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Articles récents

Interstice

14 Décembre 2025

Ephémère

Eternelle

Sans lieu ni temps

La poésie

Interstice

Il y a,

à la fin de l'automne, un mouvement de repli.

Les ors virevoltent, une autre lumière retient ses charmes, devient intime présence au monde, son battement d'ailes, sa vérité.

 

Interstice

Ensemble et singuliers, corps et âme dansent en tenue de gala :

le noir triomphe, noir mat ou noir brillant, 

ater ou niger

souce inaltérable, écrin de lumière.

Interstice

Le noir sied à l'hiver.

Pierre Soulages était né un 24 décembre.

Mais

sans lumière le noir s'autodétruit. 

Boris Cyrulnik ne dit-il pas :

"En écrivant, j'ai raccomodé mon moi déchiré: dans la nuit, j'ai écrit des soleils..." ?

 

Au solstice d'hiver

Voilée de lumière

Une concience perlée

Drape les forêts

 

Interstice

A l'aube

le poète murmure 

"L'oeuvre est d'une grande beauté"

TEXTES IMAGES ANNY C.

TEXTES IMAGES ANNY C.

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ça roule et puis ça tangue!

13 Décembre 2025

ça roule

ça roule

ça roule

ça roule

ça tangue

ça tangue

Sur la corde raide des événements, l’air du temps fait de nous des funambules.

Sans doute, Sempé s’est-il délesté de ce qui aurait pu entraver sa légèreté d’esprit, (une enfance peu amène par exemple), pour laisser vivre la grâce intemporelle de son trait quasi musical.

Assise face au bassin d’Arcachon, du côté de l’Aiguillon, j’aperçois un couple de baigneurs tout à fait semblables à ces petits personnages de Sempé, qui, parfois, ne sont plus très jeunes, mais dont les postures sont des hymnes à la vie qui font chanter les aquarelles de l’artiste. Ce monde-paysage a l’air parfaitement en paix, « Rien de sérieux » aurait pu dire Sempé - juste une touche d’éternité-  aurais-je pu lui répondre.

 

(Anny C. Nid d'abeille)

 

 

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QUEL CARACTERE !

12 Décembre 2025


Les Caractères,

 La Bruyère (1688-1696)

Chapitre V, « De la Société et de la conversation »

Nicandre

"Nicandre s'entretient avec Elise de la manière douce et complaisante dont il a vécu avec sa femme, depuis le jour qu'il en fit le choix jusques à sa mort ; il a déjà dit qu'il regrette qu'elle ne lui ait pas laissé des enfants, et il le répète ; il parle des maisons qu'il a à la ville, et bientôt d'une terre qu'il a à la campagne : il calcule le revenu qu'elle lui rapporte, il fait le plan des bâtiments, en décrit la situation, exagère la commodité des appartements, ainsi que la richesse et la propreté des meubles ; il assure qu'il aime la bonne chère, les équipages; il se plaint que sa femme n'aimait point assez le jeu et la société. "Vous êtes si riche, lui disait l'un de ses amis, que n'achetez-vous cette charge ? Pourquoi ne pas faire cette acquisition qui étendrait votre domaine ? On me croit, ajoute-t-il, plus de bien que je n'en possède." Il n'oublie pas son extraction et ses alliances : Monsieur le Surintendant, qui est mon cousin ; Madame la Chancelière, qui est ma parente ; voilà son style. Il raconte un fait qui prouve le mécontentement qu'il doit avoir de ses plus proches, et de ceux même qui sont ses héritiers: "Ai-je tort ? dit-il à Elise ; ai-je grand sujet de leur vouloir du bien ?" et il l'en fait juge. Il insinue ensuite qu'il a une santé faible et languissante, et il parle de la cave où il doit être enterré. Il est insinuant, flatteur, officieux à l'égard de tous ceux qu'il trouve auprès de la personne à qui il aspire. Mais Elise n'a pas le courage d'être riche en l'épousant. On annonce, au moment qu'il parle, un cavalier, qui de sa seule présence démonte la batterie de l'homme de ville : il se lève déconcerté et chagrin, et va dire ailleurs qu'il veut se remarier."

 

 

Magritte

Magritte

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Au pied du sapin ?

10 Décembre 2025

Au pied du sapin ?

"....fragments d’archives, souvenirs rapportés, projections de l’imaginaire. Le réel et le fantasmé s’entrelacent jusqu’à brouiller leurs frontières. Le style épouse cette instabilité ; les phrases glissent, trébuchent, se suspendent ; comme si l’écriture elle-même cherchait son souffle à travers l’ombre de Yann, dans

                YANN DANS LA NUIT...

le livre de Julie Brafman (auteur de Yann dans la nuit) - Babelio Julie Brafman paru en août 2025 chez Flammarion. 

"Le fantôme de Yann Andrea, l'étudiant en philosophie qui pense comme Adamov que le rêve de la nuit nous venge du désespoir des jours. Il est l'aquoiboniste du 26, rue Saint-Benoît, disparu un jour non établi de 2014. Il est le héros d'une autre vie que la sienne. Un être de spleen et de nuage. Évidemment qu'il ne reste aucune preuve tangible de son existence, c'est à peine s'il a habité le monde." 

De Yann Andréa, on sait qu'il a vécu seize ans avec Marguerite Duras, chez qui il s'était présenté à l'été 1980. Il avait vingt-huit ans et elle soixante-six. Cet amour-là, il l'a lui-même écrit dans un livre. Mais de sa vie d'avant et de sa vie d'après, on connaît peu de choses. Julie Brafman est partie sur les traces de ce personnage énigmatique, jusqu'à trouver, dans une chambre rose, des photos, des journaux, des carnets qu'il a laissés avant de disparaître dans la nuit. Avec une écriture élégante et envoûtante, l'autrice fait revivre cet homme aussi singulier qu'émouvant et, en entrelaçant le récit intime, l'enquête et des archives inédites, elle raconte une histoire d'amour et de littérature" (Rocky Brokenbrain)

 

la nuit étoilée, Van Gogh

la nuit étoilée, Van Gogh

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Donne-moi ta plume,

9 Décembre 2025

 Roland  Barthes était, disait-il, "angoissé de délicatesse",

 

à lui, pour cela :

 

 

"J'ai toujours préféré le subtil au rugueux

La fine touche à la fine mouche

 

 Les draps de lin pourtant...

 

Parfois le crin du jour ravive la couleur

Parfois la piqure d'insecte

 

Je t'ai dans la peau...

 

Ô toi qui me heurtes

Ouvre-moi ta porte !

 

Oui j'entends la chanson...

 

La chanson du Pierrot

Qui berce la lune

 

Tout de blanc vêtu...

 

J'y crois à ce jongleur

Qui lance dans les cieux

 

Des astres vénitiens...

 

Boule de cristal

Billes d'agate

 

Comme ses yeux...

 

J'ai toujours préféré la question délicate

Pour dire la vulnérable réponse

 

La flèche en plein coeur pourtant...

 

Ô toi étranger

Entre dans mon rêve

 

J'entends la chanson...

 

La chanson mystérieuse 

 Et qui chante pourtant..."

 

Anny C.

(Fil rouge aux grains de grenade)

 

Jean-Antoine Watteau, Pierrot, dit autrefois Gilles (détail), 1718-1719 Huile sur toile • 184,5 × 149 cm • Coll. musée du Louvre, Paris © Bridgeman Images

Jean-Antoine Watteau, Pierrot, dit autrefois Gilles (détail), 1718-1719 Huile sur toile • 184,5 × 149 cm • Coll. musée du Louvre, Paris © Bridgeman Images

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L'écouter se taire

7 Décembre 2025

Le silence du haïku

"Il nous semble que le haïku, ce genre poétique né au Japon à la fin du 17e siècle et dont
l’usage s’est répandu dans plusieurs pays et dans plusieurs langues, présente des liens forts
avec la notion de silence. La forme elliptique, suggestive – en particulier la césure entre deux
@images – produit des blancs qui brouillent l’esprit, laissant le lecteur à ses interprétations.
Privilégiant la « sensation immédiate »,le haïku attire souvent l’attention sur l’inaptitude de
la langue à représenter le réel, créant une sidération qui évoque l’effacement du langage."

Jean Antonini 
Co-président de l’Association francophone de haïku

 

L'écouter se taire
  これはこれはとばかり花の芳野山

"ça ça


C’est tout ce que j’ai pu dire


devant les fleurs du mont Yoshino"

 

Teishitsu

Mont Yoshino

Mont Yoshino

"Ils sont sans paroles

L'hôte l'invité

Et le chrysanthème blanc"

Ryôta

 

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EN SOLO

5 Décembre 2025

LA SOLITUDE

 

"Il me disait aussi, — le second, — que la solitude était mauvaise pour l’homme, et il me citait, je crois, des paroles des Pères de l’Église. Il est vrai que l’esprit de meurtre et de lubricité s’enflamme merveilleusement dans les solitudes ; le démon fréquente les lieux arides.
Mais cette séduisante solitude n’est dangereuse que pour ces âmes oisives et divagantes qui ne sont pas gouvernées par une importante pensée active, Elle ne fut pas mauvaise pour Robinson Crusoë ; elle le rendit religieux, brave, industrieux ; elle le purifia, elle lui enseigna jusqu’où peut aller la force de l’individu.
N’est-ce pas la Bruyère qui a dit : « Ce grand malheur de ne pouvoir être seul ?..... » Il en serait donc de la solitude comme du crépuscule ; elle est bonne et elle est mauvaise, criminelle et salutaire, incendiaire et calmante, selon qu’on en use, et selon qu’on a usé de la vie.
Quant à la jouissance, — les plus belles agapes fraternelles, les plus magnifiques réunions d’hommes électrisés par un plaisir commun n’en donneront jamais de comparable à celle qu’éprouve le Solitaire, qui, d’un coup d’œil, a embrassé et compris toute la sublimité d’un paysage. Ce coup d’œil lui a conquis une propriété individuelle inaliénable.
"

 

CHARLES BAUDELAIRE.

(Le spleen de Paris)

 

 EN SOLO
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cejourd'hui moins que demain,

4 Décembre 2025

Munch

Munch

 

" Je me lèverai demain matin
Plus tôt qu’aujourd’hui
Le soleil demain matin
Sera plus chaud qu’aujourd’hui
Je serai plus fort demain matin
Plus fort qu’aujourd’hui
Je serai gai demain matin
Plus gai qu’aujourd’hui
J’aurai demain matin
Plus d’amis qu’aujourd’hui
Et bien que demain matin
La mort soit plus proche qu’aujourd’hui
Je serai demain matin
Plus vivant plus vivant qu’aujourd’hui "

 

Robert Desnos

Robert Desnos

 

D'abord prisonnier au camp de Compiègne, Robert Desnos est déporté au camp de Flöha en Saxe, puis évacué sous la poussée des Alliés en mai 1945 au camp de Terezin en Tchécoslovaquie. Épuisé par les mauvais traitements et les marches forcées, il y meurt du typhus le 8 juin 1945, avec l'ultime réconfort d'être reconnu par Josef Stuna et Alena Tesarova, deux jeunes Tchèques qui assistaient les déportés mourants.

Ce poème, daté du 27 mars 1936,  fait partie des cahiers de textes de 1936-1937 retranscrits par le poète en 1940, dont ont été tirés les poèmes inédits réunis par les éditions Seghers dans Poèmes de minuit. 

 

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Avec ce poids-là,

3 Décembre 2025

PIERRE REVERDY | 1889~1960
 
 
 
La Saveur du réel

 

"Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber."

 

(« Poèmes en prose », 1915)
 
 
Avec ce poids-là,
Avec ce poids-là,
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FEU DE BOIS

2 Décembre 2025

 

 

" Grand feu de bois, échevelé entre ses coussins de cendre légère, blanche et bleue et voletante comme le chinchilla!"

 

Colette

 Prisons et paradis

FEU DE BOIS

 

 

Sur la route des braises

Une branche suinte et s’enflamme

D’amour consumé

Une langue de feu lèche les cendres vives

Dans un pépiement qui crépite d’aise

Quand la paix veille sur ses proies endormies

Et que les songes bruissent sous les paupières closes

Jusqu’au matin vibrant d’ardeur

Après la combustion des veilles

 

Anny C.

 La lumière dans le tamis

 

FEU DE BOIS

 

"La cendre, dans le plus frais de mon souvenir, c’est … comment écrire? C’est la fleur du feu, sa blanche écume, son inséparable, son impondérable duvet, – c’est la cendre de bois."

 

Colette

Prisons et Paradis

 

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