George Sand pratiquait la technique de la « dendrite » qu’elle appelait « aquarelle à l’écrasage ». Ce procédé, déjà utilisé à la fin du XVIIIème siècle, consiste à poser des taches de gouache sur un papier, puis à le recouvrir d’un autre papier sur lequel on appuie par endroits, pour faire diffuser la gouache sur le support . George Sand a décrit le résultat ainsi obtenu : « Cet écrasement produit des nervures parfois curieuses. Mon imagination aidant, j’y vois des bois, des forêts ou des lacs, et j’accentue les formes vagues produites par le hasard » .
Elle décrit avec enthousiasme le monde minéral : à Gravenoire, « nous ramassons quantité de scories et de noyaux volcaniques », La Roche Vendeix, « admirable cône volcanique couronné de basaltes » (Figure 5). Puis le site du Puy-en-Velay exalte son imagination et de là elle va jusqu’aux Estables pour gravir le Mézenc, mais le mauvais temps l’en empêchera. Partout George Sand note la nature des roches rencontrées tout en décrivant les paysages. Elle écrit à sa fille Solange : « Ah ! Si j’avais le temps, quelle rage j’aurais pour la géologie et la minéralogie ! Mais il me faut faire des romans ! ».
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A l’aller, arrivée sur le site des roches :
« Le soleil sur son déclin enveloppait le paysage d'une splendeur extraordinaire et ce paysage était une des plus belles choses que j'ai vues de ma vie. Le chemin tournant, tout bordé d'un buisson épais d'épilobes roses, dominait un plan raviné au flanc duquel surgissaient deux puissantes roches de basalte d'aspect monumental, portant à leur cime des aspérités volcaniques qu'on eût pu prendre pour des ruines de forteresses.
J'avais déjà vu les combinaisons prismatiques du basalte dans mes promenades autour de Clermont, mais jamais avec cette régularité et dans cette proportion. Ce que l'une de ces roches avait d'ailleurs de particulier, c'est que les prismes étaient contournés en spirale et semblaient être l'ouvrage à la fois grandiose et coquet d'une race d'hommes gigantesques.
Ces deux roches paraissaient, d'où nous étions, fort voisines l'une de l'autre ; mais en réalité elles étaient séparées par un ravin à pic au fond duquel coulait une rivière » (...). « Cet endroit est un des plus extraordinaires et des plus effrayants que vous verrez jamais, il n’a pas de nom que je sache, mais les deux pointes que vous voyez là, c'est la roche Sanadoire et la roche Tuilière ».
Sur le chemin du retour, trois jours après :
« Je vis au-dessus de nous, à droite, la roche Sanadoire toute bleue au reflet de la lune, avec son jeu d'orgues contourné et sa couronne dentelée. Sa soeur jumelle, la roche Tuilière, était à gauche, de l'autre côté du ravin, l'abîme entre deux ».
G.Sand.