
S'immerge et se transforme
 
Suspendue
 
Ardente
 
Eclate une musique
 
Dans des bouquets assoiffés
 
De lumière.
 
 
 
 
Anny C.
 
 
Photo Anny C.

Photo Anny C.

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Brumes d'automne,

27 Novembre 2025

Brumes d'automne,

Brume matinale d’automne, 

 

Une atmosphère cristalline devient sulfure, boule vénitienne que Jean-Michel

 

Othoniel décline en colliers, chapelets, serpents, vagues hautes, roses noires, galets

 

précieux et briques aux reflets vert sombre mystérieux, véritables bijoux –

 

cellules de l’ADN cosmique d’un paradis perdu.

Brumes d'automne,

 

Le silence crèverait le cœur

S’il n’y avait plus de mot pour dire…

L’automne bois de rose

L’automne lie de vin

L’automne chant du cygne

Quand...

Le noir se nuit à lui-même

Craquelle les ombres

Encre les arbres

 

Brumes d'automne,

 

Le songe s'épure

 

           Il y a ici une once d'hiver

 

Brumes d'automne,
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Avec ce Goncourt là,

26 Novembre 2025

   " Moi, je n'ai pas la force qu'il faudrait  pour ne pas donner à voir ce qui va mal, pas la force de ne pas dénoncer, de ne pas me mettre en colère, j'essaie de regarder le réel en face et je me dis qu'il faut chanter la beauté aussi dans la laideur et les tourments humains et chercher à  travers la nuit la lumière intérieure des femmes et des hommes. Et s'il faut dire l'étonnement devant le soleil levant sur le mur en face de chez soi, s'il faut s'émerveiller d'un corps et dessiner des fleurs, peindre des océans, écrire la fugacité du temps, accueillir la beauté et apprendre à la voir, il faut aussi parfois la chercher dans ce qui nous effraie, dans ce qui nous rebute, dans les plis de nos silences honteux, elle s'y trouve autant que dans un tableau de Bonnard et, si vous acceptez de la regarder, vous verrez, elle rendra votre vie plus forte et plus solide."

Laurent Mauvinier

La maison vide, Goncourt 2025

Avec ce Goncourt là,
Pierre Bonnard, Window

Pierre Bonnard, Window

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Avec ce voyageur-là,

25 Novembre 2025

   "J'aime les traces écrites, elles m'émeuvent profondément"

 

                                      Nicolas Bouvier

                                             (1929/1998)

                                        (Routes et Déroutes)

                                            

Avec ce voyageur-là,

 

 

"Depuis la toute petite enfance, j'ai une fringale de connaissances disparates et un peu tsiganes. Je chéris ce qu'on appelle la culture générale et je bricole de petits morceaux de savoir comme on ramasserait les morceaux épars d'une mosaïque détruite, partout où je peux, sans esprit de système. Et je vois ces choses se mettre en place, d'une façon mystérieuse, comme à l'intérieur d'une sphère où tout conspirerait à achever une sorte d'ensemble harmonique, polyphonique. Encore maintenant, à chaque fois que je peux glaner un petit truc, à gauche ou à droite, je suis content comme un gamin qui va marauder des œufs dans des nids de passereaux. La seule chose qui me fasse accepter l'idée de vieillir, c'est de compléter cette mosaïque encore lacunaire. 

(p. 55) (Routes et déroutes)

Nicolas Bouvier

 

  

 

 

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VIBRATIONS,

24 Novembre 2025

Variations intemporelles

 

Toute Variation est liée au Temps

Dans l'Espace de la page blanche, elle devient intemporelle

De fil en aiguille, de Poèmes en Images, d’Images en Pensées, une Vibration sensible crée un fragment d’infini

 

VIBRATIONS,
La mémoire tatouée

      Hante le souvenir
VIBRATIONS,

             Le temps travaille pour ce fragment d'infini

VIBRATIONS,

Il reste les mots, les images, les vibrations qui tremblent devant nous


Anny C.
 

« Tout est énergie et vibration »  Albert Einstein
VIBRATIONS,
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