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Articles récents

Le printemps des fourmis

28 Avril 2025

Le printemps des fourmis

"Qui s'est abaissé devant une fourmi, n'a plus à s'abaisser devant un lion."

   Henri Michaux Tranches de savoir, Cercle des Arts

Delphine Seyrig

Delphine Seyrig

Robert Hirsh

Robert Hirsh

Robert DESNOS
 
Recueil : "Chantefables"
 

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Une fourmi parlant français,
Parlant latin et javanais,
Ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?

 

DESNOS

DESNOS

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IKIGAÏ

27 Avril 2025

L’Ikigai est l’équivalent japonais de la « raison d’être ». 

Autrement dit, c’est ce qui nous donne envie de nous lever le matin.

 

« Il y a tant d’aurores qui n’ont pas
encore lui…
"
Nietzsche

 

"Il y a des jours montueux et malaisés qu’on met un temps infini à gravir et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train, en chantant." Marcel Proust (La prisonnière)

 

IKIGAÏ

"(...)

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !"

 

Baudelaire/Elevation

"Se lever le matin est, in fine, un acte plus fort qu’il n’y paraît. Car derrière la plate banalité de ce geste, qui consiste à mettre un pied à terre, il y a tout un monde : celui dans lequel je vis. La sonnerie du réveil nous projette immédiatement dans ce que Sartre appelle « la facticité » : le simple fait d’exister sans l’avoir voulu, dans cette vie-là, dans ce corps-là et dans cette époque que je n’ai pas choisie. Mais ce réveil, parfois si difficile, porte aussi en lui la promesse sans cesse renouvelée d’un nouveau jour et de nouvelles possibilités. Même s’il est nécessaire, automatique et relève d’un conditionnement qui peut nous faire obéir de manière aveugle, le réveil reste malgré tout au commencement de tous les grands projets. Se lever chaque matin, n’est-ce pas, paradoxalement, la première façon d’exercer sa liberté ?" Philomag

 

&

 

François Jullien


La transparence
du matin


Rouvrir des possibles dans nos vies

 

EROS ET THANATOS,  PIVOINES,  NAJIA MEHADJI

EROS ET THANATOS, PIVOINES, NAJIA MEHADJI

"J’ai commencé à travailler sur la fleur au début de la maladie de mon père en 2001 jusqu’à son décès en 2003, au mois de mai, à la période de la floraison des pivoines. Elles évoquent le temps qui s’écoule, la vitesse de la lumière, l’éclair de leur beauté. Au printemps, je les dispose fraîchement coupées dans l’eau le matin ; elles deviennent pleinement épanouies le soir; et le lendemain, presque fanées. Je photographie leur évolution, elles m’invitent à faire le deuil, mais plus largement elles me permettent d’évoquer l’éphémère de la vie, de notre passage sur terre, notre relation à l’univers."  NAJIA MEHADJI

 Extrait de l’entretien réalisé avec Florence d’Ist pour l’exposition "Être ainsi" au Manoir de Martigny (Suisse). 2011.

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VIVRE POUR VIVRE

26 Avril 2025

VIVRE POUR VIVRE

"VIVRE ENFIN,

En « buvant » cet air frais du rivage, en éprouvant la caresse du soleil sur la peau ou bien en me jetant dans le renouvellement sans fin des vagues, me laissant porter par l’ample respiration du monde : « Courons à l’onde en rejaillir vivant ! » (« Cimetière marin »). La pure sensation – le contact brut des éléments, ce vif de l’être au monde – n’y suffit-elle pas ? — Ou bien ce retour à l’originaire, au primitif, à la candeur de l’expérience, au vertige de l’édénique, au « vierge » et « vivace » de la vie, en deçà de la langue et de la pensée, lui-même n’est-il pas qu’un mythe ?  »

 

 François Jullien. « Vivre enfin. », 2025, extrait

 

Anna de Noailles

Anna de Noailles

La vie profonde d’Anna de Noailles

Recueil : Le cœur innombrable (1901)

 

Être dans la nature ainsi qu'un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage,
La sève universelle affluer dans ses mains !

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l'espace !

Sentir, dans son cœur vif, l'air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
— S'élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.

Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l'eau,
Et comme l'aube claire appuyée au coteau
Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...

 

Anna de Noailles (1876-1933)

 

Il n’y a pas à dire

       Cet appel du vivre

                     Cette présence !

 

VIVRE POUR VIVRE
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En ville

25 Avril 2025

En ville

Villes,

Le pouls des villes
  Leurs artères

La chair des villes
  Leur chagrin de peau

Ce manège qui tourne
  Ce pigeon qui danse

Terrasses au printemps
  Rayons fauve - soleil

Au bar c’est l’heure des gens seuls
  Peinards

Le coeur des villes
  Leur tempo

Les pas des passants
  Leur rythme

Ce manège qui valse
  Ce chat qui passe

Au bar c’est l’heure de l’apéro
  In vino veritas

Le barman  s’encanaille
  «  Ah! Je savais bien que je vous ferai sourire! »

La voix des villes
  Leurs accents

Les jeux des enfants
  Les rires des parents

Ce manège qui chante
  Intemporel…

Les Halles des villes
  L’esprit Gustave Eiffel

Ce petit verre de blanc sec
  Ces  huîtres merveilleuses
     Dont Voltaire disait: «  Je suis toujours embarrassé de savoir comment les huîtres font l'amour, cela n'est encore tiré au clair par aucun naturaliste"

Tournez Tournez manèges éternellement!

Anny C.

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QUID ?

24 Avril 2025

QUID ?

Hier dans l'émission "Avec philosophie", j'ai été attirée par cette citation :

"LA RÉPONSE EST LE MALHEUR DE LA QUESTION."

de Maurice Blanchot, aussi me suis - je penchée sur la question...

"Dans L’Entretien infini, Maurice Blanchot expliquait que « la réponse est le malheur de la question » : la réponse vient toujours fermer certaines des portes que la question avait justement la vertu d’ouvrir ; dès que la réponse advient, nous sommes obligés de renoncer à la richesse de la possibilité, à la liberté d’imaginer une réponse autre que celle qui a été dite."

 

&

 

Comment ça va?

Œdipe: La question est complexe.
Pythagore: Tout est d'équerre.
Socrate: Je ne sais pas.
Hippocrate: Tant qu'on a la santé.
Léonard de Vinci: (se contente de sourire)... Galilée: Ça tourne rond!
Descartes: Bien, je pense.
Pascal: Bien, je parie.
Spinoza: Bien, en substance.
Newton: La question tombe à pic.
Vivaldi: Ça dépend des saisons...
Franklin: Du tonnerre!
D'Alembert et Diderot: Impossible de répondre en deux mots.
Kant: Question critique.
Casanova: Tout le plaisir est pour moi!
Sade: Foutrement bien!
Marat: Ça baigne!
Robespierre: Vous perdez la tête?
Hegel: Au total, bien.
Beethoven: En sourdine.
Paganini: Allegro ma non troppo.
Schopenhauer: Ce n'est pas la volonté qui me manque. Poe: Extraordinairement bien!
Darwin: On s'adapte.
Marx: Ça ira mieux demain.
Nietzsche: Par-delà le bien, merci.
Freud: Et vous?
Marie Curie: Je suis radieuse!
Proust: Donnons du temps au temps...
Einstein: Relativement bien.
Picasso: Ça dépend des périodes.
Dracula: J'ai de la veine!
Cyrano de Bergerac: À vue de nez, bien!
Camus: La question est absurde.

et avec Woody Allen :

"La réponse est oui. Mais quelle était la question ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ECRIRE DISENT-ILS,

23 Avril 2025

ECRIRE DISENT-ILS,

Roland Barthes

Le plaisir du texte

 

"Le plaisir du texte, c’est ce moment où mon corps va suivre ses propres

idées – car mon corps n’a pas les mêmes idées que moi."

 

Roland Barthes

 

ECRIRE

ECRIRE

 
 
"Écrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait, on ne le sait qu'après avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. Mais c'est la plus courante aussi."
 
 
Marguerite Duras 
 
ECRIRE DISENT-ILS,

"- Je suis l’écriture. Je t'écoute avant de prendre la plume. Quand tu te tais, je me tais. Et tes silences rythment notre temps. Parfois, tes mots deviennent notes déposées sur la portée des jours. Comme avec un filet à papillons, je m’applique à les cueillir en plein vol. Cela me demande écoute, adresse, jeu et joie. Alors, la voie de la vie ouverte plonge ma plume dans le noir lumière de la cartouche d’encre."

Anny C. (in Onde traversière inédit)

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EN PASSANT PAR...

22 Avril 2025

EN PASSANT PAR...

Noms de pays : le nom ( Marcel Proust )

(Le temps d'un été à Balbec ou d'un printemps florentin, l'évocation du simple nom d'une ville suffit au narrateur pour imaginer des voyages enchanteurs. Pays rêvés ou pays réels, Noms de pays : le nom fait aussi la part belle au Paris du XIXe siècle, cadre de son amour pour Gilberte et de sa fascination pour Odette, tout en constituant une invitation à la réflexion sur la puissance évocatrice des mots et des noms.)

Proust distingue les noms des mots :

« Les mots nous présentent des choses une petite image claire et usuelle comme celles que l’on suspend aux murs des écoles pour donner aux enfants l’exemple de ce qu’est un établi, un oiseau, une fourmilière, choses conçues comme pareilles à toutes celles de même sorte. Mais les noms présentent des personnes – et des villes qu’ils nous habituent à croire individuelles, uniques, comme des personnes – une image confuse qui tire d’eux, de leur sonorité éclatante ou sombre, la couleur dont elle est peinte uniformément (...) »

"Parme : « mauve et doux » Florence : « miraculeusement embaumée et semblable à une corolle » Balbec : « des vagues soulevées autour d’une église de style persan » M.P.

 

Y ÊTRE, EN ÊTRE

Y ÊTRE, EN ÊTRE

"En passant par cette ville bien plantée en plein GERS, des fulgurances d'images, de sensations, de couleurs, de formes et de présences accompagnent mon regard, mon esprit et ma mémoire, telles des alouettes particulièrement sensibles à la lumière qui peignent, au fil de ma traversée, un tableau à la Orsten Groom que je peux seule déchiffrer tant les lignes de forces, de rires et de chagrins, les perles de confettis et de doux baisers, les papiers de brouillons et de diplômes, les souvenirs d' hôpitaux et de guérisons signent en quatre lettres sur un panneau signalétique la vie, l'amour, la mort."  
 
Anny C. ( du Bar Brasserie LE FRANCE à AUCH 32)
 
=
 

« Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors ; le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas ! comme les années » 

Marcel Proust

 

Orstern Groom (A Retrospective Unveiling Artistic Resilience, Sète)

Orstern Groom (A Retrospective Unveiling Artistic Resilience, Sète)

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Dans le trémail d'avril

21 Avril 2025

Dans le trémail d'avril

"- Tu sais, j’ai perdu des gens qui ne sont pas morts.
  - Qu’est-ce qui te prend ?
  - Je ne sais pas, c’est venu comme ça, tout à coup.
  - Tu veux l’écrire?
  -  Non, laisse filer cet éclair, il faut des fleurs de silence dans notre conversation. Parlons plutôt de la beauté du monde...

"Une truite qui dort reflète un peuplier." Luc Bérimont

Dans le trémail d'avril

"-Tu sais, je repense à ce que je disais l’autre jour à propos de la perte d’amis qui sont bien vivants  et je me dis aujourd’hui que le paradoxe, c’est qu’il y a des personnes mortes que je n’ai pas perdues.

-Tu devrais lire ce livre dont le titre m'a fait de l'oeil! " Anny C.

Dans le trémail d'avril
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Pâques rimbaldiennes

20 Avril 2025

Pâques à Rimbaud

Je crache sur la braise incandescente des lilas
Avec le petit frère
Arthur qui (pour cause de grande mise en herbe) n'est pas là !

Je piétine des eaux, belles comme des flammes
La flache, où galvaudaient les pas du doux infâme.

Toute la nuit, les rossignols ont déliré dans les jardins
Mêlés au sourd soleil des fumiers et des chiens.

En dépit de leurs chants, frais comme la rosée
Ils piquent le cadavre et la chair avancée.

Je pense, en me tournant, que je suis bien pareil -
Arthur aussi faisait de la charogne un miel -.

À contre-ciel, la lune effrange la
Belgique
Gardée par un cordon de douaniers et d'anémones

Les premiers ont le cul d'un beau bleu métallique:
Ils marchent, savourant la tige de leur pipe.

Les autres sont tombées du vent, comme une aumône
Qui intéresserait la mousse, et puis personne.

À quelques pas, dans les ruisseaux à sangliers
Une truite qui dort reflète un peuplier.

Ah ! le spectacle spectaculaire de ces
Ardennes
Où le museau des vents renifle les forêts

Où de l'or et du noir dans la lumière traînent
Accrochant du brouillard au printemps qui se fait

Et que dire d'Arthur endormi sur la scène
Sur le drap du feuillage et dans le lit du frai ?

Poésies complètes (CME, )

LUC BERIMONT
Pâques rimbaldiennes
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CONSIDERONS...

19 Avril 2025

***

Palette d'avril

Miracle absolu

Pépite du langage

 

Anny C.

CONSIDERONS...

Cum sideris = avec une étoile /  Considérer ...

 

"La considération nous aide à rester humain dans un monde inhumain"

  Corine Pelluchon

 

"Pour être capable d'amour comme être capable de vivre en démocratie, il faut être capable de surmonter le narcissisme" 

  Corine Pelluchon citant Erich Frömm

 

 "L'espérance vient de l'inespérable"

  Corine Pelluchon

 

 

 

 

Corine Pelluchon :philosophe, professeure à l'université Paris-Est Gustave Eiffel, spécialiste de philosophie politique et d'éthique normative et appliquée

Corine Pelluchon :philosophe, professeure à l'université Paris-Est Gustave Eiffel, spécialiste de philosophie politique et d'éthique normative et appliquée

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