Verlaine dont partout, à l'automne, on chantonne Les feuilles mortes, Verlaine ce compliqué, ce doux-violent, cet ambivalent, ce poète subtil, religieux ou obsène, surprotégé par sa mère, abandonnant femme et enfant pour Rimbaud et réciproquement, offrant le pire et le meilleur, souvent en crise... bref ce dérangeant, ce grand poète, nous pose la question de l'homme paradoxal. C'est ce point de vue que propose Claire Berest (La Chair des autres (Albin Michel 2025)) , ici, avec des poèmes de Verlaine et un témoignage de Léon PaulFargue qui l'avait connu : ci-dessous
"Ce que j'aime chez Verlaine, c'est qu'il nous ramène à notre profonde humanité paradoxale. Il nous tend un miroir, il nous rappelle que l'humain c'est cettebascule permanente." Claire Berest
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Une touche de plus? "Emporté deçà, delà par le vent d'automne, enveloppé de brouillards et de pluie, le "je" verlainien tend vers l'impersonnel.Quelque chose de l'impassibilité parnassienne continue ainsi de l'affecter jusqu'en ses défaillances et ses plus intimes confidences. Il n'affirme pas son existence, ne déplie pas son propre coeur, mais l'interroge: "Quelle est cette langueur?", "Sais-je moi-même ce que nous veut ce piège?" L'intime est ici chose étrange sur quoi des larmes coulent. Comme la pluie automnale, vivre est un doux désastre, un retard, un suspens, une chute ou une dérive qui se prolongent et auxquelles on acquiesce comme au temps qui s'en va et qu'on ne retient pas." Jean-Michel Maulpoix et Mercure de France, 1996