Confidence pour confidence
Confidence pour confidence...
" J'ai toujours pensé qu'il y avait des familles sur la terre, en plus de ceux qui partagent votre sang et votre enfance, il y a aussi les familles du hasard, ceux que l'on reconnaît confusément comme étant son parent, son pair, son ami, son amant, comme ayant été injustement séparé de vous pendant des siècles que vous avez peut-être partagés sans vous connaître. Ça n'est pas ce qu'on appelle la famille de l'esprit ni celle des corps, c'est une parenté faite de silences, de regards, de gestes, de rires et de colères retenus, ceux qui se choquent ou s'amusent des mêmes choses que vous. Contrairement à ce qui se dit, ce n'est pas pendant la jeunesse qu'on les rencontre le plus souvent mais plus tard, quand l'ambition de plaire est remplacée par l'ambition de partager."
Françoise Sagan
ENTRELACS
"Votre âme ira l
Longtemps se loger dans des têtes
Tout occupées de poésie
On y donne souvent de somptueuses fêtes,
Les invités ne sont choisis
Que parmi ceux qui croient aux fables des poètes…
Croyez-y, mortels, croyez-y ! » (GLPR)
"Le réenchantement du monde, le fardeau de la conscience, l’amour vainqueur, l’attention à la nature et à l’enfance entrelacés, comme à ces êtres fragiles qu’on voit grandir auprès de soi sans oser les toucher : le coquelicot, le mimosa, une branche qui tombe en automne, la première bourrasque de l’hiver, l’enfant qui fait ses premiers pas et en qui l’humanité s’approfondit comme une ombre…
Dans les alexandrins de Grégoire Leprince-Ringuet, le comédien déploie une langue qui mêle conceptualité et émotion poétique à pleines brassées." (Maison de la poésie)
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Les Entrelacs, lecture musicale (extraits)
À l'occasion de la parution du premier recueil de poèmes Les Entrelacs de l'acteur, cinéaste et poète Grégoire Leprince-Ringuet, aux éditions La Rumeur Libre, nous avons conçu une lecture mu...
CE CRI...
Ce cri,
L’enfant seul sur la plage cherche sa mère,
Son cri de détresse arrache le cœur.
Elle l’entend, elle se baignait!
- Où t’étais? T’ aurais pu me prévenir, quand - même!
L’adulte a cinq ans." Anny C.
A celles et ceux qui...
Le charme de la poésie
avec...RYOKAN ( moine ermite japonais du 19e siècle. Il est considéré aujourd'hui par les Japonais comme un saint. C'était un moine sans monastère, qui s'en allait dès qu'il commençait à réussir quelque part. Il remettait tout à plat pour sentir la vie, le temps qui passe. Il est connu pour avoir composé des poèmes zen fondés sur le quotidien de sa vie d’ermite, mais on connaît peu chez nous la profondeur de ses enseignements bouddhistes. Sa maîtrise des poésies chinoise (kanshi) ou japonaise (waka) lui ont permis de produire plus de mille quatre cent quarante poèmes longs et courts (tanka) et de " haiku")
"Pivoines sauvage,
aujourd'hui dans la plénitude de leur floraison,
trop précieuses pour qu'on les cueille,
trop précieuses pour qu'on ne les cueille pas"
"J'habite dans une forêt profonde
d’ année en année poussent les lianes vertes
en outre nulle affaire des hommes ne vient me harceler
de temps à autre j’entends un bûcheron chanter
au soleil je rapièce ma robe de moine
sous la lune je lis des poèmes
j’aimerais dire aux hommes de ce monde
que pour être à l’aise on n’a pas besoin de beaucoup"
Avec ce talent - là
Poète Belge et Metteur en scène
Entendu à Sète au festival de poésie Voix Vives
Ecoutez- le, il est la vie même !
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APPELLE-MOI POÉSIE - SAISON 4 | AURÉLIEN DONY
SAISON 4 - ÉPISODE 1 ] 🟠 AURÉLIEN DONY 🟠 🟠 PARTENAIRES 🟠 Une coproduction In The Cut et Appelle-Moi Poésie En association avec Maelstrom Studios Avec la participation de TV5MONDE Ave...
"Le poème fait feu des brindilles de nos pertes
Et nous recommençons
Le corps offert
À qui le prendrait"
C'est la contrainte qui donne la forme
"La contrainte est définie comme une “obligation librement choisie.” Il ne s’agit donc pas d’une gêne, pas d’une restriction non consentie, pas d’un empêchement.
Et en effet, ce qu’il faut souligner tout d’abord, c’est que la contrainte libèrel’imagination."
Régine Detambel
JOUONS UN PEU
OULIPO signifie ‘ouvroir de littérature potentielle’. Il s’agit d’un groupe international constitué de mathématiciens et de littéraires qui n’est, au dire de ses membres, ni un mouvement littéraire, ni un séminaire scientifique, ni un laboratoire d’écriture aléatoire. Créé en 1960 par le mathématicien Le Lyonnais et par l’écrivain Raymond Queneau, OULIPO réfléchit avant tout sur la notion de contrainte afin de produire de nouvelles structures encourageant à la création. Beaucoup d’ateliers d’initiation à l’écriture s’appuient ainsi sur OULIPO pour faire découvrir de nouvelles techniques (ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de PluMe, même s’il nous arrive d’évoquer la question.) Ceci donne des jeux de mots assez ludiques.
Voici une contrainte parmi les plus célèbres : (amusez-vous à en faire autant, choisissez un poème et ouvrez un dictionnaire, à chaque substantif du poème, trouvez le septième substantif rencontré après lui et remplacez celui de l'auteur par celui-ci )
« L’Étranger » de Baudelaire
L'étranger
— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !
Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869
devient ...
« L’étreinte » :
– Qui aimes-tu le mieux, homochromie ennéagonale, dis ? ta perfection, ton mérinos, ta soif ou ton frétillement ?
– Je n’ai ni perfection, ni mérinos, ni soif, ni frétillement.
– Tes amidons ?
– Vous vous servez là d’un paros dont la sensiblerie m’est restée jusqu’à ce jouteur inconnue.
– Ton patron ?
– J’ignore sous quel laudanum il est situé.
– Le bécard ?
– Je l’aimerais volontiers, défaut et immortel.
– L’orangeade ?
– Je la hais, comme vous haïssez Différenciation.
– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étreinte ?
– J’aime les nucléarisations… les nucléarisations qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleuses nucléarisations !
Renrée littéraire
"Qui aime Yourcenar, la Grèce, l’amour, la littérature et l’intelligence ne peut faire l’économie de ce livre. Christophe Bigot, 48 ans, normalien, agrégé de Lettres modernes, professeur de khâgne, est surtout un bel écrivain, que nous découvrons grâce à Yourcenar (c’est son 7ème livre) et que nous sommes heureux de saluer ici, même brièvement. On a lu. On a aimé. On dit merci. La littérature a, aussi, à voir avec la gratitude."
(Le causeur)
Extrait:
"Vers minuit, Jerry toque à la porte de Marguerite. Il grelotte.
« Je n’arrive pas à dormir. »
Elle lui fait signe d’approcher et le prend dans ses bras.
« Doucement, geint-il. J’ai mal.– Où avez-vous mal ?– Partout. La peau. »
Elle songe à cette sensibilité douloureuse de l’épiderme, pendant l’état grippal.
« Retirez ce pyjama, il est trempé.– Non !– Mais pourquoi ? Le tissu mouillé vous blesse ! »
Elle commence à défaire les boutons du pyjama. Aussitôt, elle aperçoit l’ampleur du désastre.
Des marbrures rouges, brunâtres, violacées, sur tout le tronc.
« Qu’est-ce que c’est ?– Vous voyez bien.– Est-ce lui qui vous a fait ça ? »
Jerry enfonce son visage dans le cou de Marguerite et se remet à pleurer"
(Les dialogues crépitent, d’une intelligence et d’une sensibilité rares : tout sonne vrai, constamment subtil. L’œuvre et la vie de Yourcenar sont fréquemment évoquées : c’est bien sûr beaucoup plus que « l’histoire d’amour de Marguerite et Jerry » – même si celle-ci est très signifiante (et terrible).)(Le causeur)
Au tournant des années 1980, tous les yeux sont rivés sur Marguerite Yourcenar, l’autrice des Mémoires d’Hadrien. Pourtant, que sait-on d’elle ? Qu’elle vit aux États-Unis, qu’elle vient de perdre sa compagne, l’Américaine Grace Frick… À près de soixante-seize ans, Yourcenar semble ne plus rien avoir à attendre de la vie. La rencontre de Jerry Wilson va tout changer. Avec ce photographe américain homosexuel âgé de trente ans commence alors un roman d’amour aussi inattendu que destructeur. On connaissait le dernier amour de Marguerite Duras (Yann Andréa) ; c’est celui de Marguerite Yourcenar que Christophe Bigot exhume en cette rentrée. Un amour hors normes sur lequel le VIH va venir jeter son ombre." (La maison de la poésie)
« Je ne suis jamais en état d’indifférence mais, je le sais, ma voix et mes attitudes plaident contre moi. J’ai une certaine aptitude à poser les mots et à relever la tête. Vieux réflexe de vieille dame qui s’est forgée une carapace, d’une lectrice de toujours qui vit avec des fantômes. Je vous semble peut-être étrangère au quotidien et réfugiée dans une forme de superbe. Pourtant, je suis sensible au Rien et au Tout. Sans doute me faut-il revenir à mon cher Zénon, dans l’Oeuvre au Noir, que je considère comme mon meilleur roman : Je suis un, mais des multitudes sont en moi. Accordez-moi la possibilité de m’égarer »
Marguerite Yourcenar
Au jour le jour...
Et tandis que filent...
Les nuages couleur de vent
tandis que brise évanescente
peigne les grands arbres
mon aujourd'hui
n'est pas ton aujourd'hui
celui de chacun
de milliards d'autres
combien d'aujourd'hui en un ? "
Sapho
Sous le même auvent
La vie pulse
Pulse en mon coeur
Pulse en ton coeur
Anny C.
"L’amitié qui parvient à s’interdire les patrouilles malavisées auprès d’autrui, quand l’âme d’autrui a besoin d’absence et de mouvement lointain, est la seule à contenir un germe d’immortalité. C’est elle qui admet sans maléfices l’inexplicable dans les relations humaines, en respecte le malaise passager. Dans la constance des cœurs expérimentés, l’amitié ne fait le guet ni n’inquisitionne. Deux hirondelles, tantôt silencieuses, tantôt loquaces, se partagent l’infini du ciel et le même auvent."
René Char le 18 octobre 1957 (Lettre à Albert Camus)
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