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Articles récents

Avec ce génie-là,

12 Février 2025

MICHEL SIMON

MICHEL SIMON

Michel Galabru, "Michel Simon était un génie. Je pense qu’il a été l’un des plus grands acteurs de ce siècle. Peut-être même le plus grand. Et lorsqu'il jouait, il n’y avait pas une inflexion de sa voix, une lueur de son regard, un geste, un mouvement de son corps qui n’exprimaient pas cette espèce de vérité intégrale. (…) Plus qu’un acteur de génie ; il était monstrueusement humain".     

Charlie Chaplin, "Michel Simon est un acteur extraordinaire. Il est capable de tout, de la farce à la tragédie. Il a une compréhension profonde de la nature humaine et il est capable de nous faire rire et pleurer à la fois. C'est un artiste complet, un véritable génie. J'ai toujours été un grand admirateur de son travail, en particulier de sa performance dans "Le Quai des brumes". Il est un acteur qui ne ressemble à aucun autre. Il a une présence unique et une capacité à nous transporter dans ses personnages. C'est un véritable artiste."

 

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RENCONTRES DANS LE TEMPS

11 Février 2025

 LUMIÈRE DE LUNE

Les saisons changent et mon cœur triste voudrait
Entendre à nouveau le chant doux de l’oiseau chanteur
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

Crépuscule, le jour s’en va, orchidées, coquelicots, Suzanne aux yeux noirs
La terre et le ciel se mélangent avec la chair & les os
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

L’air est épais et lourd le long du remblais
Où les oies ont volé dans la campagne
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

Oui, je prêche la paix et l’harmonie
Les bienfaits de la tranquillité
Mais je sais quand il est l’heure de frapper
Je te ferai traverser la rivière ma chérie
Tu n’as pas besoin de t’attarder ici
Je sais ce que tu aimes

Les nuages deviennent pourpres – les feuilles tombent
Les branches jettent une ombre sur la pierre
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

Les allées de cyprès, mascarades d’oiseaux & d’abeilles
Les pétales, roses et blancs, que le vent a dispersés
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

La mousse qui traîne et la lueur mystique
Floraisons pourpres douces comme la neige
Mes larmes vont jusqu’à la mer
Médecin, avocat, chef indien
Seul un voleur peut attraper un voleur
Pour qui sonne le glas, mon amour ? Pour toi & moi

Mon pouls est dans ma paume – les collines à pic
Des champs jaunis où les chênes tordus gémissent
Viendrais-tu avec moi sous la lumière de lune ?

Bob Dylan
Traduction: Frédéric-Yves Jeannet
Copyright © 2001 by Special Rider Music

(Diakritik)

 

CASPAR DAVID FRIEDRICH

CASPAR DAVID FRIEDRICH

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JOUR D'HIVER

10 Février 2025

JOUR D'HIVER

Pâle matin de Février

Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle
Viens, apaise notre querelle,
Je suis las de crier ;


Las d'avoir fait saigner pour elle
Plus d'un noir encrier...
Pâle matin de Février
Couleur de tourterelle.

     
Paul-Jean Toulet
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En ce temps-là

8 Février 2025

 

Rêvons ...avec Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu,( 18/01/1699-10/02/1755)

"A la mort de Louis XIV l’esprit de la philosophie des Lumières émerge peu à peu. « La Régence renoue avec la contestation de l’absolutisme, annonce les conflits à venir – c’est déjà 89 disait Michelet, et il avait raison ». Dans ce contexte, près de trente ans avant De l’esprit des lois, Montesquieu publie en 1721 dans l’anonymat à Amsterdam, les Lettres persanes, roman épistolaire qui conte le voyage à Paris de deux persans Usbek et Rica.

Dans une série de lettres devenues célèbres par l’utopie qu’elle développe, Usbek raconte à son ami Mirza comment deux familles de Troglodytes échappèrent aux fléaux qui s’abattirent sur ce peuple d’Arabie. Les rescapés animés par un sentiment de justice, enseignaient à leurs enfants les principes du partage en leur expliquant que l’égoïsme et la cupidité avaient été la cause des malheurs de leurs compatriotes :

« Ils leur faisaient surtout sentir que l’intérêt des particuliers se trouve toujours dans l’intérêt commun ; que vouloir s’en séparer, c’est vouloir se perdre ; que la vertu n’est point une chose qui doive nous coûter ; qu’il ne faut point la regarder comme un exercice pénible ; et que la justice pour autrui est une charité pour nous »

Ce nouveau peuple vivait heureux et en totale harmonie.

    André-Michel Berthoux

 

MONTESQUIEU( 1699-1755)

MONTESQUIEU( 1699-1755)

 
 
 
LETTRES PERSANES
LETTRE XIII.

 

USBEK AU MÊME.

 

"Je ne saurois assez te parler de la vertu des Troglodytes. Un d’eux disoit un jour : Mon père doit demain labourer son champ ; je me lèverai deux heures avant lui, et quand il ira à son champ, il le trouvera tout labouré.

Un autre disoit en lui-même : Il me semble que ma sœur a du goût pour un jeune Troglodyte de nos parents ; il faut que je parle à mon père, et que je le détermine à faire ce mariage.

On vint dire à un autre que des voleurs avoient enlevé son troupeau : J’en suis bien fâché, dit-il ; car il y avoit une génisse toute blanche que je voulois offrir aux dieux.

On entendait dire à un autre : Il faut que j’aille au temple remercier les dieux ; car mon frère, que mon père aime tant et que je chéris si fort, a recouvré la santé.

Ou bien : Il y a un champ qui touche celui de mon père, et ceux qui le cultivent sont tous les jours exposés aux ardeurs du soleil ; il faut que j’aille y planter deux arbres, afin que ces pauvres gens puissent aller quelquefois se reposer sous leur ombre.

Un jour que plusieurs Troglodytes étoient assemblés, un vieillard parla d’un jeune homme qu’il soupçonnoit d’avoir commis une mauvaise action, et lui en fit des reproches. Nous ne croyons pas qu’il ait commis ce crime, dirent les jeunes Troglodytes, mais, s’il l’a fait, puisse-t-il mourir le dernier de sa famille !

On vint dire à un Troglodyte que des étrangers avoient pillé sa maison, et avoient tout emporté. S’ils n’étoient pas injustes, répondit-il, je souhaiterois que les dieux leur en donnassent un plus long usage qu’à moi.

Tant de prospérités ne furent pas regardées sans envie : les peuples voisins s’assemblèrent ; et, sous un vain prétexte, ils résolurent d’enlever leurs troupeaux. Dès que cette résolution fut connue, les Troglodytes envoyèrent au-devant d’eux des ambassadeurs, qui leur parlèrent ainsi :

« Que vous ont fait les Troglodytes ? Ont-ils enlevé vos femmes, dérobé vos bestiaux, ravagé vos campagnes ? Non : nous sommes justes, et nous craignons les dieux. Que voulez-vous donc de nous ? Voulez-vous de la laine pour vous faire des habits ? voulez-vous du lait de nos troupeaux, ou des fruits de nos terres ? Posez bas les armes ; venez au milieu de nous, et nous vous donnerons de tout cela. Mais nous jurons, par ce qu’il y a de plus sacré, que, si vous entrez dans nos terres comme ennemis, nous vous regarderons comme un peuple injuste, et que nous vous traiterons comme des bêtes farouches. »

Ces paroles furent renvoyées avec mépris ; ces peuples sauvages entrèrent armés dans la terre des Troglodytes, qu’ils ne croyoient défendus que par leur innocence.

Mais ils étoient bien disposés à la défense. Ils avoient mis leurs femmes et leurs enfants au milieu d’eux. Ils furent étonnés de l’injustice de leurs ennemis, et non pas de leur nombre. Une ardeur nouvelle s’étoit emparée de leur cœur : l’un vouloit mourir pour son père, un autre pour sa femme et ses enfants, celui-ci pour ses frères, celui-là pour ses amis, tous pour le peuple troglodyte ; la place de celui qui expiroit étoit d’abord prise par un autre, qui, outre la cause commune, avoit encore une mort particulière à venger.

Tel fut le combat de l’injustice et de la vertu. Ces peuples lâches, qui ne cherchoient que le butin, n’eurent pas honte de fuir ; et ils cédèrent à la vertu des Troglodytes, même sans en être touchés."

D’Erzeron, le 9 de la lune de Gemmadi 2, 1711.
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UN SANG D'ENCRE

7 Février 2025

Photo Anny C Musée école Alain Fournier

Photo Anny C Musée école Alain Fournier

« CHAQUE MOT ÉCRIT EST UNE VICTOIRE CONTRE LA MORT »  Michel Butor

 

ÉCRIRE EST UN GESTE: "Du calame mésopotamien au style romain, de la calligraphie des premiers codex à la plume d’oie qu’aiguise avec son canif Rabelais, et dont Flaubert stocke 120 pour son voyage en Orient, et le Waterman cher à Lovecraft, et nos stylo-billes quatre couleurs. Et le fait majeur qu’aucun de ces outils, aucune de ces surrections techniques, n’est indépendante de son support, horizontal ou oblique, large ou minuscule, feuilles volantes ou cahiers, liasses et ainsi de suite, puisqu’on écrit à la craie sur des tableaux, on brode sur des tissus, on grave sur des pierres. On écrit à la plume, à la machine, à l’ordinateur…
Bref, il y a une archéologie de notre propre écriture." (François Bon)

 

Mon grain de sel :


VARIATIONS SUR LE GESTE D’ÉCRIRE:

En atelier d'écriture, nous avons laissé se réveiller notre mémoire pour qu'elle retrouve nos instruments, postures, gestes, couleurs, matières, encres et stylos... Ainsi a commencé à se dessiner des autoportraits d’ écrivants au fil du temps, montrant l’effort et le plaisir d'écrire, chacun des textes nous faisant voyager de l’enfance à aujourd’hui dans son sang d’encre.Nous avions peu de temps en fin de séance, mais j'ai senti que certains avaient envie de continuer, peut-être l'auront-ils fait chez eux...

Ainsi..."Je regarde le coussinet du majeur de ma main droite, témoin de mon geste d’écrire de droitière. Dans mon enfance, souvent il se colorait des couleurs de l’encre de mon stylo plume : tantôt violette, tantôt bleue, tantôt noire.Pourtant je suis née gauchère! L’époque en a choisi autrement, on m’a montré une photo où un joli ruban rose avait attaché ma main gauche pour qu’elle ne fasse pas le geste d’écrire! La bonne main étant la droite, elle a continué à suivre son chemin obligé. Moi, je ne me souviens pas de cette contrainte. Parfois on m’a dite maladroite! Tu parles! Bref, ce que je l’aimais ce coussinet en couleurs, comme j’avais parfois du mal à le faire disparaître sous le robinet d’eau chaude! Il était la trace de ma joie de tenir un stylo-plume dans ma main. Le stylo-plume, vrai cadeau précieux, avec sa plume au bout rond et doux qui glissait sur la page du cahier comme un flocon de neige sur la vitre de ma salle de classe en hiver. Il vint après le porte-plume, celui qui changeait de plume avec les saisons, une véritable sainte cette plume St Jean Major que je torturais de gauche à droite, l’aplatissais jusqu’aux  pâtés qui m’obligeaient à réécrire ma page avec application.Les plumes venaient des oiseaux qui chantaient sur les lignes horizontales du cahier du jour, avec sa marge verticale et les mots rouges de l’institutrice, ses notes, ses bémols." Anny C. (à suivre)

UN SANG D'ENCRE

Et aujourd'hui?
Je suis en train de lire:"Trésor caché"de Pascal Quignard et à la page 66, je lis:

"(...) Il y a aussi une odeur d'encre lancinante qui s'est perdue alors qu'elle traînait tellement dans l'enfance. Elle traîne dans les jours plus que celle de la craie qui ne s'accroche que peu de temps au gras des doigts.(...)

Elle traîne dans la vie. 

Une odeur de tanin et de fer que le bec d'acier de la plume, en s'écrasant sur la page du cahier, augmentait.

Elle peuplait le cartable.

Elle se mélangeait à une odeur de bois des crayons qu'on taille. Cette odeur persiste au fond de la trousse.Elle revient parfois-toute entière-au fond de la trousse de toilette qu'on emporte en voyage. A l'arrivée, quand on en tire la fermeture éclair dans la salle de bain de l'hôtel, qu'on examine si on a pris les médicaments, les sédatifs nécessaires, les pommades apaisantes, les sticks acoustiques qu'on installe sur le lavabo, dans la chambre qu'on ignore, elle est là. L'odeur délicieuse, un peu sale,collante,métallique, bleu nuit des doigts tachés de l'enfance.(...)" Pascal Quignard (Trésor caché P.66)

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PASSEUR

6 Février 2025

Paysage, Paul Klee

Paysage, Paul Klee

Tout acte créatif entraîne souvent cette question:

Comment tu fais ... ?

Voici ce que répondait  Paul Klee quand on lui demandait de parler de ses tableaux...

(...)

"Je ne puis me défendre d'une certaine appréhension en prenant la parole devant mes œuvres, qui devraient en réalité parler seules.(...)

Permettez-moi d'user d'une parabole, la parabole de l'arbre:

L'artiste se trouve aux prises avec ce monde multiforme et, supposons-le, s'y est à peu près retrouvé. Sans un bruit. Le voici suffisamment bien orienté et à même d'ordonner le flux des apparences et des expériences. Cette orientation dans les choses de la nature et de la vie, cet ordre avec ses embranchements et ses ramifications, je voudrais les comparer aux racines de l'arbre.

De cette région afflue vers l'artiste la sève qui le pénètre et qui pénètre ses yeux. L'artiste se trouve ainsi dans la situation du tronc.

Sous l'impression de ce courant qui l'assaille, il achemine dans l’œuvre les données de sa Vision.

Et comme tout le monde peut voir la ramure d'un arbre s'épanouir simultanément dans toutes les direc­tions, de même en est-il de l'œuvre.

Il ne vient à l'idée de personne d'exiger d'un arbre qu'il forme ses branches sur le modèle de ses racines. Chacun convient que le haut ne peut être un simple reflet du bas. Il est évident qu'à des fonctions différen­tes s'exerçant dans des ordres différents doivent corres­pondre de sérieuses dissemblances.

Ni serviteur soumis, ni maître absolu, mais simple­ment intermédiaire.

L'artiste occupe ainsi une place bien modeste. Il ne revendique pas la beauté de la ramure, elle a seulement passé par lui." (...)

PAUL KLEE

 

Le figuier, Klee

Le figuier, Klee

Cette parabole convient à toute création qui tient de la métamorphose dans une singulière alchimie que pourrait bien échapper à l'IA !

C'est mon grain de sel, et mon espoir...

Anny C.

« C’est une grande difficulté et une grande
nécessité de devoir recommencer à zéro. Je veux
être comme le nouveau-né, être presque primitif »
(Paul Klee, 1902)

 

BONNES ARBORESCENCES !

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HIBERNER

5 Février 2025

HIBERNER

"En lisière de Forêt noire, mon âme hiberne, se love en bouton de pivoine, le temps qu’il lui faudra pour s’épanouir, tel le jeune hérisson, telle la vieille tortue qui réapparaitront le premier jour du printemps. Ce matin, le jardin que je regarde n’est pas blanc comme neige, la gelée le poudre d’un autre blanc, plus léger, vaporeux, éphémère, presque rosé. L’heure se présente en blanc seing à traiter avec délicatesse. Le silence est premier. Pas un oiseau qui chante, pas une feuille qui tombe. Le temps s’est maquillé sous un voile de tulle transparent qui donne aux toiles d’araignées suspendues dans les haies des airs de crêpes déchirantes de la chandeleur.Un ballon, comme une fleur, est tombé au pied d’un jeune magnolia et donne au paysage un air familier. Ce jardin appartient donc à un enfant comme La vue de Delft appartient aux petits personnages qui marchent au premier plan du tableau, sur les berges de la Schie. Mais qui a vu le petit pan de mur jaune, avant Bergotte, avant Proust ? Dans ce jardin, le ballon me fait voir le paysage à hauteur d’enfant, comme Vermeer nous fait voir Delft à hauteur d’homme. Rien d’abstrait  « la vie est là, simple et tranquille » qui n’attend qu’un enfant pour faire bouger le puzzle de la vie et tout remettre en jeu."

 (Onde traversière, inédit, Anny C.)

 

 

Les hérissons de Schopenhauer, ouvrir le lien de cette fable et son clin

d’œil philosophique :

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IRRADIER D'HUMANITE

4 Février 2025

 

 

ZOOM SUR...

LOUISE DUPRE

Poète québécoise,

"Partager l'écriture est une audace partagée". 

IRRADIER D'HUMANITE

"La poète, romancière et professeure québécoise Louise Dupré (1949 - ) a enseigné pendant vingt ans la création littéraire à l’Université du Québec à Montréal. Membre de l’Académie des lettres du Québec, de la Société royale du Canada et de l’Ordre du Canada, elle a reçu à deux reprises le Grand Prix Québecor du Festival International de la Poésie et, à deux reprises aussi, le Prix de poésie du Gouverneur général. Traduite en une quinzaine de langues, sa poésie révèle un souffle et un lyrisme hors du commun, témoins d’une réflexion féconde sur l'intime et le politique. Louise Dupré nous montre que, même dans l’abîme de l’horreur, il est possible de trouver une voix réparatrice. En 2020, son recueil Plus haut que les flammes a fait l'objet d'un long métrage réalisé par Monique LeBlanc et produit par l'Office National du Film du Canada. Son dernier recueil, Exercices de joie, est paru en 2022 aux Éditions du Noroît à Montréal et aux Éditions Bruno Doucey à Paris."

=

" pour apaiser tes pleurs

et sans attendre
le moindre secours

tu lèves le regard
vers l'espérance de l'aube

et tu l'accueilles
dans ta paume"

"Si tu paies ta dette au malheur, n'oublie pas de la payer aussi au bonheur."

 

"malgré l’usure
de tes genoux
tu sais encore marcher

 

et tu resteras jusqu’au bout
une femme de désir

 

soulevant à chaque pas
la beauté
endormie sous la poussière

 

le désir est un horizon
debout"

 

IRRADIER D'HUMANITE

"Troisième recueil d’un triptyque sur les possibilités du poétique face à l’horreur et à la détresse (Plus haut que les flammes, 2010; La main hantée, 2016), Exercices de joie prend le risque de la tendresse en choisissant la douceur comme arme de combat. Dans une écriture fluide qui alterne entre prose et vers, les poèmes explorent la notion de joie, non seulement comme quête d’apaisement, mais comme responsabilité à l’égard des autres : le souci de leur apporter espérance. Or, cette joie impose une gymnastique mentale, elle repose sur des exercices qui témoignent du désir de s’élever au-delà de la douleur sans pourtant la nier, afin de demeurer à l’écoute du monde. Sans craindre la vulnérabilité d’une parole simple, la poète navigue en glissant constamment de l’âge adulte à l’enfance jusqu’au seuil de sa propre disparition. La joie comme faible clarté résiste à l’essoufflement : « écrire maigre / écrire pauvre » permet au poème de glaner autour de lui des parcelles de beauté et de voir surgir la lumière camouflée sous le noir."
 

« Tu dis joie en pensant catastrophe. Tu aperçois le ciel en flammes, les nuages calcinés, et des essaims d’oiseaux s’écrasant au sol, ou peut-être s’agit-il d’anges habitués à garder les enfants durant la nuit. Et pourtant, tu t’accroches à la joie, tu en fais l’effort comme on se donne un devoir de conscience, tu n’entends pas renoncer au cœur qui transforme en joyaux les cailloux du chemin, même si c’est pure lubie de femme qui refuse de regarder la réalité en face, suie, cendres, paysages de chagrin et de pitié. Tu dresses la liste des images bienveillantes que tu pourrais décrire, tu commences par l’eau des sources et tu en viens à l’eau des larmes. Les larmes, crois-tu, sont le nid de toutes les promesses. »

Exercices de joie de Louise Dupré, page 30, éditions du Noroît, 2022.

« Tu te méfies des phrases qui pourraient écraser la lumière »

SOULAGES. " La lumière camouflée dans le noir"

SOULAGES. " La lumière camouflée dans le noir"

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BOB DYLAN bien vivant

3 Février 2025

« Pour me comprendre, il faut aimer les puzzles » BOB DYLAN

 ( Alors, je dois le comprendre car j'ai aimé le biopic: "Le parfait inconnu" Anny C.)

 

Bob Dylan/Arthur Rimbaud

      ‘I is somebody else’

 

BOB DYLAN bien vivant

        The Times They Are A Changing
(Les Temps Sont En Train De Changer)

Come gather 'round people
Venez rassemblez-vous tous braves gens
Wherever you roam
D'où que vous veniez
And admit that the waters
Et admettez que les eaux
Around you have grown
Autour de vous ont monté
And accept it that soon
Et acceptez que bientôt
You'll be drenched to the bone.
Vous serez trempés jusqu'aux os
If your time to you
Si votre temps(1) pour vous
Is worth savin'
Vaut la peine d'être sauvé
Then you better start Swimmin'
Alors vous feriez mieux de vous mettre à nager
Or you'll sink like a stone
Ou vous coulerez comme une pierre
For the times they are a-changin'.
Car les temps sont en train de changer.

Come writers and critics
Venez écrivains et critiques
Who prophesize with your pen
Qui prophétisez avec votre stylo
And keep your eyes wide
Et gardez les yeux grands ouverts
The chance won't come again
L'occasion ne se représentera pas
And don't speak too soon
Et ne parlez pas trop tôt
For the wheel's still in spin
Car la roue n'a pas encore fini de tourner
And there's no tellin' who
Et il n'y a aucun moyen de dire qui
That it's namin'.
Elle va nommer.
For the loser now
Car le perdant d'aujourd'hui
Will be later to win
Sera le gagnant de demain
For the times they are a-changin'.
Car les temps sont en train de changer.

BOB DYLAN

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Un dimanche "interpellant"

2 Février 2025

"J'ai la douloureuse extase d'être de votre indifférence Souveraine,

le plus respectueux serviteur".  

Marcel Proust à Geneviève Strauss

Un dimanche "interpellant"
 
      Lien savoureux, "Du Snobisme au Phubbing"!
 
      (Sine nobilitate (Pascale Seys parle vite et donc fait une petite erreur d'étymologie pardonnée tant la chronique ne manque pas de sel! )
 
     
 
 
 
 
Voici le lien:
 
 
 
 
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