Poete: Werner Lambersy
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Je ne pleure pas
Sur le massacre des derniers Néanderthals Par un parti de Cromagnons ./. Ni sur les morts de Marignan De la Marne D'Hiroshima ou des fascismes Je ne pleure plus Trop de larmes déjà Trop de temps a passé dessus Mais je meurs De chagrin lentement sûrement A petit feu Comme celui qui Chaque jour Boit à une source empoisonnée Parce que ça dure Du Cambodge au Rwanda Et d'une Jérusalem à une autre Et des tours de New York A la gare de Madrid Parce qu'on n'a rien appris ni Compris pourquoi Ceux qui tuent croient toujours Qu'il n'y avait Rien d'autre à faire Pour le bonheur des hommes Ou la gloire d'un dieu Qui sont deux choses Dont nous ne saurons jamais rien Sauf qu'entre temps On a tué la terre pour de l'argent WERNER LAMBERSY
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LILI FRIKH
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Arrêt aux pages : Lili Frikh, Un mot sans l'autre - Partie 2 - FM-plus
Nathalie Bouly reçoit l'autrice Lili Frikh pour son roman Un mot sans l'autre. Emission en 2 partie. "Un mot sans l'autre est un dialogue e...
https://www.radiofmplus.org/arret-aux-pages-lili-frikh-un-mot-sans-lautre-partie-2/
VOIX VIVES, SETE
Lever 14 heures du matin, ( jamais avant, dit Sapho, en ajustant ses lunettes). La poésie envahit le quotidien. Elle tient lieu de nourriture. Avec le bleu. Celui du ciel et celui de la mer. Des bleus avec des mots , ceux qui tombent juste.
Ici, à "Voix Vives" de Sète, les poètes de la méditerranée disent la Paix.
"Et tandis que filent
les nuages couleur de vent
tandis que brise évanescente
peigne les grands arbres
mon aujourd'hui
n'est pas ton aujourd'hui
celui de chacun
de milliards d'autres
combien d'aujourd'hui en un ?"
Sapho
Un jardin d’été
"Il y a quelques semaines, j’ai découvert une photo de ma mère
Assise au soleil, son visage rougi comme à la suite d’une réussite ou d’un succès.
Le soleil brillait. Les chiens
dormaient à ses pieds où le temps dormait aussi,
calme et immobile comme dans toutes les photographies.
J’ai essuyé la poussière du visage de ma mère.
En effet, la poussière recouvrait tout ; cela ressemblait à la persistante brume de nostalgie qui protège toutes les reliques de l’enfance.
En arrière-plan, un assortiment de meubles de parc, d’arbres et d’arbustes.
Le soleil se déplaçait plus bas dans le ciel, les ombres s’allongeaient et s’assombrissaient.
Plus j’enlevais de poussière, plus ces ombres grandissaient.
L’été est arrivé. Les enfants
se penchaient sur le massif de roses, leurs ombres
se fondant avec l’ombre des roses.
LOUISE GLUCK, prix Nobel de littérature.
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