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Articles récents

C'est la contrainte qui donne la forme

7 Septembre 2024

Colonnes Daniel Buren

Colonnes Daniel Buren

"La contrainte est définie comme une “obligation librement choisie.” Il ne s’agit donc pas d’une gêne, pas d’une restriction non consentie, pas d’un empêchement.

Et en effet, ce qu’il faut souligner tout d’abord, c’est que la contrainte libèrel’imagination." 

 

Régine Detambel

JOUONS UN PEU

OULIPO signifie ‘ouvroir de littérature potentielle’. Il s’agit d’un groupe international constitué de mathématiciens et de littéraires qui n’est, au dire de ses membres, ni un mouvement littéraire, ni un séminaire scientifique, ni un laboratoire d’écriture aléatoire. Créé en 1960 par le mathématicien Le Lyonnais et par l’écrivain Raymond Queneau, OULIPO réfléchit avant tout sur la notion de contrainte afin de produire de nouvelles structures encourageant à la création. Beaucoup d’ateliers d’initiation à l’écriture s’appuient ainsi sur OULIPO pour faire découvrir de nouvelles techniques (ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de PluMe, même s’il nous arrive d’évoquer la question.) Ceci donne des jeux de mots assez ludiques.

Voici une contrainte parmi les plus célèbres : (amusez-vous à en faire autant, choisissez un poème  et ouvrez un dictionnaire, à chaque substantif du poème, trouvez le septième substantif rencontré après lui et remplacez celui de l'auteur par celui-ci  )

 

« L’Étranger » de Baudelaire

L'étranger

— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

 

 devient ...

 « L’étreinte » :
– Qui aimes-tu le mieux, homochromie ennéagonale, dis ? ta perfection, ton mérinos, ta soif ou ton frétillement ?
– Je n’ai ni perfection, ni mérinos, ni soif, ni frétillement.
– Tes amidons ?
– Vous vous servez là d’un paros dont la sensiblerie m’est restée jusqu’à ce jouteur inconnue.
– Ton patron ?
– J’ignore sous quel laudanum il est situé.
– Le bécard ?
– Je l’aimerais volontiers, défaut et immortel.
– L’orangeade ?
– Je la hais, comme vous haïssez Différenciation.
– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étreinte ?
– J’aime les nucléarisations… les nucléarisations qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleuses nucléarisations !

 


 

 

C'est la contrainte qui donne la forme
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Renrée littéraire

6 Septembre 2024

Renrée littéraire

"Qui aime Yourcenar, la Grèce, l’amour, la littérature et l’intelligence ne peut faire l’économie de ce livre. Christophe Bigot, 48 ans, normalien, agrégé de Lettres modernes, professeur de khâgne, est surtout un bel écrivain, que nous découvrons grâce à Yourcenar (c’est son 7ème livre) et que nous sommes heureux de saluer ici, même brièvement. On a lu. On a aimé. On dit merci. La littérature a, aussi, à voir avec la gratitude."

(Le causeur)

Renrée littéraire

 

Extrait:

 

"Vers minuit, Jerry toque à la porte de Marguerite. Il grelotte.

« Je n’arrive pas à dormir. »

Elle lui fait signe d’approcher et le prend dans ses bras.

« Doucement, geint-il. J’ai mal.– Où avez-vous mal ?– Partout. La peau. »

Elle songe à cette sensibilité douloureuse de l’épiderme, pendant l’état grippal.

« Retirez ce pyjama, il est trempé.– Non !– Mais pourquoi ? Le tissu mouillé vous blesse ! »

Elle commence à défaire les boutons du pyjama. Aussitôt, elle aperçoit l’ampleur du désastre.

Des marbrures rouges, brunâtres, violacées, sur tout le tronc.

« Qu’est-ce que c’est ?– Vous voyez bien.– Est-ce lui qui vous a fait ça ? »

Jerry enfonce son visage dans le cou de Marguerite et se remet à pleurer"

 

(Les dialogues crépitent, d’une intelligence et d’une sensibilité rares : tout sonne vrai, constamment subtil. L’œuvre et la vie de Yourcenar sont fréquemment évoquées : c’est bien sûr beaucoup plus que « l’histoire d’amour de Marguerite et Jerry » – même si celle-ci est très signifiante (et terrible).)(Le causeur)

 

 

Au tournant des années 1980, tous les yeux sont rivés sur Marguerite Yourcenar, l’autrice des Mémoires d’Hadrien. Pourtant, que sait-on d’elle ? Qu’elle vit aux États-Unis, qu’elle vient de perdre sa compagne, l’Américaine Grace Frick… À près de soixante-seize ans, Yourcenar semble ne plus rien avoir à attendre de la vie. La rencontre de Jerry Wilson va tout changer. Avec ce photographe américain homosexuel âgé de trente ans commence alors un roman d’amour aussi inattendu que destructeur. On connaissait le dernier amour de Marguerite Duras (Yann Andréa) ; c’est celui de Marguerite Yourcenar que Christophe Bigot exhume en cette rentrée. Un amour hors normes sur lequel le VIH va venir jeter son ombre." (La maison de la poésie)

«  Je ne suis jamais en état d’indifférence mais, je le sais, ma voix et mes attitudes plaident contre moi. J’ai une certaine aptitude à poser les mots et à relever la tête. Vieux réflexe de vieille dame qui s’est forgée une carapace, d’une lectrice de toujours qui vit avec des fantômes. Je vous semble peut-être étrangère au quotidien et réfugiée dans une forme de superbe. Pourtant, je suis sensible au Rien et au Tout. Sans doute me faut-il revenir à mon cher Zénon, dans l’Oeuvre au Noir, que je considère comme mon meilleur roman : Je suis un, mais des multitudes sont en moi. Accordez-moi la possibilité de m’égarer »

Marguerite Yourcenar

 

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Au jour le jour...

5 Septembre 2024

Et tandis que filent...

Les nuages couleur de vent
tandis que brise évanescente
peigne les grands arbres


mon aujourd'hui
n'est pas ton aujourd'hui

celui de chacun
de milliards d'autres

combien d'aujourd'hui en un ? "

Sapho

Au jour le jour...
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Sous le même auvent

4 Septembre 2024

La vie pulse       

Pulse en mon coeur

Pulse en ton coeur

 

Anny C.

 

 

Sous le même auvent

"L’amitié qui parvient à s’interdire les patrouilles malavisées auprès d’autrui, quand l’âme d’autrui a besoin d’absence et de mouvement lointain, est la seule à contenir un germe d’immortalité. C’est elle qui admet sans maléfices l’inexplicable dans les relations humaines, en respecte le malaise passager. Dans la constance des cœurs expérimentés, l’amitié ne fait le guet ni n’inquisitionne. Deux hirondelles, tantôt silencieuses, tantôt loquaces, se partagent l’infini du ciel et le même auvent."

 

René Char le 18 octobre 1957 (Lettre à Albert Camus)

 

 

Sous le même auvent

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PASSE LE TEMPS

3 Septembre 2024

     03/09/24

 

247e jour de l'année
119 jours restants
36e semaine

Sur l'éphéméride, 

    le métronome bat la mesure,

          le diapason donne son la.

 

PASSE LE TEMPS
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L'inflexion des voix chères qui se sont tues

2 Septembre 2024

St Guilhem le désert

St Guilhem le désert

" Ecrire c'est demander de l'aide

  Parler c'est demander de l'aide

  Aimer c'est demander de l'aide

  Prier c'est demander de l'aide,

  A la recherche d'un écho dans la nuit."

 

  Christian Bobin

(La nuit du coeur)

 

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Envol

1 Septembre 2024

Léonard de Vinci

Léonard de Vinci

 

 

« Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde. » 

 

Albert Camus
 

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Catherine Ribeiro et sa voix en allées

24 Août 2024

Catherine Ribeiro  et sa voix en allées

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ARI BOULOGNE/ "DELON"

23 Août 2024

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Libération

21 Août 2024

"Ô vous que rafraîchit l’orage, la force vive et l’idée neuve rafraîchiront votre couche de vivants, l’odeur fétide du malheur n’infectera plus le linge de vos femmes."

 

St John Perse (Vents)

Photo Anny C.

Photo Anny C.

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