Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
annycejourd'hui etc.
Articles récents

C'est tout...

26 Septembre 2025

C'est tout...

  

 

  -C'est tout ?

     -C'est tout !

 

      &.

 

         Un point...

 

 *Le 5 octobre 1995 paraît aux éditions P.O.L. le dernier livre de Marguerite Duras, constitué de propos recueillis par Yann Andréa, son compagnon

*Le 5 octobre 1995 paraît aux éditions P.O.L. le dernier livre de Marguerite Duras, constitué de propos recueillis par Yann Andréa, son compagnon

Yann Andrea et Marguerite Duras

Yann Andrea et Marguerite Duras

 

 

"J’ai voulu vous dire

que je vous aimais.

Le crier.

C’est tout."  

 

M.D.

 

NADIA BENABBAS

NADIA BENABBAS

Lire la suite
Publicité

Ombre blanche

25 Septembre 2025

 
 
 
 
 
 
QUIS ?
 
Je suis personne! Qui êtes-vous?
Etes-vous —personne —aussi?
Alors nous faisons la paire!
Silence! on nous chasserait —vous savez!
Que c'est pénible —d'être— quelqu'un!
Que c'est commun —comme une grenouille-
De dire son nom —tout au long de juin—
Au marais qui admire!

=

I'm Nobody! Who are you?
Are you —Nobody —too?
Then there's a pair of us!
Dont tell! they'd banish us —you know!
How dreary —to be —Somebody!
How public —like a Frog—
To tell your name —the livelong June—
To an admiring Bog!
Ombre blanche
"Emily Dickinson  naît. 
Elle laisse le monde extérieur. 
À trente ans, elle s’enferme.
Elle reste dans sa chambre. 
Elle va parfois dans le jardin. 
Elle aime les fleurs, les plantes.
Elle cueille quatre cent vingt-quatre fleurs. 
Elle fait sécher les fleurs dans son herbier. 
Elle écrit des lettres à des ami.e.s. 
Quand on sonne à la porte, elle se cache.
Elle n’a pas de mépris pour les gens, elle les aime.
Depuis la fenêtre de sa chambre, elle lance de petits cadeaux, des fleurs ou des poèmes.
Elle murmure. 
Pendant un moment, elle croit. 
Très tôt le matin, elle va jusqu’à l’église.
Elle est vêtue de blanc. 
Quelqu’un l’a vue, un critique littéraire, un ancien pasteur, un certain Thomas Wentworth Higginson, il témoigne.
Elle consume. 
Sans la toucher, elle puise en moi.
Je suis content de ne pas vivre auprès d’elle.
Elle reste dans sa cellule. 
Elle écrit : 
La Maison est si loin de la Maison.
Un jour, sa mère meurt.
Emily Dickinson assiste aux funérailles de sa fenêtre. 
Dans une lettre, elle écrit : 
Nous n’avons jamais été proches… même si elle était notre Mère – mais les Mines d’une même Terre se rencontrent en creusant un tunnel et quand elle devint notre Enfant, l’affection survint. 
Que fait Emily Dickinson dans sa chambre ?
Elle écrit les poèmes qu’on trouvera plus tard. 
Elle donne des instructions pour son enterrement. 
Le cercueil ne doit pas aller par les rues. 
Il doit aller par les champs de boutons d’or. 
Elle meurt.
On la met dans un cercueil blanc. 
Elle est entourée d’héliotropes vanillés. 
D’orchidées Calceolaria biflora. 
De bouquets de violettes.
C’est la légende et c’est la vie. 
D’une vie, on garde certains éléments qu’on raconte.
C’est ce que fit Suétone dans Vie des douze césars. 
Ou bien Vasari, dans Vies des artistes. 
On peut faire cela avec sa propre vie. 
Il y a deux directions fondamentales. 
Je nais, je vais mourir.
 
Vazquez, Laura. Les forces (Feuilleton Fiction) (p. 272). (Function). Kindle Edition. 

 
 Emily Dickinson  (avait un penchant pour les vêtements blancs) née le 10 décembre 1830 à Amherst dans le Massachusetts et morte le 15 mai 1886 dans la même ville, est une poétesse américaine

Emily Dickinson (avait un penchant pour les vêtements blancs) née le 10 décembre 1830 à Amherst dans le Massachusetts et morte le 15 mai 1886 dans la même ville, est une poétesse américaine

"On ne sait jamais qu'on part - quand on part -
On plaisante, on ferme la porte
Le Destin, qui suit, derrière nous la verrouille
Et jamais plus on n'aborde.
=

We never know we go - when we are going -
We jest and shut the door
Fate following behind us bolts it
And we accost no more"

 

E.D.

Ombre blanche
Lire la suite

cejourd'hui, cejourd'hui

24 Septembre 2025

cejourd'hui, cejourd'hui

 

"On voit souvent, dans les maisons ou les appartements, des panneaux indiquant le nom des pièces. Le mot toilettes sur la porte des toilettes, dans un deux-pièces ou un studio. Ou bien le mot cuisine en grand sur le mur de la cuisine. Ou le mot chambre, en lettres de bois sur la porte d’une chambre. Voici les cadavres des choses. Dans les mots salle de bains, collés sur la porte de la salle de bains, la salle de bains est morte, on nous présente son cadavre. Et cela va plus loin, car les manies humaines vont sans arrêt plus loin, et certaines personnes écrivent au mur les émotions qu’elles s’ordonnent de ressentir. J’ai vu dans des appartements les mots : bonheur, sourire, ou gratitude, sur les murs. La plupart du temps, ces niaiseries se présentent sous leur forme anglaise : happiness, love, smile, au-dessus du lit, dans le couloir, ou sur le paillasson. Ces écriteaux sont généralement fabriqués à la chaîne dans des usines, et les ouvriers de ces usines ne vivent sans doute pas de moments liés à ces concepts, car la maladie mentale et en particulier la dépression a progressé de près de soixante-dix pour cent ces dernières années. Et le suicide est l’une des causes principales de la mortalité dans les pays contenant des maisons familiales dotées de panneaux happiness, love, smile every day. Nous naissons et la langue existe. Elle rattache l’individu à la vie collective. Les êtres humains imaginent le langage comme un appareil capable de produire des vérités. Voici leur logique : si j’écris happiness au-dessus de mon lit, le bonheur apparaît. La salle de bains existe, mais je veux qu’elle existe à travers ma parole, je veux qu’elle existe mieux. J’écris salle de bains sur la porte de la salle de bains. Je l’écris et cela me plaît. Puisque cela me plaît, cela est bon. Le singe, le chat, le dromadaire et la jument sont incapables d’atteindre le monde que je crée. Les humains assujettissent le monde. Ils structurent, ils figent. Ils imposent leur ordre et finissent pas croire que cet ordre est celui de la nature."
 

 Vazquez, Laura. Les forces (Feuilleton Fiction) (p. 18). Kindle edition.

 

cejourd'hui, cejourd'hui
cejourd'hui, cejourd'hui
Lire la suite

Cette rencontre

23 Septembre 2025

 

 

Modigliani X Cendrars    

Le peintre Amadeo Modigliani est mort le 24 janvier 1920 à l'âge de 35 ans.

L'écrivain Blaise Cendrars fut l'un de ses compagnons des années dorées, avant qu'il ne sombre dans la misère. 

En 1953, il dressait un portrait flamboyant de son ami:

(Modigliani est enterré au cimetière du Père-Lachaise, le 27 janvier 1920. Dans le cortège funéraire, ses amis de Montmartre et Montparnasse, Picasso, Soutine et Cendrars bien-sûr...)

 

   

Modigliani

Modigliani

Cendrars raconte:
 
"Modigliani était pauvre. Il venait m'emprunter trois sous pour prendre le métro qui le menait à Montparnasse. Comme je ne les avais pas, je les empruntais à madame Lafleur, la concierge. Picasso, notre voisin disait que seul Modigliani savait s'habiller. Je crois qu'il a été la première personne à porter des chemises de toile quadrillée bleu et blanc. Il disait que c'était la mode en Italie. Son exemplaire de Dante ne le quittait jamais. Il faisait valoir les vers de Dante et leur harmonie, au point qu'il semblait que c'était lui qui les avait faits.
Modigliani était un assez petit homme, aux cheveux bouclés. Il était beau. Son rire était bref, amer, éclatant et pourtant enfantin. Il était raide, tout d'une pièce, violent d'une manière inattendue à cause de son apparente douceur, sentimental malgré sa raideur et ses indignations. Galant avec les femmes il était quand même capable d'une cruauté soudaine. Très gentilhomme, il aimait la politesse. Il était très don Juan. Je l'ai toujours connu avec des femmes de tous genres, très, très belles. Son ivrognerie était célèbre. J'ai beaucoup bu avec Modigliani. On faisait des partouzes d'ivrognes vertigineuses. Comment n'y ai-je pas laissé ma santé et la raison?
J'ai connu Modi après la guerre de 14, et nous étions bien misérables l'un et l'autre. À son arrivée, il était riche. Il avait touché la succession de son père. C'était un jeune Italien, très élégant avec un veston cousu main. Je l'ai connu riche Modigliani. Je l'ai connu pauvre Modigliani. C'était uniquement un artiste et un poète, il ne pensait qu'à l'art.
J'aimerais bien raconter sa mort et ses funérailles, c'est une histoire atroce mais typique de la bohème de Montparnasse. Sa mort, c'est même l'enterrement des Montparnos, la fin."
 
Blaise Cendrars
Les grandes heures (Michel Manoll)
 
 
Complément / Michel Manoll:
 

"Quand un Cendrars au mieux de sa forme, à 63 ans, accepte de répondre à ses questions, Michel Manoll en reste tout ébaubi. Le grand écrivain américain, John Dos Passos raconte qu’un entretien avec Cendrars, c’était en effet toute une affaire : le leur, en 1930, dans le Périgord, avait duré huit jours de rang, accompagné de truffes, de buissons d’écrevisses, de brochettes de petits oiseaux et de venaison de braconnage qu’apportait le curé du coin. En 1950, avec Manoll, ce fut plus retenu : la radiodiffusion nationale invitait évidemment à l’austérité.

Mais si serré qu’était le format de ces entretiens, l’interlocuteur faisait éclater les coutures. « Nous ne pouvons aller au Japon, viens au Mexique…J’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares mais je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois clochers … »

Cendrars, c’est l’explosion de soi. Il n’a cessé de dire « je » que pendant une période d’une dizaine d’années, après l’amputation de son bras droit au combat en 1915. Mais, avant-guerre, dans La Prose du Transsibérien et Pâques à New York et de nouveau après Moravagine en 1926, il aime se surexposer. C’est sa méthode : il se met tellement en pleine lumière qu’il en disparaît presque, devenant insaisissable.

C’est un avantage que d’être légendaire, ça dissimule. Son pseudonyme, par exemple : braise et cendres. Il ne livre jamais son vrai patronyme : Frédéric-Louis Sauser, né en 1887 dans une cité placide, La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Mais qu’importe, il raconte qu’étaient glissées sous la porte de la maison des lettres qu’envoyaient de tous les coins du monde des oncles idéalisés : il en collectionnait avidement les timbres multicolores. Comment dans ces conditions passer des examens ? Surtout quand le père est lui-même un inventeur inouï."

(France inter)

 
Cendrars et Paris: un extrait de Au cœur du monde (1917) de Cendrars,
(ci-dessous le fragment retrouvé intégral.) 
 
 
 
Ce ciel de Paris est plus pur qu’un ciel d’hiver lucide de froid
Jamais je ne vis de nuits plus sidérales et plus touffues que ce printemps
Où les arbres des boulevards sont comme les ombres du ciel,
Frondaisons dans les rivières mêlées aux oreilles d’éléphant,
Feuilles de platanes, lourds marronniers.
 
Un nénuphar sur la Seine, c’est la lune au fil de l’eau
La Voie Lactée dans le ciel se pâme sur Paris et l’étreint
Folle et nue et renversée, sa bouche suce Notre-Dame.
La Grande Ourse et la Petite Ourse grognent autour de Saint-Merry.
Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion.
 
Dans cette lumière froide et crue, tremblotante, plus qu’irréelle,
Paris est comme l’image refroidie d’une plante
Qui réapparaît dans sa cendre. Triste simulacre.
Tirées au cordeau et sans âge, les maisons et les rues ne sont
Que pierre et fer en tas dans un désert invraisemblable.
 
Babylone et la Thébaïde ne sont pas plus mortes, cette nuit, que la ville morte de Paris
Bleue et verte, encre et goudron, ses arêtes blanchies aux étoiles.
Pas un bruit. Pas un passant. C’est le lourd silence de guerre.
Mon œil va des pissotières à l’œil violet des réverbères.
C’est le seul espace éclairé où traîner mon inquiétude.
 
C’est ainsi que tous les soirs je traverse tout Paris à pied
Des Batignolles au Quartier Latin comme je traverserais les Andes
Sous les feux de nouvelles étoiles, plus grandes et plus consternantes,
La Croix du Sud plus prodigieuse à chaque pas que l’on fait vers elle émergeant de l’ancien monde
Sur son nouveau continent.
 
Je suis l’homme qui n’a plus de passé. —Seul mon moignon me fait mal. —
J’ai loué une chambre d’hôtel pour être bien seul avec moi-même.
J’ai un panier d’osier tout neuf qui s’emplit de mes manuscrits.
Je n’ai ni livres ni tableau, aucun bibelot esthétique.
 
Un journal traîne sur ma table.
Je travaille dans ma chambre nue, derrière une glace dépolie,
Pieds nus sur du carrelage rouge, et jouant avec des ballons et une petite trompette d’enfant :
Je travaille à la FIN DU MONDE.
 
 
Blaise Cendrars
1917
Pont Alexandre III au couchant anonyme (Année 50)

Pont Alexandre III au couchant anonyme (Année 50)

Lire la suite
Publicité

Les incontournables de l'automne

22 Septembre 2025

 

 

« La dernière chose que j'ai faite est une étude assez large d'une allée de peupliers, avec des feuilles jaunes d'automne, le soleil couchant, ici et là, des taches scintillantes sur le feuilles tombées sur le sol, alternant avec les longues ombres des tiges. Au bout de la route se trouve une petite chaumière, et au-dessus tout le ciel bleu à travers les feuilles d'automne. », 
 
écrit Vincent van Gogh à son frère Théo en octobre 1884. 
Allée de peupliers en automne, Van Gogh

Allée de peupliers en automne, Van Gogh


A l’enterrement d’une feuille morte

Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le soir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays 
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert
Photo Anny C. automne en forêt

Photo Anny C. automne en forêt

Lire la suite

Pour l'été qui s'en va

21 Septembre 2025

 

 

"Elle est retrouvée

  Quoi?

  L'éternité " me chuchote Rimbaud à l'oreille

pour l'été qui s'en va...

cejourd'hui, jour 21 de septembre 2025

avec ce tableau présenté par Agnès B

ave
tableau présenté par Agnès B.

MEULES FIN DE L'ETE, CLAUDE MONET, musée d'Orsay

MEULES FIN DE L'ETE, CLAUDE MONET, musée d'Orsay

Lire la suite

Dernières feuilles de l'été

20 Septembre 2025

" Le temps est mon humeur, j'ai mes brouillards et mon beau temps en dedans de moi."           Blaise Pascal

" Le temps est mon humeur, j'ai mes brouillards et mon beau temps en dedans de moi." Blaise Pascal

" La dernière feuille

MAGIE. Consultations magiques, menus rites secrets et actions votives ne sont pas absents de la vie du sujet amoureux, à quelque culture qu'il appartienne.

« Çà et là, sur les arbres, il subsiste des feuilles, 

Et je reste souvent , pensif, devant elles. 

Je contemple une feuille et j'y accroche mon espoir. 

Quand le vent joue avec elle, 

Je tremble de tout mon être,

 Et si elle tombe, hélas, mon espoir tombe avec elle. » Schubert.

Pour pouvoir interroger le sort, il faut une question alternative ( M 'aimera / M'aimera pas ), un objet susceptible d'une variation simple ( Tombera /Tombera pas) et une force extérieure (divinité, hasard, vent) qui marque l'un des pôles de la variation. Je pose toujours la même question (serai-je aimé ?), et cette question est alternative : tout ou rien; je ne conçois pas que les choses mûrissent , soient soustraites à l'à- propos du désir. Je ne suis pas dialectique. La dialectique dirait : la feuille ne tombera pas, et puis elle tombera; mais entre- temps vous aurez changé et vous ne vous poserez plus la question.

(De tout consultant , quel qu'il soit, j'attends qu'il me dise:
« La personne que vous aimez vous aime aussi
et va vous le dire ce soir"

Roland Barthes

  in..."Fragments d'un discours amoureux"

" Je t'aime est irrépressible et imprévisible"

   

 

Roland Barthes

Roland Barthes

Dernières feuilles de l'été

Crève cœur en apnée

Dans le vif de l'aube

S'envole cette pensée

Tiens...

Un oiseau a chanté 

Un pétale de temps sur l’herbe s’est posé. 

 

       Anny C.

(in Onde traversière , inédit)

 

Dernières feuilles de l'été
Lire la suite

J'invite le souvenir du chant de JLM

19 Septembre 2025

JEAN-LOUIS MURAT

JEAN-LOUIS MURAT

Isabelle Huppert : 
« Jean-Louis Murat était un poète, un grand révolté, sans concession »

 

Une pensée:

"Ce sont les lectures qui me font autant mes espoirs que mes désespoirs. Je pourrais presque dire que je suis un homme de lecture, un homme de livres, ça prend entièrement possession de moi. Je considère que nous sommes ce qu'on a lu. Je vis à fond les livres, dans l'idée de me frotter quotidiennement à cette intelligence supérieure de réception, de réceptivité, de sensibilité, d'expression et de maîtrise, de savoir construire la phrase, l'idée. C'est un émerveillement par l'intelligence qui donne un sens à la vie. Mais pour être un bon écrivain, il faut de la suite dans les idées, de l'imagination, ce que je n'ai pas".

JLM

JLM: Une percée du monde

JLM: Une percée du monde

Lire la suite
Publicité

INTER-DIRE

18 Septembre 2025

"Calomniez, il en restera toujours quelque chose"

  Beaumarchais

 

Dire du mal d’autrui – médire ou calomnier – dépasse la simple critique pour atteindre une dimension éthique, et parfois politique, voire presque métaphysique.

En 2025, les réseaux sociaux et les discours publics amplifient cette puissance de mal dire. Le philosophe John Langshaw Austin a montré que "dire, c’est faire" ; or mal dire peut mener à mal faire, jusqu’à l’appel à la haine ou à la destruction symbolique d’un groupe humain. D’où la nécessité de fixer des limites légales à la liberté d’expression, pour protéger la critique constructive sans laisser place à la calomnie ou à l’incitation à la haine. La question reste entière : comment maintenir la parole libre sans qu’elle devienne une arme ?

Frédéric Worms

Le pourquoi du comment/ France culture mercredi 17 septembre 2025

"Basile :
La calomnie, monsieur !
J'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés.
Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien ; et nous avons ici des gens
d'une adresse !
D'abord un bruit léger, rasant le sol comme l'hirondelle avant l'orage pianissimo, murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.
Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement.
Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis, tout à coup, je ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler,
s'enfler, grandir à vue d'œil.
Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un
chorus universel de haine et de proscription.
Qui diable y résisterait ?"

Boticelli, Florence, La calomnie

Boticelli, Florence, La calomnie

Lire la suite

Once upon a time

17 Septembre 2025

Out of Africa

Out of Africa

"Vous ne serez jamais la même personne que vous êtes en ce moment."

 Robert Redford

Once upon a time
Lire la suite