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annycejourd'hui etc.
Articles récents

Entre deux tours, entre guillemets.

5 Juillet 2024

"Qu'une nation ne fasse aucun effort, si elle veut, pour son bonheur, mais qu'elle ne travaille pas elle-même à sa ruine."

Discours de la servitude volontaire

  Étienne de La Boétie

Étienne de La Boétie

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Entre deux tours , recours au poème

3 Juillet 2024

Robert Desnos, poète surréaliste et résistant français, né le dans le 11e arrondissement de Paris et mort du typhus le au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, un mois après sa libération par l'Armée rouge le dernier jour de la guerre.

 Entre deux tours , recours au poème
Demain

 

Âgé de cent mille ans, j'aurais encor la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.

 

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

 

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent."

 Entre deux tours , recours au poème

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Entre deux tours , une vraie pensée

2 Juillet 2024

Une pensée à ne pas trahir

 Entre deux tours , une vraie pensée

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Entre deux tours, un tour de chant !

1 Juillet 2024

Entre deux tours, un tour de chant !
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J'te racont'pas!

30 Juin 2024

AMOUR,LIBERTE,VERITE

IL Y A 80 ANS!

IL Y A 80 ANS!

" «La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune», 1791 via Olympe de Gouges-Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne,article 10

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Cet autre noir

29 Juin 2024

Braque disait : « L’art est une blessure qui devient lumière ».

BAO VUONG

BAO VUONG

Bao Vuong est né dans le delta du Mékong, au sud du Vietnam à la fin des années 1970. Une nuit, alors qu’il n’avait qu’un an, ses parents décident de fuir par la mer ce pays encore meurtri par la guerre. Comme des milliers de boat-people, sa famille et lui ont vogué de camps de réfugiés en camps de réfugiés avant de trouver enfin un pays d’accueil. Bao a ainsi grandi en France, et a fait ses études supérieures en écoles d’arts où il obtient le DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques) à Toulon et le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expressions Plastiques) à Avignon. En 2015, il rentre dans son pays natal pour travailler en tant qu’artiste plasticien. Après plusieurs expositions personnelles au Viêt Nam, Bao décide de retourner en France, pour faire connaître son travail, son histoire et rappeler les drames des migrants passés, présents et à venir.

 

"Je suis arrivé au noir avec le goudron. A un moment, j’ai fait des portraits de noyés,(boat peaple) notamment certains portraits de noyés la nuit. En les reprenant des années plus tard, je me suis interrogé sur ce que j’aimais ou non dans ces toiles. Je trouvais que le plus intéressant, c’était les vagues uniquement noires que j’avais peintes. Qui plus est, le geste du pinceau pour peindre ces vagues me plaisait. La même nuit, je n’ai pas réussi à dormir, et j’ai réalisé le potentiel de création que j’avais là, à disposition : il m’était possible de créer un paysage avec une seule couleur ! Le lendemain, je me réveille, et je me dis : « Ah mince, Pierre Soulages l’a déjà fait ». Mon excitation est donc très vite retombée. Ce n’est qu’après coup que je me suis rendu compte que Pierre Soulages faisait de l’abstraction. Il ne voulait rien raconter d’autre que la beauté du noir, quand moi je m’inscrivais davantage dans une démarche réaliste, figurative. Je reproduis des vagues, des nuages. Ce sont deux propos très différents. Évidemment, Soulages a été un précurseur et il est difficile de créer quelque chose de strictement nouveau ex-nihilo. Nous ne sommes jamais que les héritiers de ceux qui sont venus avant nous, mais on essaye de faire les choses un peu différemment." BAO VUONG

Cet autre noir

"Il m’arrive d’utiliser le mot d’« égrégore » à propos de mon travail, ce qui signifie un esprit de groupe, une sorte d’agrégation des intentions dans un but donné, qui a un sens assez proche de l’idée d’inconscient collectif et relève un peu de l’occultisme. Je suis quelqu’un d’assez spirituel, et il m’arrive de penser que ma main ou mes actes sont guidés.  Quand je peins des vagues, j’ai même la sensation que mon poignet peint tout seul et que plusieurs personnes, ou plusieurs esprits, tapis dans l’ombre, l’encouragent et dictent la nature de ce que sera la toile, qui se révèle à moi au fur et à mesure."

Bao Vuong

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SUD

28 Juin 2024

Ben

Ben

"De l'occitan pécaïre – du latin peccator – pécheur, et non pas de pêcheur de sardine, peuchère (péchère ou peichère) fait partie du parler SUD. Cette interjection qui sent le soleil et le pastis est utilisée pour marquer la compassion, la pitié, parfois la commisération.

 Comme dans le passage suivant extrait de Fanny de Marcel Pagnol (1932) : "Quand on n'a pas d'enfants, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre! La Sainte Vierge, peuchère, elle n'en a eu qu'un et regarde un peu les ennuis qu'il lui a faits! Fanny, de Marcel Pagnol

Quant à Beaumarchais, dans Le Mariage de Figaro, il utilise la forme occitane :
"FIGARO, bas à Suzanne – Je l'avertis de son danger ; c'est tout ce qu'un honnête homme peut faire.
SUZANNE, bas – As-tu vu le petit page ?
FIGARO, bas – Encore tout froissé.
SUZANNE, bas – Ah, pécaïre !"  Beaumarchais


(Le Figaro)

 

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Paysage intérieur

24 Juin 2024

Le chemin retrouvé

Le chemin retrouvé

"Excusez-moi, un chemin m’appelle : c’est un petit chemin, un chemin de l’enfance qui coule entre les vignes. Pourquoi lui ? Allez savoir pourquoi les chemins vous appellent... Il ne faut pas les faire attendre, il ne faut jamais faire attendre l’imprévu. Regardez comme il serpente, se tortille de plaisir et lézarde ; s’enroule et se déroule, de terre rompue. Il est là comme l’éternité. Je le retrouve quand il veut. En vrai ou pas, majestueux, en camaïeu de pépites ambrées dans un encadrement de verts. C’est un chemin d’été où jouent des fifres en roseaux, où pleurent des résines d’argent. Tiens ! Le voilà qui entre sous les vieux oliviers tortueux, qui se noie dans la rivière sans nom. Le mas de Joseph l’attend. Il s’y écrase de sommeil, la bouille maculée de l’ocre de sa terre. Un enfant embrasse le tronc d’un murier, arrache une cigale, un trophée vivant, sans pitié. Son cri dans l’été. La gourde pour le goûter. Les raisins, sexes virils des ceps, dans la pudeur des feuilles de vigne. Tout est là, comme de rien. Ma plume cueille l’instant au moment même où je croque un grain de chasselas. Sa peau diaphane et blonde perle sur ma langue, un jus sucré et doux émeut mes papilles. C’est tendre comme un baiser maternel. Roucoulent alors, dans la vigne des perdrix de mots comme celles que le père de Marcel part chasser à l’aube dans « La Gloire de mon père ».  Le chasselas, alors, est la noblesse de cette région de France : « Le bon temps des chasselas » comme on le chante dans les rangées des vignes, à sa cueillette. Voici quelques abeilles d’or, un hérisson malicieux, une ou deux couleuvres mordorées. Voici le temps du jeu. Dans le ruisseau presque sec, deux enfants montent des barrages contre des pacifiques imaginaires avec des galets et des herbes folles, pour refouler les lézards et les sauterelles. Il n’y a pas d’heure. J’entends siffler le vent. C’est délicieux, le soleil tourne, il faut rentrer. Le chemin de l’enfance rembobine ses fils, creuse des ravines bleutées à la Van Gogh où naissent des sources vives pour d’autres appels de ce temps retrouvé."

Anny C.  juin

("Il y a lieu d'être")

 

"Lorsque je ferme les yeux je vois souvent ces pierres, ces herbes, ce lieu existe ou plutôt il est et j'y suis. C'est mon ici et même un ici sans le moindre ailleurs. Car n'y étant, je n'imagine rien d'autre...Un ici ? Ce n'est pourtant pas celui de ma vie présente. Il s'efface dès que je rouvre les yeux. Et pourtant. Ce lieu d'herbe y est tout de même présent. Ici. Absence et présence coïncident.Je suis dans le pays qui est le mien (...) l'évidence d'un lieu qui est un ici - même effaçant toute pensée d'un ailleurs. (...)"

Yves Bonnefoy (Le lieu d'herbes)

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