Un dimanche sous le figuier
LE FIGUIER
Christian Bobin
Epoustouflant
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FfVtnURRfxvs%2Fhqdefault.jpg)
"Printemps" (Paul Eluard) - Barbara
Texte de Paul Eluard (Poème issu du Recueil "Le Phénix" - 1951) Musique : Barbara Album : Amours incestueuses (1972) Photo : ©Benjamin Auger
Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule
C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
Il n’y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
Et tu ne veux pas avoir froid
Notre printemps est un printemps qui a raison.
Paul Eluard (Le Phénix)
ECUMES DE LA VIE
Jules Supervielle, "Cœur"
Il ne sait pas mon nom
Ce cœur dont je suis l’hôte,
Il ne sait rien de moi
Que des régions sauvages.
Hauts plateaux faits de sang,
Épaisseurs interdites,
Comment vous conquérir
Sans vous donner la mort ?
Comment vous remonter,
Rivières de ma nuit
Retournant à vos sources
Rivières sans poissons
Mais brûlantes et douces.
Je tourne autour de vous et ne puis vous aborder,
Bruits de plages lointaines,
O courants de ma terre
Vous me chassez au large
Et pourtant je suis vous, et je suis vous aussi
Mes violents rivages,
Écumes de ma vie.
Beau visage de femme,
Corps entouré d’espace,
Comment avez-vous fait,
Allant de place en place,
Pour entrer dans cette île
Où je n’ai pas d’accès
Et qui m’est chaque jour
Plus sourde et insolite,
Pour y poser le pied
Comme en votre demeure,
Pour avancer la main
Comprenant que c’est l’heure
De prendre un livre ou bien
De fermer la croisée.
Vous allez, vous venez,
Vous prenez votre temps
Comme si vous suivaient
Seuls les yeux d’un enfant.
Sous la voûte charnelle
Mon cœur qui se croit seul
S’agite prisonnier
Pour sortir de sa cage.
Si je pouvais un jour
Lui dire sans langage
Que je forme le cercle
Tout autour de sa vie !
Par mes yeux bien ouverts
Faire descendre en lui
La surface du monde
Et tout ce qui dépasse,
Les vagues et les cieux,
Les têtes et les yeux !
Ne saurais-je du moins
L’éclairer à demi
D’une mince bougie
Et lui montrer dans l’ombre
Celle qui vit en lui
Sans s’étonner jamais.
Dans Le forçat innocent, Gallimard
JULES SUPERVIELLE
-
Jules Supervielle (1884-1960), naît en Uruguay et vit entre ce pays et la France, où il meurt. Réunir naissance et mort, Uruguay et France, c’est aussi situer son écriture dans cet écart géographique et métaphysique. Ses parents sont morts contaminés par l’eau qu’ils ont bu. D’abord recueilli par sa grand-mère au Pays basque, l’orphelin est ensuite élevé en Uruguay par son oncle et sa tante. Ils s’installent ensuite à Paris où il éprouve le déracinement, une crise d’identité. Il fréquente Gide, Valéry, Jacques Rivières, intègre la Nouvelle Revue française et devient l'ami de Paulhan et Michaux.
Un autre poème de Supervielle
EMERAUDE
J’ai vu sous l’olivier fleurir le romarin
Un oiseau a chanté
Un pétale de temps sur l’herbe s’est posé
Anny C.
A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
" Longtemps, je me suis couché.... (premiers mots)
- entre les deux:
3632 PAGES (LA PLÉIADE)
(derniers mots) ...dans le Temps."
=
"LONGTEMPS JE ME SUIS COUCHE DANS LE TEMPS" Marcel Proust
« De jeunes écrivains, avec qui je suis d'ailleurs en sympathie, préconisent au contraire une action brève avec peu de personnages. Ce n'est pas ma conception du roman. Comment vous dire cela ? Vous savez qu'il y a une géométrie plane et une géométrie dans l'espace. Eh bien, pour moi, le roman ce n'est pas seulement de la psychologie plane, mais de la psychologie dans le temps. Cette substance invisible du temps, j'ai tâché de l'isoler, mais pour cela il fallait que l'expérience pût durer. J'espère qu'à la fin de mon livre, tel petit fait social sans importance, tel mariage entre deux personnes qui dans le premier volume appartiennent à des mondes bien différents, indiquera que du temps a passé et prendra cette beauté de certains plombs patinés de Versailles, que le temps a engainés dans un fourreau d'émeraude. » - Marcel Proust, Le Temps, Elie-Joseph Bois, novembre 1913
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FwnuNJIyEetU%2Fhqdefault.jpg)
À la recherche du temps perdu - 149e lecture, par Guillaume Gallienne
À la recherche du temps perdu - Lecture de l'œuvre fleuve de Marcel Proust par les Comédiens-Français, en relais soir après soir, comme un mini-marathon en écho à la mise en scène par Chris...
FIL-ANTHROPES
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FEl2t7jyzjJY%2Fhqdefault.jpg)
L'AUTO-COMPASSION avec Frédéric Lopez
Pour débuter cette nouvelle saison de podcast, je voulais y inviter l'homme qui pourrait clairement être mon guide spirituel. Créateur et présentateur historique de " Rendez-vous en Terre Incon...
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FRhvSD37Ug1E%2Fhq2.jpg)
Sonnets chez moi. Appuyez fort. #charlesbaudelaire #poesiefrançaise #sonnets
Enjoy the videos and music you love, upload original content, and share it all with friends, family, and the world on YouTube.
L'inouï nous attend
Walt Whitman, « Oseras-tu bientôt mon âme »
Oseras-tu bientôt mon âme
T'aventurer avec moi dans les régions inconnues,
Où il n'y a plus sol sous les pieds ni sentier pour les pas?
Ni carte ni guide non plus,
Ni voix qui résonne, ni contact de la main humaine,
Ni visage chair épanouie, ni lèvres, n'ont cours dans ce pays-là.
C'est l'inconnu pour moi Mon Ame,
C'est l'inconnu pour toi aussi, le blanc de la carte devant nous,
L’inouï nous attend en ce pays inaccessible, cette région-là-bas.
A nous de nous lancer vers l'avant, flottant
Dans l'espace dans le Temps toi mon âme, nous étant préparés,
Égaux ensemble enfin dans l'équipement (ô joie fruit absolu!), pour les remplir, mon âme.
Dans Feuilles d’herbes. Traduction Jacques Darras, Grasse
TROP ROUSSE. !
La complainte de la butte
Paroles de Jean Renoir
En haut de la rue st Vincent
Un poète et une inconnueS'aimèrent l'espace d'un instantMais il ne l'a jamais revueCette chanson il composaEspérant que son inconnueUn matin d'printemps l'entendraQuelque part au coin d'une rueLa lune trop blêmePose un diadèmeSur tes cheveux rouxLa lune trop rousseDe gloire éclabousseTon jupon plein d'trousLa lune trop pâleCaresse l'opaleDe tes yeux blasésPrincesse de la rueSoit la bienvenueDans mon cœur blesséLes escaliers de la butte sont durs aux miséreuxLes ailes des moulins protègent les amoureuxPetite mandigoteJe sens ta menotteQui cherche ma mainJe sens ta poitrineEt ta taille fineJ'oublie mon chagrinJe sens sur tes lèvresUne odeur de fièvreDe gosse mal nourriEt sous ta caresseJe sens une ivresseQui m'anéantitLes escaliers de la butte sont durs aux miséreuxLes ailes des moulins protègent les amoureuxMais voilà qu'il flotteLa lune se trotteLa princesse aussiSous le ciel sans luneJe pleure à la bruneMon rêve évanouiJEAN RENOIR
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fmz-4ab9i16Q%2Fhqdefault.jpg)
Cora Vaucaire - La Complainte de la Butte
La Complainte de la Butte (Paroles : Jean Renoir, Musique : Georges Van Parys) Interprétée par Cora Vaucaire et rendue publique la première fois dans le film French Cancan, de Jean Renoir (1954) et
Juste un instant
"L’extase",
de
Je suis devant ce paysage féminin
Comme un enfant devant le feu
Souriant vaguement et les larmes aux yeux
Devant ce paysage où tout remue en moi
Où des miroirs s’embuent où des miroirs s’éclairent
Reflétant deux corps nus saison contre saison
J’ai tant de raisons de me perdre
Sur cette terre sans chemins et sous ce ciel sans horizon
Belles raisons que j’ignorais hier
Et que je n’oublierai jamais
Belles clés des regards clés filles d’elles-mêmes
Devant ce paysage où la nature est mienne
Devant le feu le premier feu
Bonne raison maîtresse
Étoile identifiée
Et sur la terre et sous le ciel hors de mon cœur et dans mon cœur
Second bourgeon première feuille verte
Que la mer couvre de ses ailes
Et le soleil au bout de tout venant de nous
Je suis devant ce paysage féminin
Comme une branche dans le feu.
24 novembre 1946.
IL MARCHE!
"Tout semble sans effort
Tout semble à l’équilibre"
Je marche
Je marche et je vois
Je marche et ce que je vois n’est déjà plus ce que j’ai vu
Encore un éclair avalé par la gueule du passé
Encore un souvenir enchaîné au fond des oubliettes
il va rester là tapi dans l’ombre peut-être à jamais
Je marche
Je marche sous la pluie sur les pavés séculaires
Je marche sur les traces de très anciens cochers
Là le bruit des sabots qui trépignent et hennissent
Là les mères courage et leurs seins en tétée
Là les ivrognes mendiants couchés dans leur détresse
Je marche et je pense à l’absinthe qui saoulent les poètes
Je marche et croise des silhouettes de jambes et de capuches
Elles pilotent au radar et avancent l’air décidé
A quoi pensent-elles ?
M’ont elles déjà oublié ?
Ont-elles toutes perdu leurs yeux dans le vent harassant ?
Je tente un regard pour capter une lueur
J’envoie une lueur pour tenter un regard
Je marche avec des gouttes qui dansent sur le bout de mon nez
Je marche dans la cadence de mon cœur qui vieillit
Je pense à mes orteils gelés et à l’amour brûlant
Je pense à un feu de cheminée en bolérant Ravel
Je pense à mes amis que je viens de quitter
Je pense à la mort qui tapine au tournant
Je pense au tournis que nous donne la vie
Je marche pour elle sous la pluie bordelaise
J’avance dans son mirage et j’ai froid aux genoux
Une lumière me traverse en slalom miroitant
Je marche d’un pas léger un sourire accroché
Je marche illuminé dans mon corps détrempé
Tout semble sans effort
Tout semble à l’équilibre
Ma masse se floute d’une sensation d'apesanteur sereine
Arrêt sur image débrancher les nuages
et le vent et le soleil et tout le bleu du ciel
Le temps de prendre la photo le temps de s’oublier
Renaître dans l’instant renaître de l’instant
Devenir son présent être son cadeau
Tout semble sans effort
Tout semble à l’équilibre
Les ombres se chiffonnent les lumières se dispersent
une infime brise se lève et crache une bourrasque
Je marche comme un automate vers un destin étrange
J’écris des tas de mots en regardant mes pieds
Je vois tout le passage de cette ville insensée
J’écris l’essentiel pour ne pas l’oublier
je stoppe l’instant j’arrête l’éternité
Je sors mon stylet pour graver ma pensée
Il pleut
Il pleut tellement que ma tête se vidange
Encore perdu le fil de ma jolie plume d’ange
une goutte s’est glissée dans mon cou qui frissonne
Je marche
Je marche en route vers mon havre de paix
Je marche vers mon carrosse et sa robe blanche et sage
Je marche les os humides sous la lumière dorée
Je marche dans l’éclaircie de l’automne de ma vie
Je marche et marche encor’ sans plus penser à rien...
Olivier JOUSSET
"Les poètes, il faut les protéger"
Ariane Ascaride (marraine du Printemps des poètes)
ZAZIE M'A DIT
"Prenez un mot
prenez en deux `faites les cuir' comme des œufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d'innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et mettez les voiles
Où voulez-vous donc en venir ?
A écrire
Vraiment ?
A écrire ? "
Raymond Queneau (1903-1976)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FbhqwIBKq9SQ%2Fhqdefault.jpg)
China Moses et Ours : reprise en chanson du poème "Un poème" de Queneau dans "Renversant"
"Un poème": Reprise en chanson du poème "Un poème" de Raymond Queneau par China Moses et Ours. "Renversant", le magazine culturel en Centre-Val de Loire présenté par Elise Chassaing et Raphäl...
/image%2F8101711%2F20231005%2Fob_b3c2d6_le-curieux-d-econques.jpg)
/image%2F6970088%2F20250406%2Fob_ba72f0_le-figuier-klee.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FMKVXAMlk9Tg%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F6970088%2F20250405%2Fob_cce82e_klimt-printemps.jpg)
/image%2F6970088%2F20250405%2Fob_e03888_klimt-attersee.jpg)
/image%2F6970088%2F20250404%2Fob_550fae_jules-supervielle.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F2yhnmtu6Ydk%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F6970088%2F20250403%2Fob_0a4579_viallat.jpeg)
/image%2F6970088%2F20250403%2Fob_ccf36a_emeraude.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FgKqHjFtX7iE%2Fhqdefault.jpg)
/image%2F6970088%2F20250401%2Fob_db15d6_witman.jpg)
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production-eu3%2F2025%2F03%2F7b22a16d-8fa3-48d5-bdff-dd380be3d211%2F1200x680_sc_6-walt-whitman-16-9.jpg)
/image%2F6970088%2F20250330%2Fob_5a0f6a_lune-chat.jpg)
/image%2F6970088%2F20250330%2Fob_d3b173_pierre-auguste-renoir-jean-renoir-de.jpg)
/image%2F6970088%2F20250329%2Fob_5cf87d_instant-poesie-denis-lavant.jpg)
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production-eu3%2F2025%2F02%2F44e02476-86b2-4aa7-8920-9906c65b3e10%2F1200x680_sc_15-eluard-340x640.jpg)
/image%2F6970088%2F20250329%2Fob_f4034f_eluard.jpg)
/image%2F6970088%2F20250329%2Fob_264cb4_wla-moma-henri-rousseau-the-dream.jpg)
/image%2F6970088%2F20250328%2Fob_af1f14_l-homme-qui-marche.jpg)
/image%2F6970088%2F20250328%2Fob_d35a86_oj.jpg)
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fum6bOUvmye4%2Fhqdefault.jpg)