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Articles récents

Pauvres livres!

9 Octobre 2024

Peut-être connaissez-vous l'expression: LIVRE PAUVRE ?

Je l'ai découverte dimanche au musée de Sète qui célébrait les journées Paul Valéry. J'aime beaucoup ce musée qui côtoie le Cimetière marin et la tombe du poète.A l'occasion de ces journées, j'ai eu droit à un vrai commentaire de la salle Paul Valéry. A côté du tableau du poète peint par Vincent Bioulès dont on reconnaît la touche en fond:  3 bandes horizontales (  aplats bleu franc, turquoise et gris bleu pastel) rappelant son groupe Support/Surfaces, avec deux détails malicieux en lien avec le poème le plus connu du poète : une colombe-voilier qui danse et la vie qui part en fumée blanche de la cigarette, petits clins d' œil au poète qui passe pour être très "sérieux". Mais, si le maître était en effet sérieux, il y avait aussi en lui des mouvements passionnels qui le rendent très humain.

Paul Valéry/ Bioulès

Paul Valéry/ Bioulès

Dans un angle de la salle, se nichent des LIVRES PAUVRES. 

"Ce terme est répertorié : Un livre pauvre est une création poétique sur papier, manuscrite et illustrée. Son concept a été lancé par Daniel Leuwers en 2002, inspiré par les manuscrits enluminés de René Char, que Leuwers fréquentait dans sa jeunesse.

Leuwers le définit ainsi:

"L'appellation "livre pauvre" a évidemment de quoi irriter. Elle dérange d'autant plus qu'elle est doublement fausse. D'une part, il ne s'agit pas ici de livre mais d'une simple feuille de papier dont le format peut varier et qui obéit à plusieurs modes de pliage. Loin d'être un livre dont, assis, on tourne les pages, on a affaire à une page autour de laquelle on tourne, debout. D'autre part, la conjonction de l'écriture manuscrite et de l'illustration originale place d'emblée le livre pauvre au-dessus de la plupart des publications ordinaires.

La spécificité du livre pauvre réside dans le fait qu'il reste totalement "hors commerce". Il est destiné à être exposé et montré au plus large public possible. Le livre pauvre est, en quelque sorte, un ouvrage de bibliophilie qui se refuse aux bibliophiles! Il revendique à sa façon un idéal de pauvreté dont Charles Baudelaire a été le porteur visionnaire.
Certes, le mot "pauvre" porte aujourd'hui une connotation négative, dès lors qu'il est devenu de bon ton que les riches soient toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres..."
  Daniel Leuwers In Les très riches heures du livre pauvre. Gallimard, 2011

 

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En furetant dans les librairies...

7 Octobre 2024

"J'éprouve un bonheur toujours neuf à me rendre dans une librairie, à fureter, à happer quelques lignes d'un roman, survoler la page d'un essai, savourer un poème... Tant de rencontres se proposent, tant de voyager seraient possibles..."  Charles Juliet  (Le jour Baisse)

"J'éprouve un bonheur toujours neuf à me rendre dans une librairie, à fureter, à happer quelques lignes d'un roman, survoler la page d'un essai, savourer un poème... Tant de rencontres se proposent, tant de voyager seraient possibles..." Charles Juliet (Le jour Baisse)

 

 

En furetant, je rencontre ...des titres et ...

SAGAN qui avait l'art des titres...

  • Bonjour tristesse, Paris, Julliard, 1954
  • Un certain sourire, Paris, Julliard, 1956
  • Dans un mois, dans un an, Paris, Julliard, 1957
  • Aimez-vous Brahms..., Paris, Julliard, 1959
  • Les Merveilleux Nuages, Paris, Julliard, 1961
  • La Chamade, Paris, Julliard, 1965
  • Le Garde du cœur, Paris, Julliard, 1968
  • Un peu de soleil dans l'eau froide, Paris, Flammarion, 1969
  • Des bleus à l'âme, Paris, Flammarion, 1972
  • Un profil perdu, Paris, Flammarion, 1974
  • Le Lit défait, Paris, Flammarion, 1977
  • Le Chien couchant, Paris, Flammarion, 1980
  • La Femme fardée, Paris, coédition Jean-Jacques Pauvert & Ramsay, 1981
  • Un orage immobile, Paris, J.-J. Pauvert chez Julliard, 1983
  • De guerre lasse, Paris, Gallimard, 1985
  • Un sang d'aquarelle, Paris, Gallimard, 1987
  • La Laisse, Paris, Julliard, 1989
  • Les Faux-Fuyants, Paris, Julliard, 1991
  • Un chagrin de passage, Paris, Plon, 1993
  • Le Miroir égaré, Paris, Plon, 1996
  • Les Quatre Coins du cœur, Paris, Plon, 2019.
  •  
  • + Nouvelles, Pièces de théâtre,Mémoires, Correspondance...Journal et Entretiens....Chansons...Films..
J’étais allée à la plage déserte, à plat ventre sur une serviette éponge, la tête sous la tente et les jambes recroquevillées sur le sable froid, j’ouvris au hasard ce livre blanc nommé "Illuminations." Je fus foudroyée instantanément. Je découvris ce que j’aimais, et j’allais aimer par-dessus-tout pour le reste de mon existence."

J’étais allée à la plage déserte, à plat ventre sur une serviette éponge, la tête sous la tente et les jambes recroquevillées sur le sable froid, j’ouvris au hasard ce livre blanc nommé "Illuminations." Je fus foudroyée instantanément. Je découvris ce que j’aimais, et j’allais aimer par-dessus-tout pour le reste de mon existence."

« Oui, j’ai eu une vie de patachon.

   Mais de patachon travailleur » 

 

   Françoise Sagan.

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Dans le même bateau

6 Octobre 2024

RIMBAUD

MALLARMÉ

VALÉRY

 

 

"Peu de mois après la lecture de Mallarmé, je reçus le choc que peut communiquer aussi la connaissance alors foudroyante d’Arthur Rimbaud. Je fus comme intellectuellement bouleversé par l’apparition si soudaine sur mon horizon spirituel de ces deux phénomènes extraordinaires." 

PAUL VALERY (Propos me concernant)

 

Rimbaud/BNF

Rimbaud/BNF

"Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les cœurs s’éprennent !"

 

Arthur Rimbaud ( ext :Chanson de la plus haute tour)

Turner

Turner

Mariusz Lewandowski

Mariusz Lewandowski

"Le vent se lève ! … Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs !"

 

Paul Valéry  (Ext: le cimetière marin)

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Parti trop tôt

5 Octobre 2024

Doué, touchant, parti trop tôt

Doué, touchant, parti trop tôt

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Fourmi-dable

4 Octobre 2024

Fourmi-dable

Une fourmi et moi

Je ne fais pas une grande différence

Entre une fourmi et moi

Elle va, elle vient, et puis recommence

C'est pareil à chaque fois

Toute l'année, son fourbis, sa pitance

Elle va, elle vient, elle travaille en silence

Elle ne fume ni ne boit

Parcimonie, propreté, prévoyance

Probablement elle me trouve immense

A supposer qu'elle me voit


Je ne fais pas une grande différence

Entre une fourmi et moi

Elle va, elle vient, et puis recommence

Sans trop très bien savoir pourquoi

Pas de passion, même pas de romance

Elle ne rit, pas ni ne rêve, ni ne pense

Elle fait ce qu'elle doit

Activité, rendement, diligence

Elle ne sait pas ce que c'est que la souffrance

Ni ce que c'est que la joie


Tu ne fais pas une grande différence

Entre une fourmi et moi

A peine si tu soupçonnes mon existence

Et à peine si tu me vois

Je n'ai aucune espèce d'importance

J'pourrais très bien changer mon apparence

Aller vivre dans les bois


Et la fourmi, je lui fais confiance,

Pourrait tenir en toute compétence

Ma place auprès de toi


Tu ne fais pas une grande différence

Entre une fourmi et moi

Fourmi-dable
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RG CADOU/BERTIN

3 Octobre 2024

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Mon pays c'est ma langue

3 Octobre 2024

Mon pays c'est ma langue

Hier au soir, La grande librairie fêtait le français à la Cité internationale de la langue française qui accueillera demain 4 octobre le XIXe sommet de la Francophonie. 

Voici un rappel qui aurait dû être fait lors de l'émission:

 "L’ordonnance de Villers-Cotterêts est le plus ancien texte de loi encore en vigueur en France : elle a survécu à douze régimes successifs ! Mais de quoi s’agit-il, au juste ? En août 1539, François Ier signe au château royal de Villers-Cotterêts cette « ordonnance générale sur le fait de la justice ». Ses articles 110 et 111 imposent le français dans tous les actes à portée juridique de l’administration et de la justice du royaume: "Nous voulons d'oresnavant que tous arrests, ensemble toutes autres procédures, […] soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement."

L'émission a tâtonné jusqu'à prendre son envol avec la poète belge Lisette Lombé qui a dit, par coeur, (ce qui est de plus en plus rare) son poème extrait du recueil "BRÛLER,BRÛLER,BRÛLER". Il est vrai, ont dit les invités, que la poésie revit en temps de crise et que donc, en ce moment la poésie revit ! Je l'avais remarqué lors du Festival Voix Vives cet été, à Sète. J'avais constaté aussi que les poètes belges étaient particulièrement vivants. 

Écoutez - la dans ce slam qui pourrait introduire mon prochain atelier d'écriture:

https://youtu.be/98O66VV0fS4

Lors de l'émission, le puzzle fait des points de vue sur le FRANÇAIS fut conclu par un beau texte de JMG Le Clésio. Il y manquait cependant un pièce, une voix, celle de Pascal Quignard dans " Les Larmes" il célébrait une date hautement symbolique :

Le français possède une date de naissance. Le 14 février 842 à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve font un pacte qui partage l’empire de Charlemagne en trois parts égales: la Francie moyenne à Lothaire, la Francie occidentale à Charles le Chauve, la Francie orientale à Louis le Germanique. «L’Europe actuelle s’y lit déjà», note Pascal Quignard. Le serment est préparé en latin. Les deux rois croisent leur langue: Louis le Germanique jure en français devant les troupes de son frère; Charles le Chauve fait de même en allemand devant les soldats germains.Puis, les chefs des deux partis jurent à leur tour, chacun dans sa langue propre face à ses troupes, afin que tous comprennent. Nithard, le chroniqueur, notera les Serments de Strasbourg en trois langues, latin, allemand et français: c’est la première fois que du français est écrit.

«C’est la pierre de rosette trilingue de l’Europe», dit Pascal Quignard.

Extrait:

"Le 14 février 842, un vendredi, à la fin de la matinée, sur le bord de l'Ill, dans un froid terrible, sur les lèvres des soldats francs, quand ils ont à proclamer leurs serments, une étrange brume se lève. On a appelé cette brume le "français". Nithard, le premier a écrit le français. Je vais vous raconter l'histoire de Nithard et de son frère jumeau Hartnid."  Pascal.Quignard

 

 

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Le mystère des saisons

2 Octobre 2024

Monet/Automne à Giverny

Monet/Automne à Giverny

« En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles. 

Mes voisins vinrent les admirer et chacun me dit :

-Quand reviendra l’automne, la saison des semailles, nous donneras-tu des graines de ces fleurs afin que nous puissions les planter dans nos jardins?"

Khalil Gibran  (Le prophète)

Iris à Giverny /Monet

Iris à Giverny /Monet

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Dans les plis du jour

1 Octobre 2024

VIRGINIA CRUZ

VIRGINIA CRUZ

Dans les plis du jour

"Ce tableau est une oeuvre vivante connectée, inspirée, comme un travail de commande fictive, par l’histoire personnelle d’un homme, entrepreneur dans le vin, passionné par l’art : M. Bernard Magrez.

C’est un voyage à travers les siècles. J’ai travaillé à partir de la peinture sur soie japonaise Kasuga Deer Mandala et de la légende selon laquelle Takemikazuchi, le dieu du tonnerre, apparut en chevauchant un cerf blanc sur le mont Mikasa pour protéger la ville de Nara au Japon. Cette oeuvre source est un kakemono, encre, couleur et or sur soie, datant milieu du 14ème – milieu du 15ème siècle, au Japon. Je l’ai transformée, en y mêlant des éléments importants de la vie de cet homme. D’une toile de soie peinte à une toile numérique. D’une légende japonaise à l’histoire d’un homme au 21ème siècle. D’une image immobile à une représentation qui change sur trois cent soixante-cinq jours.

Dans ce tableau, différents éléments s’animent et changent, au cours de l’année.
Le soleil se déplace dans le ciel selon l’heure, dans un ciel influencé par la météo réelle.
Parfois des lumières s’allument derrière les fenêtres du château, en réaction à certains # sur Twitter.
Sur l’eau navigue une pinasse à voile, qui lève l’ancre au moment de la floraison des vignes et vogue vers le bord droit, qu’elle atteint au moment des vendanges, suivant le proverbe des cent jours écoulés entre ces deux moments.
Chaque heure est marquée par l’apparition, pendant cinq minutes, de la devise personnelle de cet homme «Jamais Renoncer», comme un mantra.
Le cerf est ici un animal magique. Sa ramure est un pied de vigne qui verdit, fleurit et développe ses grappes au cours de l’année, suivant le cycle naturel de la vigne.

Dans cette oeuvre, je me suis fondue dans l’univers de l’oeuvre source pour y mêler les éléments d’une autre histoire.
J’ai travaillé la lumière, les textures, les couleurs et les proportions pour qu’une fois le tableau encadré, la magie opère : au premier abord, il est perçu comme une peinture, avec la réminiscence d’un vitrail ou d’un tableau rétroéclairé. Puis lorsque certains éléments changent ou s’animent, il prend vie.

J’ai exploré un numérique qui puise son esthétique dans la peinture ancienne, un numérique contemplatif relié à la vie réelle et au cycle de la nature, lent et doux dans sa présence.

VIRGINIA CRUZ

https://www.virginiacruz.com/portfolio/jamaisrenoncer/ 

 

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Sur le geste de l'attention

30 Septembre 2024

ARTHUR TEBOUL

ARTHUR TEBOUL

À Bobin

Un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité, dit le sage.

Je pense à toi, la nuit est claire, c’est déjà le début de l’hiver, quelque chose scintille dans un coin.

Clarté diffuse qui ressemble à un sourire doré. Lumière et sourire sont de la même étoffe pour qui sait toucher.

Les oiseaux libres, les arbres sans maîtres, ce qui est offert sans qu’on le possède tu savais le toucher. Le cueillir et le montrer. L’accueillir serait plus juste, pour ne pas déraciner. Ne jamais déraciner. La fleur. Mais la noirceur, la prédation, patiemment, tu pouvais. Creuser la terre avec force et tranquillité, avec certitude.

Une fois, ta voix a dit les mots qui soignent, tes mots, et j’ai compris quelque chose de plus qu’en te lisant.

Le calme des profondeurs sonne parfois comme un rire.

Crépite l’or niché au fond de l’âme, quand les simples mots de tes formules magiques emplissent le puits.

Dans le puits, il y avait aussi une ombre de tragique, une permanente peine passagère. Comme est permanente et passagère l’eau de la rivière. L’ombre d’une rivière de peine traversait ta voix.

Le clapotis de la rivière de peine chantait lointainement dans ta voix. Parfois, ce chant se confondait avec le rire du fond du puits qui nous parvenait dans tes mots.

Parfois, pourtant, c’était un autre chant, plaintif, mais si lointain dans ta voix qu’on l’aurait dit venu de trois ou quatre rues plus loin.

J’aimais aussi ce lit triste où s’endormait ta voix. 

 

Arthur Téboul / "Le déversoir"

 

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