Calendérique
En janvier
Les sapins ne sont plus de la fête
Du ciel tombent des gouttes d’or
Pendeloques et pampilles
De lustres en cristal de Bohème
Rois solaires ébouriffés
Époustouflants d’insolence
Au cœur des jardins d’hiver
Il peut encore geler
Mais le parfum poudré du mimosa
Se monte le cou jusqu’au jaune Van Gogh
Et fait tourner la tête
Anny C. (La lumière dans le tamis)
L'hiver au coeur,
L’an neuf
Une rose en feu
Dans le cœur de l’être
Une branche nue
Au cœur de l’hiver
La flamme crépite
Au centre de l’être
Le bambou se penche
Sur le temps
La pierre mouillée
Ruisselle dans l’être
Une larme trace
Le silence
Une rose envie
Déflore le givre
La pluie s’écoute
Un geste parfait
Jamais ne s’oublie
Je suis invitée
Au centre de l’être
Dans l’innocence du blanc
Pour toucher de près
Ce qui depuis toujours me touche
Simplement.
Anny C.
(Dans le terreau de ma langue)
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Les 4 saisons de Vivaldi - Hiver - 1er mouvement - Allegro No Molto - Musique classique
Les 4 saisons de Vivaldi - Hiver - 1er mouvement - Allegro No Molto - Musique classique
Nouvel an,
Jouez hautbois, résonnez musettes
Elle est née la nouvelle année
Et qu'à chacun, e de vous mes amis
Elle apporte la Joie
Celle qui arrive à l'improviste
Et qu'on n'attend pas tout en laissant
La porte ouverte !
Que 2026 fasse des miracles !
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Barbara - Chapeau bas (Audio officiel)
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VERT SAPIN,
"Aimez-vous le vert ? À cette question les réponses sont partagées. En Europe, une personne sur six environ a le vert pour couleur préférée ; mais il s’en trouve presque autant pour détester le vert, tant chez les hommes que chez les femmes. Le vert est une couleur ambivalente, sinon ambiguë : symbole de vie, de sève, de chance et d’espérance d’un côté, il est de l’autre associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures.
Le livre de Michel Pastoureau retrace la longue histoire sociale, artistique et symbolique du vert dans les sociétés européennes, de la Grèce antique jusqu’à nos jours. Il souligne combien cette couleur qui a longtemps été difficile à fabriquer, et plus encore à fixer, n’est pas seulement celle de la végétation, mais aussi et surtout celle du Destin. Chimiquement instable, le vert a symboliquement été associé à tout ce qui était instable : l’enfance, l’amour, la chance, le jeu, le hasard, l’argent. Ce n’est qu’à l’époque romantique qu’il est définitivement devenu la couleur de la nature, puis celle de la santé, de l’hygiène et enfin de l’écologie. Aujourd’hui, l’Occident lui confie l’impossible mission de sauver la planète."
Vertige
Voici
du vert
dans le pré
sur les monts
dans les bois
sous mes pas
du vert pur
du vrai vert qui boit du jaune dans le bleu de ses rêves
du vert sapin au vert mousse trousse - chemise
du vert forêt - profond dense et charnu au vert persan presque bleu délicat sensuel
c’est la fête du vert sur l’habit d’Harlequin
dans le verre de Chartreuse
pour la fée Emeraude !
Dans la nature il se décline en vers libres
A l’opposé du rouge il calme le feu des passions,
mais il fait des envieux et l’on médit de lui !
En Chine antique Céladon
il devint « la couleur mystérieuse » réservée aux Princes!
Et
Un point à l’envers
Le vert tue
Couleur froide
Elle empoisonne
Et
Un point à l’endroit
Amoureux comme un fou
Il se fait tendre il est la vie
l’amour la joie!
Ainsi
Ambivalent
Issu des ondes bleues et du jaune terrestre
le Vert va vers son destin
vertigineux
en
U vert de Rimbaud
« Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux »
Anny C.
Le vide et le plein,
."..ici, je ne fais que des suppositions, des spéculations - du roman - c'est ça, je ne fais que du roman - mais je crois que si ce que j'écris ici est un monde que je découvre en partie en le rêvant, je ne l'invente pas tout à fait: je le reconstruis pièce à pièce, comme une machine d'un autre temps, dont on découvre que le mécanisme a pourtant fonctionné un jour et qu'il suffise de le remonter pour qu'il puisse redémarrer."
&
" ...mes motivations souterraines, à savoir la reconstitution familiale qui pose peut-être en filigrane, les prémices de ces questions qui me taraudent depuis mes seize ans, année du suicide de mon père, sur ce qui pousse un homme comme lui à mettre fin à ses jours, comme si tout depuis sa naissance l'avait programmé..."
&
"La commode est là, coincée entre la porte et la fenêtre, collée contre le mur qui sépare la chambre du couloir. La commode comme un cercueil du dossier familial.(...) Je n'ai jamais connu intacte la plaque de marbre.(...) Et comme une relique, ce beau morceau de marbre tient sa place dans la grâce de sa fragilité, avec la même force paisible et résolue que la commode elle-même, confiante dans sa présence et dans sa solidité.(...) Je me souviens de l'avoir ouverte cherchant sans doute une paire de lunettess de soleil, une montre ou même simplement pour laisser mes yeux traîner dans toutes ces vieilleries."
Laurent Mauvignier
Je suis en train de lire ce livre où le " vide médian" (selon Francois Cheng), ressuscite une généalogie devenant littéraire.
Belle performance.
Comme un archéologue qui enquête, L.Mauvignier donne amplement chair de mots à son histoire familiale, à partir de bribes de récits ou d'humbles objets, de ressentis pépites - vestiges musicaux peut-être, donnant naissance à un livre selon celui dont l'anima réanime des âmes que le hantent.
Par l'écrit, le vide ne se plaint plus !
Anny C.
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« Le Centre est là
Où se révèlent
Un Œil qui voit
Un cœur qui bat. »
François Cheng
Pile ou face vers Janus,
Ce qui reste...
« Nous sommes sans arrêt confrontés à des séparations. La vie a une main qui plonge dans notre corps, se saisit du cœur et l’enlève. Pas une fois, mais de nombreuses fois. En échange, la vie nous donne de l’or. Seulement, nous payons cet or à un prix fou puisque nous en avons, à chaque fois, le cœur arraché vivant…
Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie. Les arrachements nous lavent. Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan. Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer. La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil."
Christian Bobin, (Entretien).
Allant, devenant,
"Raisin vert,
raisin mûr,
raisin sec,
tous ces mots indiquent des changements
non vers une nouvelle existence
mais vers une autre existence que l'existence actuelle."
Marc Aurèle
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(...)"J'éprouvais un sentiment de fatigue profonde à sentir que tout ce temps si long non seulement avait, sans une interruption, été vécu, pensé, secrété par moi, qu'il était ma vie, qu'il était moi-même, mais encore que j'avais à toute minute à le maintenir attaché à moi, qu'il me supportait, que j'étais juché à son sommet vertigineux, que je ne pouvais me mouvoir sans le déplacer avec moi. La date à laquelle j'entendais le bruit de la sonnette du jardin de Combray, si distant et pourtant intérieur, était un point de repère dans cette dimension énorme que je ne me savais pas avoir. J'avais le vertige de voir au-dessous de moi, en moi pourtant, comme si j'avais des lieues de hauteur, tant d'années." (...)
M.Proust
Avant dernier paragraphe de La Recherche du temps perdu
Intemporel,
***
" Ce que je vois se dérouler, jour après jour, ne ressemble en rien à ce que j’avais imaginé. Ainsi passe une année, ainsi passe une vie. Toute attente semble être trahie, à tous les coups. Il y a pourtant des exceptions qui détruisent en moi toute certitude. Seule la croyance en l’inconstance fondamentale des choses paraît fondée sur une vérité qui ne trahit pas."
Urabe Kenkô
(1283-1350)
(Les heures oisives)
***
Les heures oisives avec Les Notes de chevet de Sei Shônagon et Les Notes de ma cabane de moine de Kamo no Chômei constituent les trois chefs-d'œuvre de l'«essai» japonais.
****
Choses qui font battre le cœur
"Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison."
Sei Shônagon
(966-1025)
(Notes de chevet)
***
" Les demeures humaines et leurs habitants rivalisent d'impermanence, disparaissent, et nous font penser à
la rosée sur le liseron du matin. »
Kamo no Chômei
(1155-1216)
(Notes de ma cabane de moine)
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Calogero, Rufus Wainwright - Le temps (Clip officiel)
" Le temps " en duo avec Rufus Wainwright. Extrait de l'album ""Centre ville"" de Calogero = https://Calogero.lnk.to/centreville Abonnez-vous à la chaine YouTube Calogero : ...
C'est Noël !
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Chopin: Complete Mazurkas (Full Album)
Who doesn't like the Mazurkas of Chopin? And what is better to have them complete, in one long video? A full album, with all the mazurkas of the legendary composer! Online purchase or streaming ...
Noël
"Ce que je me rappelle parfaitement, c'est la croyance absolue que j'avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche qui, à l'heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j'y trouverais à mon réveil. Minuit ! cette heure fantastique que les enfans ne connaissent point, et qu'on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m'endormir avant l'apparition du petit vieux ! J'avais à la fois grande envie et grand'peur de le voir ; mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain mon premier regard était pour mon soulier au bord de l'âtre. Quelle émotion me causait l'enveloppe de papier blanc ! car le père Noël était d'une propreté extrême, et ne manquait jamais d'empaqueter soigneusement son offrande. Je courais, pieds nus, m'emparer de mon trésor. Ce n'était jamais un don bien magnifique, car nous n'étions pas riches. C'était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux, que j'osais à peine le manger. L'imagination jouait encore là son rôle, et c'est toute la vie de l'enfant.
Je n'approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l'incrédulité viennent bien assez vite, et d'elles-mêmes ; je me rappelle fort bien la première année où le doute m'est venu, sur l'existence réelle du père Noël. J'avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j'éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche. J'ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu'à minuit. Comme moi, il n'y réussissait point, et comme moi, il trouvait au jour le gâteau merveilleux pétri dans les cuisines du paradis. Mais pour lui aussi la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme. Il faut servir aux enfans les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu'ils ont besoin de merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s'en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l'erreur et d'entraver le progrès naturel de leur raison."
• Histoire de ma vie par George Sand (1855)
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