Interstice
Ephémère
Eternelle
Sans lieu ni temps
La poésie
Il y a,
à la fin de l'automne, un mouvement de repli.
Les ors virevoltent, une autre lumière retient ses charmes, devient intime présence au monde, son battement d'ailes, sa vérité.
Ensemble et singuliers, corps et âme dansent en tenue de gala :
le noir triomphe, noir mat ou noir brillant,
ater ou niger,
souce inaltérable, écrin de lumière.
Le noir sied à l'hiver.
Pierre Soulages était né un 24 décembre.
Mais
sans lumière le noir s'autodétruit.
Boris Cyrulnik ne dit-il pas :
"En écrivant, j'ai raccomodé mon moi déchiré: dans la nuit, j'ai écrit des soleils..." ?
Au solstice d'hiver
Voilée de lumière
Une concience perlée
Drape les forêts
A l'aube
le poète murmure
"L'oeuvre est d'une grande beauté"
ça roule et puis ça tangue!
Sur la corde raide des événements, l’air du temps fait de nous des funambules.
Sans doute, Sempé s’est-il délesté de ce qui aurait pu entraver sa légèreté d’esprit, (une enfance peu amène par exemple), pour laisser vivre la grâce intemporelle de son trait quasi musical.
Assise face au bassin d’Arcachon, du côté de l’Aiguillon, j’aperçois un couple de baigneurs tout à fait semblables à ces petits personnages de Sempé, qui, parfois, ne sont plus très jeunes, mais dont les postures sont des hymnes à la vie qui font chanter les aquarelles de l’artiste. Ce monde-paysage a l’air parfaitement en paix, « Rien de sérieux » aurait pu dire Sempé - juste une touche d’éternité- aurais-je pu lui répondre.
(Anny C. Nid d'abeille)
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Pierre Barouh "La Bicyclette"- La vie secrète des chansons - André Manoukian
Qu'elles soient engagées, autobiographiques, humoristiques ou nostalgiques, toutes les chansons cachent une histoire intime. Les plus belles chansons avec André Manoukian, c'est ici 👉 ...
QUEL CARACTERE !
Les Caractères,
La Bruyère (1688-1696)
Chapitre V, « De la Société et de la conversation »
Nicandre
"Nicandre s'entretient avec Elise de la manière douce et complaisante dont il a vécu avec sa femme, depuis le jour qu'il en fit le choix jusques à sa mort ; il a déjà dit qu'il regrette qu'elle ne lui ait pas laissé des enfants, et il le répète ; il parle des maisons qu'il a à la ville, et bientôt d'une terre qu'il a à la campagne : il calcule le revenu qu'elle lui rapporte, il fait le plan des bâtiments, en décrit la situation, exagère la commodité des appartements, ainsi que la richesse et la propreté des meubles ; il assure qu'il aime la bonne chère, les équipages; il se plaint que sa femme n'aimait point assez le jeu et la société. "Vous êtes si riche, lui disait l'un de ses amis, que n'achetez-vous cette charge ? Pourquoi ne pas faire cette acquisition qui étendrait votre domaine ? On me croit, ajoute-t-il, plus de bien que je n'en possède." Il n'oublie pas son extraction et ses alliances : Monsieur le Surintendant, qui est mon cousin ; Madame la Chancelière, qui est ma parente ; voilà son style. Il raconte un fait qui prouve le mécontentement qu'il doit avoir de ses plus proches, et de ceux même qui sont ses héritiers: "Ai-je tort ? dit-il à Elise ; ai-je grand sujet de leur vouloir du bien ?" et il l'en fait juge. Il insinue ensuite qu'il a une santé faible et languissante, et il parle de la cave où il doit être enterré. Il est insinuant, flatteur, officieux à l'égard de tous ceux qu'il trouve auprès de la personne à qui il aspire. Mais Elise n'a pas le courage d'être riche en l'épousant. On annonce, au moment qu'il parle, un cavalier, qui de sa seule présence démonte la batterie de l'homme de ville : il se lève déconcerté et chagrin, et va dire ailleurs qu'il veut se remarier."
Au pied du sapin ?
"....fragments d’archives, souvenirs rapportés, projections de l’imaginaire. Le réel et le fantasmé s’entrelacent jusqu’à brouiller leurs frontières. Le style épouse cette instabilité ; les phrases glissent, trébuchent, se suspendent ; comme si l’écriture elle-même cherchait son souffle à travers l’ombre de Yann, dans
YANN DANS LA NUIT...
le livre de
Julie Brafman paru en août 2025 chez Flammarion.
"Le fantôme de Yann Andrea, l'étudiant en philosophie qui pense comme Adamov que le rêve de la nuit nous venge du désespoir des jours. Il est l'aquoiboniste du 26, rue Saint-Benoît, disparu un jour non établi de 2014. Il est le héros d'une autre vie que la sienne. Un être de spleen et de nuage. Évidemment qu'il ne reste aucune preuve tangible de son existence, c'est à peine s'il a habité le monde."
De Yann Andréa, on sait qu'il a vécu seize ans avec Marguerite Duras, chez qui il s'était présenté à l'été 1980. Il avait vingt-huit ans et elle soixante-six. Cet amour-là, il l'a lui-même écrit dans un livre. Mais de sa vie d'avant et de sa vie d'après, on connaît peu de choses. Julie Brafman est partie sur les traces de ce personnage énigmatique, jusqu'à trouver, dans une chambre rose, des photos, des journaux, des carnets qu'il a laissés avant de disparaître dans la nuit. Avec une écriture élégante et envoûtante, l'autrice fait revivre cet homme aussi singulier qu'émouvant et, en entrelaçant le récit intime, l'enquête et des archives inédites, elle raconte une histoire d'amour et de littérature" (Rocky Brokenbrain)
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Julie Brafman - Yann dans la nuit
Lecture par Constance Dollé Entretien mené par Marie-Madeleine Rigopoulos Que sait-on de Yann Andréa ? On sait qu'il a vécu seize ans avec Marguerite Duras, chez qui il s'était présenté à l...
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Yann Andrea a écrit pendant 5 ans à Marguerite Duras | Café Picouly | Archive INA
Abonnez-vous http://bit.ly/InaCafePicouly Café Picouly | F5 | 03/03/2006 Magazine littéraire présenté par Daniel PICOULY depuis le Café Charbon à Paris. JOURNAL INTIME : de Yann ANDREA et Mar...
Donne-moi ta plume,
Roland Barthes était, disait-il, "angoissé de délicatesse",
à lui, pour cela :
"J'ai toujours préféré le subtil au rugueux
La fine touche à la fine mouche
Les draps de lin pourtant...
Parfois le crin du jour ravive la couleur
Parfois la piqure d'insecte
Je t'ai dans la peau...
Ô toi qui me heurtes
Ouvre-moi ta porte !
Oui j'entends la chanson...
La chanson du Pierrot
Qui berce la lune
Tout de blanc vêtu...
J'y crois à ce jongleur
Qui lance dans les cieux
Des astres vénitiens...
Boule de cristal
Billes d'agate
Comme ses yeux...
J'ai toujours préféré la question délicate
Pour dire la vulnérable réponse
La flèche en plein coeur pourtant...
Ô toi étranger
Entre dans mon rêve
J'entends la chanson...
La chanson mystérieuse
Et qui chante pourtant..."
Anny C.
(Fil rouge aux grains de grenade)
L'écouter se taire
Le silence du haïku
"Il nous semble que le haïku, ce genre poétique né au Japon à la fin du 17e siècle et dont
l’usage s’est répandu dans plusieurs pays et dans plusieurs langues, présente des liens forts
avec la notion de silence. La forme elliptique, suggestive – en particulier la césure entre deux
@images – produit des blancs qui brouillent l’esprit, laissant le lecteur à ses interprétations.
Privilégiant la « sensation immédiate »,le haïku attire souvent l’attention sur l’inaptitude de
la langue à représenter le réel, créant une sidération qui évoque l’effacement du langage."
Jean Antonini
Co-président de l’Association francophone de haïku
これはこれはとばかり花の芳野山
"ça ça
C’est tout ce que j’ai pu dire
devant les fleurs du mont Yoshino"
Teishitsu
"Ils sont sans paroles
L'hôte l'invité
Et le chrysanthème blanc"
Ryôta
EN SOLO
"Il me disait aussi, — le second, — que la solitude était mauvaise pour l’homme, et il me citait, je crois, des paroles des Pères de l’Église. Il est vrai que l’esprit de meurtre et de lubricité s’enflamme merveilleusement dans les solitudes ; le démon fréquente les lieux arides.
Mais cette séduisante solitude n’est dangereuse que pour ces âmes oisives et divagantes qui ne sont pas gouvernées par une importante pensée active, Elle ne fut pas mauvaise pour Robinson Crusoë ; elle le rendit religieux, brave, industrieux ; elle le purifia, elle lui enseigna jusqu’où peut aller la force de l’individu.
N’est-ce pas la Bruyère qui a dit : « Ce grand malheur de ne pouvoir être seul ?..... » Il en serait donc de la solitude comme du crépuscule ; elle est bonne et elle est mauvaise, criminelle et salutaire, incendiaire et calmante, selon qu’on en use, et selon qu’on a usé de la vie.
Quant à la jouissance, — les plus belles agapes fraternelles, les plus magnifiques réunions d’hommes électrisés par un plaisir commun n’en donneront jamais de comparable à celle qu’éprouve le Solitaire, qui, d’un coup d’œil, a embrassé et compris toute la sublimité d’un paysage. Ce coup d’œil lui a conquis une propriété individuelle inaliénable."
(Le spleen de Paris)
cejourd'hui moins que demain,
" Je me lèverai demain matin
Plus tôt qu’aujourd’hui
Le soleil demain matin
Sera plus chaud qu’aujourd’hui
Je serai plus fort demain matin
Plus fort qu’aujourd’hui
Je serai gai demain matin
Plus gai qu’aujourd’hui
J’aurai demain matin
Plus d’amis qu’aujourd’hui
Et bien que demain matin
La mort soit plus proche qu’aujourd’hui
Je serai demain matin
Plus vivant plus vivant qu’aujourd’hui "
D'abord prisonnier au camp de Compiègne, Robert Desnos est déporté au camp de Flöha en Saxe, puis évacué sous la poussée des Alliés en mai 1945 au camp de Terezin en Tchécoslovaquie. Épuisé par les mauvais traitements et les marches forcées, il y meurt du typhus le 8 juin 1945, avec l'ultime réconfort d'être reconnu par Josef Stuna et Alena Tesarova, deux jeunes Tchèques qui assistaient les déportés mourants.
Ce poème, daté du 27 mars 1936, fait partie des cahiers de textes de 1936-1937 retranscrits par le poète en 1940, dont ont été tirés les poèmes inédits réunis par les éditions Seghers dans Poèmes de minuit.
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Frédéric Chopin: Piano Concerto No. 1 e-minor (Olga Scheps live)
Olga Scheps performing live at Tonhalle Düsseldorf with the Chamber Orchestra of Polish Radio, conductor Agnieszka Duczmal. Jan. 22, 2014 00:00 1. Maestoso 22:02 2. Romance 33:38 3. Rondo Video: ...
Avec ce poids-là,
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LES AUTRES - Je tombe, je me relève (clip officiel)
Réalisation : Laurent Périssé Emmanuel Demonsant : auteur-compositeur-interprète Florent Baujard : guitare électrique Matthieu Mancini : piano, chœurs Claire Mazard : contrebasse, chœurs Ré...
FEU DE BOIS
" Grand feu de bois, échevelé entre ses coussins de cendre légère, blanche et bleue et voletante comme le chinchilla!"
Colette
Prisons et paradis
Sur la route des braises
Une branche suinte et s’enflamme
D’amour consumé
Une langue de feu lèche les cendres vives
Dans un pépiement qui crépite d’aise
Quand la paix veille sur ses proies endormies
Et que les songes bruissent sous les paupières closes
Jusqu’au matin vibrant d’ardeur
Après la combustion des veilles
Anny C.
La lumière dans le tamis
"La cendre, dans le plus frais de mon souvenir, c’est … comment écrire? C’est la fleur du feu, sa blanche écume, son inséparable, son impondérable duvet, – c’est la cendre de bois."
Colette
Prisons et Paradis
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Louis Aragon, " Le Feu " (France, 1964), Marc Ogeret, 1974 (Composé par Hélène Martin)
" Le feu ", Louis Aragon (1897-1982) Mon Dieu mon Dieu cela ne s'éteint pas Toute ma forêt je suis là qui brûle J'avais pris ce feu pour le crépuscule Je croyais mon cœur à son dernier pas ...
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