Intemporel,
***
" Ce que je vois se dérouler, jour après jour, ne ressemble en rien à ce que j’avais imaginé. Ainsi passe une année, ainsi passe une vie. Toute attente semble être trahie, à tous les coups. Il y a pourtant des exceptions qui détruisent en moi toute certitude. Seule la croyance en l’inconstance fondamentale des choses paraît fondée sur une vérité qui ne trahit pas."
Urabe Kenkô
(1283-1350)
(Les heures oisives)
***
Les heures oisives avec Les Notes de chevet de Sei Shônagon et Les Notes de ma cabane de moine de Kamo no Chômei constituent les trois chefs-d'œuvre de l'«essai» japonais.
****
Choses qui font battre le cœur
"Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse du fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison."
Sei Shônagon
(966-1025)
(Notes de chevet)
***
" Les demeures humaines et leurs habitants rivalisent d'impermanence, disparaissent, et nous font penser à
la rosée sur le liseron du matin. »
Kamo no Chômei
(1155-1216)
(Notes de ma cabane de moine)
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Calogero, Rufus Wainwright - Le temps (Clip officiel)
" Le temps " en duo avec Rufus Wainwright. Extrait de l'album ""Centre ville"" de Calogero = https://Calogero.lnk.to/centreville Abonnez-vous à la chaine YouTube Calogero : ...
C'est Noël !
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Chopin: Complete Mazurkas (Full Album)
Who doesn't like the Mazurkas of Chopin? And what is better to have them complete, in one long video? A full album, with all the mazurkas of the legendary composer! Online purchase or streaming ...
Noël
"Ce que je me rappelle parfaitement, c'est la croyance absolue que j'avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche qui, à l'heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j'y trouverais à mon réveil. Minuit ! cette heure fantastique que les enfans ne connaissent point, et qu'on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m'endormir avant l'apparition du petit vieux ! J'avais à la fois grande envie et grand'peur de le voir ; mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain mon premier regard était pour mon soulier au bord de l'âtre. Quelle émotion me causait l'enveloppe de papier blanc ! car le père Noël était d'une propreté extrême, et ne manquait jamais d'empaqueter soigneusement son offrande. Je courais, pieds nus, m'emparer de mon trésor. Ce n'était jamais un don bien magnifique, car nous n'étions pas riches. C'était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux, que j'osais à peine le manger. L'imagination jouait encore là son rôle, et c'est toute la vie de l'enfant.
Je n'approuve pas du tout Rousseau de vouloir supprimer le merveilleux, sous prétexte de mensonge. La raison et l'incrédulité viennent bien assez vite, et d'elles-mêmes ; je me rappelle fort bien la première année où le doute m'est venu, sur l'existence réelle du père Noël. J'avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins beau et moins bon que les autres fois, et j'éprouvais une sorte de regret de ne pouvoir plus croire au petit homme à barbe blanche. J'ai vu mon fils y croire plus longtemps ; les garçons sont plus simples que les petites filles. Comme moi, il faisait de grands efforts pour veiller jusqu'à minuit. Comme moi, il n'y réussissait point, et comme moi, il trouvait au jour le gâteau merveilleux pétri dans les cuisines du paradis. Mais pour lui aussi la première année où il douta fut la dernière de la visite du bonhomme. Il faut servir aux enfans les mets qui conviennent à leur âge et ne rien devancer. Tant qu'ils ont besoin de merveilleux, il faut leur en donner. Quand ils commencent à s'en dégoûter, il faut bien se garder de prolonger l'erreur et d'entraver le progrès naturel de leur raison."
• Histoire de ma vie par George Sand (1855)
Tant crie-t-on Noël qu'il vient!
Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l’eau qu’il brise,
Tant chauffe-t'on le fer qu’il rougit,
Tant le maille-t'on qu’il se débrise,
Tant vaut l’homme comme on le prise,
Tant s’éloigne-il qu’il n’en souvient,
Tant mauvais est qu’on le déprise,
Tant crie-t’on Noël qu’il vient.
Tant parle-t'on qu'on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu'on s'en dédit,
Tant prie-t'on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu'on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-t'on Noël qu'il vient.
Tant aime-t'on chien qu'on le nourrit,
Tant court chanson qu'elle est apprise,
Tant garde-t'on fruit qu'il se pourrit,
Tant bat-on place qu'elle est prise,
Tant tarde-t'on que faut l'entreprise,
Tant se hâte-t'on que mal advient,
Tant embrasse-t'on que chet la prise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Tant raille-t'on que plus on n'en rit,
Tant dépent-on qu'on n'a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut "Tiens !" que chose promise,
Tant aime-t'on Dieu qu'on fuit l'Eglise,
Tant donne-t'on qu'emprunter convient,
Tant tourne vent qu'il chet en bise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Prince, tant vit fol qu'il s'avise,
Tant va-t'il qu'après il revient,
Tant le mate-t'on qu'il se ravise,
Tant crie-t'on Noël qu'il vient.
François Villon
1431/1463
FLORI-NEIGE
Pensive,
"Je pense aux personnes merveilleuses de ma vie je pense à vous mes amis vous mes inconnus innombrables je pense à Robert Desnos dont les yeux étaient des perles je pense à Rimbaud le jeune homme vert qui rougissait jusqu’aux oreilles je pense à d’Aubigné couché avec ses pistolets
Je pense aux personnes à merveille dans ma vie mes frères loin mes potes en allés mes jamais rencontrés je pense au cœur de ma mère solitaire je pense sur la tête de mon père je pense à mes aïeux en rangs d’oignons dessous la terre je pense à ma grand-mère sempiternelle qui avait le blues toujours dans sa vieille blouse
Je pense aux personnes de merveilleuse à vie je pense à leurs coups de mains je pense à leurs coups de pieds au soleil cou coupé et à baise m’encore je pense à leurs coups de reins je pense à leurs coups de dés
Je pense aux personnes qui me merveillent la vie d’hier à aujourd’hui et jusqu’au lendemain la merveille de leurs voix de leurs rires et chagrins je pense à eux longtemps je pense à eux très vite je pense à elles aussi je pense partout à lui
Je pense aux personnes dans ma vie merveilleusement je pense merveilleusement aux personnes de ma vie car je n’oublie personne personne et pas même moi je pense à tout le monde et m’y trouve comprise je pense à moi qui pense à vous et à merveille
Valérie Rouzeau ( 1967- )
Demain,
Âgé de cent mille ans, j’aurais encor la force
De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.
Robert Desnos (1900-1945)
Marine,
Les chars d’argent et de cuivre –
Les proues d’acier et d’argent –
Battent l’écume, –
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l’est,
Vers les piliers de la forêt, –
Vers les fûts de la jetée,
Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.
Rimbaud (1854-1891)
Ce doux hiver qui égale ses jours
A un printemps, tant il est aimable,
Bien qu'il soit beau, ne m'est pas agréable,
J'en crains la queue, et le succès toujours.
J'ai bien appris que les chaudes amours,
Qui au premier vous servent une table
Pleine de sucre et de mets délectable,
Gardent au fruit leur amer et leurs tours.
Je vois déjà les arbres qui boutonnent
En mille noeuds, et ses beautés m'étonnent,
En une nuit ce printemps est glacé,
Ainsi l'amour qui trop serein s'avance,
Nous rit, nous ouvre une belle apparence,
Est né bien tôt bien tôt effacé.
Yukon : un rêve blanc - Regarder le documentaire complet | ARTE
Le Yukon, au nord-ouest du Canada, est une région sauvage et extrême qui fascine le talentueux photographe animalier Jérémie Villet. Avec son téléobjectif, il parcourt ces terres enneigées e...
https://www.arte.tv/fr/videos/095160-000-A/yukon-un-reve-blanc/
De bure et de soie,
De SOULAGES à BARTHES
autres FRAGMENTS AMOUREUX
Les fragments bougent souterrainement, en profondeur
Et les pièces apparemment indifférentes
S'aimantent mystérieusement comme des corps
Orfraie de nos peurs
L'intime
Se fond
Dans les anges et les sirènes
Et dit l'immense cours des sangs
Ce sont plis et replis
Ce sont caresses douces
Une fraise au matin.
Anny C.
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Maurice Fanon : L'Echarpe (Hervé Vilard)
Hervé Vilard (chant) interprète L'Echarpe de Maurice Fanon. Extrait du concert des 20 ans d'Etonnez-moi Benoit, enregistré le 21 mai 2019.
Au solstice d'hiver,
Tombés les murs
Habité l’ espace
Vivant l’homme
Voilà l’issue
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Bach, Concerto pour piano n°7 - Irina Lankova, Vahan Mardirossian, ORCW - 4k
Jean-Sébastien Bach, Concerto pour piano n°7 en sol mineur BWV 1058 Irina Lankova, piano / Vahan Mardirossian, direction / Orchestre Royal de Chambre de Wallonie 00:00 Allegro 04:15 Andante 10:33...
Publié depuis Overblog
Chanson pour les enfants l’hiver
Jacques PRÉVERT
Dans la nuit de l’hiver galope un grand homme blanc.
C’est un bonhomme de neige avec une pipe en bois,
un grand bonhomme de neige poursuivi par le froid.Il arrive au village.
Voyant de la lumière,
le voilà rassuré.Dans une petite maison, il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s’assoit sur le poêle rouge
et d’un coup disparaît,
ne laissant que sa pipe au milieu d’une flaque d’eau,
ne laissant que sa pipe et puis son vieux chapeau…© Fatras/ Succession Jacques Prévert, pour les droits audiovisuels et numériques
Le Moulin Rouge souhaite récupérer l'appartement du poète
Jacques Prévert!
Propriétaire de l’appartement, le Moulin Rouge a signifié la fin de son bail à la petite-fille du poète, Eugénie Bachelot-Prévert. En cause, leur volonté de recréer la salle de spectacle où se produisait la chanteuse Mistinguett en lui rendant ses volumes historiques des années 1920-1930 — il faut, pour cela, récupérer les appartements contigus au Moulin : celui ayant appartenu à Jacques Prévert et celui de Boris Vian.
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Yves Montand -Dans ma maison (poème de Prévert) STEREO 1981
Yves Montand chante "dans ma maison" ... un être vous manque, et tout est dépeuplé... Quand le coeur bat la breloque, alors on soliloque pour tromper l'absurdité du monde. Musique de Joseph Kosma.
Le pudding de Christmas,
"À midi et demi, je me décidais enfin à entrer dans cette maison qui, comme un gros soulier de Noël, me semblait devoir m'apporter de surnaturels plaisirs. (Le nom de Noël était du reste inconnu à Mme Swann et à Gilberte qui l'avaient remplacé par celui de Christmas, et ne parlaient que du pudding de Christmas, de ce qu'on leur avait donné pour leur Christmas, de s'absenter - ce qui me rendait fou de douleur - pour Christmas. Même à la maison, je me serais cru déshonoré en parlant de Noël et je ne disais plus que Christmas, ce que mon père trouvait extrêmement ridicule.)"
Tome 2, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" (La Recherche du temps perdu) Marcel Proust
Avez-vous envie de sourire un peu?
Oui? Alors écoutez l'interview de Laure Murat par Laure Adler à "La Maison de la poésie".
Laure Murat (historienne française, professeure à l’université de Californie à Los Angeles,
(depuis l'interview elle est rentrée en France (fuyant Trump, a-t-elle dit))
Elle est descendante de Murat et a "retrouvé" son "milieu" dans La Recherche du temps perdu.
(Laure Marie Caroline Murat est la fille du prince Jérôme Gaëtan Michel Joachim Napoléon Murat (1925-1998), écrivain et producteur de films, et d’Inès d’Albert de Luynes, historienne et biographe.)
Sa vie est ailleurs, quoique...
Son livre "Proust, le roman familial" creuse ce sujet et l'écouter en parler est savoureux.
Extraits:
"Mon ambivalence vis-à-vis de l'aristocratie trouvait sa résolution : sensible, à l'occasion, à son sens du panache, mais aussi aux délicatesses morales de la grande politesse, je ressentais, dans le temps, un profond désarroi et même une angoisse face à son discours creux et sa complaisance passionnée pour le mensonge social. De l'état gazeux où elle demeurait indéfiniment, Proust la faisait passer d'un coup sous mes yeux à l'état solide. C'est ce qu'en chimie on appelle la déposition ou encore la sublimation inverse. L'aristocratie lui avait fourni une armée de pantins toujours de profil ; il lui renvoyait la longue scène chatoyante d'une foule en relief et en mouvement. Le fusil à l'âme vide se trouvait soudain chargé à bloc. L'imposture éclatait au grand jour. Je dois à Marcel Proust cette consolation immense d'avoir dévoilé cette vérité-là de mes origines grâce à la littérature, tellement plus exacte, et irréfragable, que l'Histoire. C'est une dette inouïe que je n'ai jamais eue et ne pourrai jamais avoir envers aucun autre auteur."
"A ces doutes s'ajoutait un piège incontournable propre à l'aristocratie, surtout lorsque l'on en sort : dès qu'on en parle, on a l'air de se vanter. Comme si les titres nobiliaires et les noms à particule diffusaient, à peine prononcés dans l'air ambiant, l'arrogance et la vanité de toute une classe. Mais je n'ai rien à revendiquer, ni d'ailleurs à renier, d'un état civil où les hasards de la naissance m'ont jetée. Et je n'éprouve ni fierté, ni honte devant mon arbre généalogique, pour la simple raison que je ne crois, dans une existence à l'évidence socialement déterminée, ni à la loi du sang, ni à la fatalité d'un héritage envisagé comme un destin."
"Et qu'est-ce qu'"A la recherche du temps perdu", sinon le grand livre d'une vocation qui s'achève sur l'embarquement vers la création, en laissant une aristocratie sans œuvre à quai ?"
Laure Murat
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À la recherche du temps perdu - 94e lecture, par Didier Sandre
À la recherche du temps perdu - Lecture de l'œuvre fleuve de Marcel Proust par les Comédiens-Français, en relais soir après soir, comme un mini-marathon en écho à la mise en scène par Chris...
Ne...pas et des roses,
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !
N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !
N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas !
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
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Les roses de Saâdi✍️ Marceline Desbordes-Valmore_Habiter Poétiquement le Monde 250🎥Fabienne Maillot
Uploaded by Fabienne Maillot on 2025-09-07.
De quelques fourmillements,
Une fourmi restait pensive...
- L'acte gratuit n'existe pas, se disait-elle. Lafcadio et son illusion de liberté, Meursault et l'absurde , qu'en penser?
- Jean- Paul Sartre lui fit alors remarquer: "Quand je délibère, les jeux sont déjà faits"
La fourmi se demandait:
- Faut-il avoir des projets ou faire des choix ?
Un anglais de passage lança:
-I'm free, I choose
Angelus Silesus se mêlant à la conversation déclama alors:
« La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit, / N’a souci d’elle-même, ne désire être vue. »
et Lydie Dattas lui lut un passage de son livre "L'expérience de bonté" où elle avait écrit à un ange qui avait pris soin d'elle dans sa prime enfance, lors d'une maladie:
"Ta bonté a fini par infléchir ma vie, la ramenant peu à peu dans le sillage éblouissant de l'âme... Seul demeure ce ciel impalpable qui résiste à tous les chagrins et qui tend sa teinte adorable au-dessus de notre malheur, puisqu'il n'y a que lui qui soit incorruptible, et ce qui en nous lui ressemble."La Fontaine, alors, bien sûr leur conta cette fable :"Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l’eau se penchant une Fourmi y tombe.
Et dans cet océan l’on eût vu la Fourmi
S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussitôt usa de charité :
Un brin d’herbe dans l’eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive.
Elle se sauve ; et là-dessus
Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.
Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète.
Dès qu’il voit l’Oiseau de Vénus
Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.
Tandis qu’à le tuer mon Villageois s’apprête,
La Fourmi le pique au talon.
Le Vilain retourne la tête :
La Colombe l’entend, part, et tire de long.
Le souper du Croquant avec elle s’envole :
Point de Pigeon pour une obole."Jean de La Fontaine
Malicieux, Robert Desnos conclut en poésie :
et notre fourmi rassurée, ne pensa plus!
Anny C.
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