Un jardin d’été
"Il y a quelques semaines, j’ai découvert une photo de ma mère
Assise au soleil, son visage rougi comme à la suite d’une réussite ou d’un succès.
Le soleil brillait. Les chiens
dormaient à ses pieds où le temps dormait aussi,
calme et immobile comme dans toutes les photographies.
J’ai essuyé la poussière du visage de ma mère.
En effet, la poussière recouvrait tout ; cela ressemblait à la persistante brume de nostalgie qui protège toutes les reliques de l’enfance.
En arrière-plan, un assortiment de meubles de parc, d’arbres et d’arbustes.
Le soleil se déplaçait plus bas dans le ciel, les ombres s’allongeaient et s’assombrissaient.
Plus j’enlevais de poussière, plus ces ombres grandissaient.
L’été est arrivé. Les enfants
se penchaient sur le massif de roses, leurs ombres
se fondant avec l’ombre des roses.
LOUISE GLUCK, prix Nobel de littérature.
Pour toi, mon amour,
"J’aimais te voir venir
T’écouter dire
Tu es devenu Mémoire
Paysage-Visage d’amour sans fin
In the mood for love…
Melancholia
Je t’aime en valse mauve
Tu me danses
Sortilège
Étreinte douce
La musique serre le cœur
Ombres cuivre
Sur le sable
Nos empreintes s’effacent
Là-bas
Ça pirouette au tympan des rochers
Et la musique à claire voix"
Anny C.
A ta mémoire , maman
"Tes pas trébuchent sur le tapis de feuilles mortes
Avec précaution tu tiens ma main
Tu n'as jamais de si près rasé la terre
Tu trembles dans tes pas
Chacun d'eux te ramène en arrière
Au temps de tes yeux primevères et de tes robes
Tu m'en parles
Mon cœur s'écorce vive
Les arbres de l'allée nous écoutent
Tiens
Une nouvelle feuille se meurt
Brune
Elle se pose à tes pieds
Papillon platane du soir
L'air est lent
L'espace court
La promenade rentre à la maison
Celle que tu as voulue pour toujours
La tienne."
Anny C.
TOURNESOL SOUTRA (extrait)
"- Nous ne sommes pas notre peau de crasse, nous ne sommes pas notre
locomotive effrayante et lugubre sans image, nous sommes tous au-dedans
de beaux tournesols dorés, bénis de notre propre semence & des corps-
accomplissements beaux nus dorés poilus qui grandissent en tournesols fous
noirs et formels dans le crépuscule, épiés par nos yeux dans l’ombre de la folle
locomotive berge de rivière crépuscule Frisco collines boîtes en fer-blanc
vision assise du soir."
Berkeley, 1955
Traduit de l’anglais par Robert Cordier et Jean-Jacques Lebel
In, Allen Ginsberg : « Howl and other poems»
Christian Bourgois éditeur, 2005
Un jour d'été
Anny C.
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