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OMBELLES

14 Juin 2025

OMBELLE, comme une envie d'agapanthe

OMBELLE, comme une envie d'agapanthe

"Dans la brise légère, des boutons d’ agapanthe se balancent au bout de longs cols majestueux.
- Fleur de l’amour, tout là-haut sur ta tige vas-tu éclore en ombelles bleues ou blanches? Le chat qui te frôle, te caresse lentement. Le lézard fuse et s’en moque, il a dû repérer un insecte. Pas une abeille à cette heure mais le soleil pique…on annonce 34 degrés dans l’après midi,  je ferme les volets en ponts.

             Un demi-soupir = une croche                                  
                                  Un quart de soupir = une double croche.
                                                   Un huitième de soupir = une triple croche.

       
                                         Ce sont notes espiègles qui dansent au soleil
    
                                                      Voici l’heure de la sieste

                                                        Sur une suite de Bach

 

                                                                          

 

                                                                      *

 Plus tard…
         dans un halo de parfums de roses et de menthes,  
         je quitte, émue, cet écrin de sensations,
en emportant pour toujours
le chant d’un grillon dans la nuit brune,
sa ritournelle.


*

Anny C.  (extrait, Rais de lumière, inédit)

 

Berthe Morisot, Malvarosas

Berthe Morisot, Malvarosas

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DE CONCERT...

13 Juin 2025

 

 

   Le chant du grillon dans la nuit de l’été, pourquoi dormirais-je?

Fi des tourments
Un concert de grillons
La rose s’impose 

Églantine papillon
L’onde court
Éternelle                                       

Ce matin-là, le vent s’interrogeait: allait-il souffler ou cesser de se plaindre?
Dans le bois, les branches s’animaient, les oiseaux ne savaient plus où se poser sur elles
J’ai vu sur la pervenche un frisson d’étincelle
J’ai crains pour un nid qui attendait la mère
Et puis le vent a tourné sur sa rose
Il est allé ailleurs chanter son oraison
Et j’ai senti le jour s’étaler comme un prince
Dans la soie de la brise
Caresse du printemps
Douce
Comme lame d’acier
Chant secret
A jamais révélé
L’iris en majesté
Tremble
Est-ce le vent?

Muette
La glycine a passé
Dans sa fleur.
 
Anny C. (in Rais de lumière, inédit)
 
EGLANTINES

EGLANTINES

DE CONCERT...
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D'échos en échos, la création...

12 Juin 2025

 

 

Une démarche...un déclencheur...des voix...

A partir d'une chanson...

 

...un roman:

"Georgia est une chanson qui passe de bouche en bouche. Une chanson mille fois reprise. Chacun se remémore les violons de la complainte de Ray Charles : la route, le clair de lune effleurant les pins, l'amour étendu là, comme un pneu crevé, le parfum des résines brûlantes, le Sud qui n'en finit jamais. (...) Quand Louis Armstrong chante Georgia, un négrillon trébuche, s'entaille les jambes sur un tesson de solitude. La voix console le gamin, lui susurrant que le destin n'a pas de limite, que les rêves courent plus vite que les chiens et qu'au bout de la route, un refuge auréolé d'or pur recueille les fuyards sans leur demander de montrer patte noire."

Georgia/ Julien Delmaire

 

D'échos en échos, la création...

"Georgia est une chanson.
Georgia est une jeune femme perdue.
Georgia est un roman d'amour : deux êtres à la dérive se rencontrent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur, au cœur de la ville, ici et maintenant.
Venance écoute, Georgia parle, et de sa voix jaillissent des paysages. L'enfance résonne avec les derniers accords de Joy Division.

« La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau. »

Pierre Soulages

Pierre Soulages

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En bonne compagnie,

11 Juin 2025

 

               La solitude habitée nous laisse en bonne compagnie.
 

En bonne compagnie,

Avec le PHILOSOPHE:

Vladimir Jankélévitch

 

"On peut, après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi,

 comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. 

Mais pas si bien."  V.J.

PENSER LA VIE/ Vladiir Jankélévitch

PENSER LA VIE/ Vladiir Jankélévitch

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FIGURE DE PROUE,

10 Juin 2025

FIGURE DE PROUE,
FIGURE DE PROUE,

YOURCENAR

Pseudonyme

Goût pour le Y qui ressemble à un arbre, dit-elle.

 

Van Gogh Oliveraie

Van Gogh Oliveraie

FIGURE DE PROUE,

"Sources II"

Ce n'est pas "un livre" au sens commun du terme. Des notes de lecture sur des textes les plus divers, au cœur desquels se greffe le commentaire personnel, voisinent avec des fragments d'une activité diaristique que l'auteur de Mémoires d'Hadrien s'est souvent défendu de pratiquer. Ces "journaux de bord" inédits permettent de se glisser dans l'intimité de son écriture, laissant entrevoir les coulisses, le laboratoire, le réservoir de l'oeuvre en train de se faire.[...]Déplacements permanents entre les couches multiples des temps de la vie quotidienne et de l'écriture, les textes juxtaposés dans le classeur intitulé Sources II constituent une lumineuse explication de la méthode de création yourcenarienne, "un pied dans l'érudition, un pied dans la magie". Mais c'est aussi, au travers de premiers jets, de listes, de repentirs, de confidences faisant fi des contraintes de l'imprimé, l'image de la lectrice insatiable, de la femme au travail, qui se profile sous les masques un instant ôtés de l'écrivain."(Élyane Dezon Jones.)

VIVRE
OBSERVER
APPRENDRE

"Le meilleur pour les turbulences de l'esprit est d'apprendre.C'est la seule chose qui ne soit jamais malheureuse.Tu peux vieillir et trembler, anatomiquement parlant ; tu peux veiller les nuits en écoutant le désordre de tes veines, tu peux manquer ton seul amour et tu peux perdre ton argent à cause d'un monstre ; tu peux voir le monde autour de toi, dévasté par des fous dangereux ou savoir que ton honneur est piétiné dans les égouts des esprits les plus vils. Une seule chose peut être faite dans de telles conditions: apprendre." M Y.

FIGURE DE PROUE,
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V W

9 Juin 2025

        Le visage d’autrui est une note mystérieuse sur la portée du cœur.

          Anny C.

 

V W

Rhoda se regarde dans le miroir, par-dessus l’épaule de Susan. (La traduction française est suivie du texte original en anglais.)

 

RHODA : Voilà mon visage. Ce visage est mon visage. Mais je m’esquive derrière Susan pour le cacher, car je ne suis pas là. Je n’ai pas de visage. Certaines personnes ont un visage. Susan et Jinny ont un visage. Elles sont là. Leur monde est le monde réel. Les choses qu’elles soulèvent ont un poids. Elles disent Oui. Elles disent Non. Mais moi, je change, et je varie constamment, et il suffit d’un coup d’œil pour me percer à jour. Quand une femme de chambre les voit, elle ne se met pas à rire. Mais la bonne me rit au nez. Elles savent ce qu’elles doivent dire quand on leur parle. Elles rient vraiment. Elles se mettent vraiment en colère. Alors que moi, j’observe d’abord les réactions des gens, et je les reproduis.
Voyez l’extraordinaire assurance de Jinny lorsqu’elle enfile ses bas. Pourtant, elle va simplement jouer au tennis. Voilà ce que j’admire chez elle. Mais j’aime encore plus l’attitude de Susan. Elle est plus résolue, elle cherche moins à se distinguer. Elles me méprisent toutes les deux parce que je les imite. Mais, parfois, Susan me donne quelques trucs, elle me montre comment nouer un nœud-papillon, par exemple. En revanche, Jinny garde toutes ses techniques pour elle. Elles ont des amis auprès de qui elles peuvent s’asseoir. Elles ont des choses à dire en privé. Moi, je n’ai que des noms, et des visages, que je conserve comme des amulettes pour me protéger du danger. Je choisis un visage inconnu dans la salle ; et si la propriétaire de ce visage vient s’asseoir en face de moi, j’arrive à peine à finir mon thé. Je m’étouffe. Je suis complètement renversée par la violence de mon émotion. Ces personnes sans nom, ces figures immaculées, je les imagine en train de m’observer derrière un buisson. Et je saute aussi haut que je peux pour susciter leur admiration. Je les émerveille, la nuit, dans mon lit. Souvent, je meurs criblée de flèches, pour les faire pleurer. Si j’apprends par hasard que l’une d’elles a passé ses vacances à Scarborough, alors la ville entière prend un éclat d’or, le trottoir est inondé de lumière. Voilà pourquoi je déteste les miroirs, ils me montrent mon vrai visage. Quand je suis seule, je plonge souvent dans le néant. Je me tiens au bord du gouffre, à la frontière du monde, je pousse discrètement sur mon talon, de peur de tomber dans le néant. Je dois me cogner la tête contre une grosse porte pour arriver à regagner mon corps.

 

RHODA. That is my face. That face is my face. But I will duck behind her to hide it, for I am not here. I have no face. Other people have faces; Susan and Jinny have faces; they are here. Their world is the real world. The things they lift are heavy. They say Yes, they say No; whereas I shift and change and am seen through in a second. If they meet a housemaid she looks at them without laughing. But she laughs at me. They know what to say if spoken to. They laugh really; they get angry really; while I have to look first and do what other people do when they have done it.
See now with what extraordinary certainty Jinny pulls on her stockings, simply to play tennis. That I admire. But I like Susan’s way better, for she is more resolute, and less ambitious of distinction than Jinny. Both despise me for copying what they do; but Susan sometimes teaches me, for instance, how to tie a bow, while Jinny has her own knowledge but keeps it to herself. They have friends to sit by. They have things to say privately in corners. But I attach myself only to names and faces; and hoard them like amulets against disaster. I choose out across the hall some unknown face and can hardly drink my tea when she whose name I do not know sits opposite. I choke. I am rocked from side to side by the violence of my emotion. I imagine these nameless, these immaculate people, watching me from behind bushes. I leap high to excite their admiration. At night, in bed, I excite their complete wonder. I often die pierced with arrows to win their tears. If they should say, or I should see from a label on their boxes, that they were in Scarborough last holidays, the whole town runs gold, the whole pavement is illuminated. Therefore I hate looking-glasses which show me my real face. Alone, I often fall down into nothingness. I must push my foot stealthily lest I should fall off the edge of the world into nothingness. I have to bang my head against some hard door to call myself back to the body.

 extrait du roman Les Vagues de Virginia Woolf.

 

V W

Les Vagues (The Waves), publié en 1931, de Virginia Woolf.

Ce livre consiste en monologues parlés par les six personnages du roman : Bernard, Susan, Rhoda, Neville, Jinny, et Louis. Percival, le septième personnage, est aussi important, bien que les lecteurs ne l'entendent jamais parler lui-même. Les monologues sont interrompus par neuf brefs interludes à la troisième personne, qui détaillent une scène côtière à différents moments du jour, de l'aube au crépuscule.

(Personnages)

"Je vois Louis, sculptural, pareil à une figure de pierre; Neville exact, coupé au ciseau; Suzanne avec ses yeux pareils à des globes de cristal; Jinny dansant comme une flamme, fébrile, brûlante, sur la terre sèche; et Rhoda, la nymphe de la fontaine toujours en larmes."

 

 (Interlude 1 extrait)

 « Le soleil ne s'était pas encore levé. La mer et le ciel eussent semblé confondus, sans les mille plis légers des ondes pareils aux craquelures d'une étoffe froissée. Peu à peu, à mesure qu'une pâleur se répandait dans le ciel, une barre sombre à l'horizon le sépara de la mer, et la grande étoffe grise se raya de larges lignes bougeant sous sa surface, se suivant, se poursuivant l'une l'autre en un rythme sans fin. Chaque vague se soulevait en s'approchant du rivage, prenait forme, se brisait, et traînait sur le sable un mince voile d'écume blanche. La houle s'arrêtait, puis s'éloignait de nouveau, avec le soupir d'un dormeur dont le souffle va et vient sans qu'il en ait conscience. Peu à peu la barre noire de l'horizon s'éclaircit : on eût dit que de la lie s'était déposée au fond d'une vieille bouteille, laissant leur transparence aux vertes parois de verre. Tout au fond, le ciel lui aussi devint translucide comme si un blanc sédiment s'en était détaché, ou comme si le bras d'une femme couchée sous l'horizon avait soulevé une lampe : des bandes de blanc, de jaune, de vert s'allongèrent sur le ciel comme les branches plates d'un éventail. Puis la femme invisible souleva plus haut sa lampe ; l'air enflammé parut se diviser en fibres rouges et jaunes, s'arracher à la verte surface dans une palpitation brûlante, comme les lueurs fumeuses au sommet des feux de joie. Peu à peu les fibres se fondirent en une seule masse incandescente ; la lourde couverture grise du ciel se souleva, se transmua en un million d'atomes bleu tendre. La surface de la mer devient lentement transparente ; les larges lignes noires disparurent presque sous ces ondulations et sous ces étincelles. Le bras qui tenait la lampe l'éleva sans hâte : une large flamme apparut enfin. Un disque de lumière brûla sur le rebord du ciel, et la mer tout autour ne fut plus qu'une seule coulée d'or. » VW Les Vagues
 
V W
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En côte,

8 Juin 2025

Confession publique

"Nous avons tout mélangé

c'est un fait

Nous avons profité du jour de la
Pentecôte pour accrocher les œufs de
Pâques de la
Saint-Barthélémy dans l'arbre de
Noël du
Quatorze
Juillet

Cela a fait mauvais effet

Les œufs étaient trop rouges

La colombe s'est sauvée

Nous avons tout mélangé

c'est un fait

Les jours avec les années les désirs avec les regrets et le lait avec le café

Dans le mois de
Marie parait-il le plus beau nous avons placé le
Vendredi treize et le
Grand
Dimanche des
Chameaux le jour de la mort de
Louis
XVI l'Année terrible l'Heure du berger et cinq minutes d'arrêt buffet.

Et nous avons ajouté sans rime ni raison sans ruines ni maisons sans usines et sans prisons la grande semaine des quarante heures et celle des quatre jeudis

Et une minute de vacarme

s'il vous plaît

Une minute de cris de joie de chansons de rires et de bruits et de longues nuits pour dormir en hiver avec des heures supplémentaires pour rêver qu'on est en été et de longs
jours pour faire l'amour et des rivières pour nous baigner de grands soleils pour nous sécher

Nous avons perdu notre temps

c'est un fait

mais c'était un si mauvais temps

Nous avons avancé la pendule

nous avons arraché les feuilles mortes du calendrier

Mais nous n'avons pas sonné aux portes

c'est un fait

Nous avons seulement glissé sur la rampe de l'escalier

Nous avons parlé de jardins suspendus

vous en étiez déjà aux forteresses volantes

et vous allez plus vite pour raser une ville que le petit barbier pour raser son village un dimanche matin

Ruines en vingt-quatre heures

le teinturier lui-même en meurt

Comment voulez-vous qu'on prenne le deuil."

 

Jacques Pévert

En côte,
En côte,

"La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme.

  Il faut imaginer Sisyphe heureux"

 

  Albert Camus

 

Donner de l’espoir est la meilleure façon de couper l’herbe sous les pieds à son propre désespoir.
 

En côte,
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EN VIVANT...

7 Juin 2025

EN VIVANT...

                                                 **

                  L'Enquête pour "déclore les paupières"(expression de Proust)

 

       L' existence ouverte à la "vraie vie" espérée par Rimbaud pour  "VIVRE ENFIN"   est-elle possible? Oui tente de répondre le philosophe  François Jullien "en allant voir ailleurs" et donc du côté de la pensée chinoise, en son cas, parce que l'écart avec la Grèce (il est helléniste) est assez grand pour rencontrer un vrai dépaysement de la pensée inscrite dans la langue.

 

                      Mais... QU'EST-CE QUE VIVRE?

 

         Je suis en vie et pourtant j'aspire à vivre ! Bizarre!Bizarre!

 

Il y a une nostalgie de la vie dans la vie

           comme une nostalgie de l'été en plein été 

                    ou une nostalgie des grandes vacances en vacances!

 

 Entre le vital et le vivant, vivre est fêlé d'infinis

                    Il y a de l'incommensurable dans Vivre

 

Ce qui est inoui, dit le philosophe, c'est l'ordinaire, non de marcher sur les eaux mais de marcher sur la terre.😉 (je n'ai pas dit sur la tête!)

Proust cite les pavés de l'hôtel de Guermantes contre lesquels le narrateur trébuche ce qui réveille en lui, l'inoui de vivre.

 

 

 

« La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. »  Rimbaud

 

Alors...

 

"Ouvrons des possibles en "décoïncidant" de l'inanité de la vie pour nous laisser surprendre par l' inouï de vivre"   F. Jullien

"Je n'ai rien fait aujourd'hui.

  N'avez-vous pas vécu ?"

 

Michel de Montaigne (Les essais, De l'expérience)

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RADIO NOSTALGIE

6 Juin 2025

 

 

               Le vent chantonne sa nostalgie douce à la mémoire.

EXTRAIT:

 

How many times must a man look up
Combien de fois un homme doit-il regarder en l'air
Before he can see the sky ?
Avant de voir le ciel ?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Oui, et combien d'oreilles doit avoir un seul homme
Before he can hear people cry ?
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
Oui, et combien faut-il de morts pour qu'il comprenne
That too many people have died ?
Que beaucoup trop de gens sont morts ?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
The answer is blowin' in the wind.
La réponse est soufflée dans le vent.

Cependant...

"Qu’arrive-t-il à Ulysse, une fois qu’il est rentré chez lui après vingt ans d’absence ? Est-il enfin heureux ? Au contraire : «… il est distrait, taciturne, il ne mange plus la soupe de l’épouse, imagine Jankélévitch ; la ride de la conscience soucieuse jette une ombre sur son front et ternit l’innocence de son bonheur. […] Ulysse regrette l’instant où il a confusément entrevu Ithaque, l’instant où l’île de son espoir hésitait encore entre l’inexistence et l’existence. » Rien de nouveau sous le soleil ; tout a changé, comme d’habitude. Ithaque n’est plus ce qu’elle était, Pénélope a vieilli, le petit chien est mort et plus personne ne demande à Ulysse de raconter ses aventures… La nostalgie, c’est la fin de l’histoire."

Sans fin...

"Je cherche mon père dans toutes les mers. "   in le Télémaque (Fénelon)

 

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PAR LA FORCE MAJEURE,

5 Juin 2025

 

La joie comme la mûre, se cueille parfois dans un buisson de ronces.

Anny C.

PAR LA FORCE MAJEURE,

« La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu’on ne pense lorsqu’elle parle de “joie folle” ou déclare de quelqu’un qu’il est “ fou de joie ”. Il n’est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant.

Mais c’est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d’esprit capable de concilier l’exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l’insignifiance et de la mort, comme l’enseignait Nietzsche et l’enseigne aujourd’hui Cioran. En l’absence de toute raison crédible de vivre il n’y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison."

CLEMENT ROSSET, PHILOSOPHE

CLEMENT ROSSET, PHILOSOPHE

"Je ne sais pas pourquoi je suis heureux aujourd'hui et pourtant, je n'ai aucune raison particulière. Peut-être même, j'aurais des raisons de ne pas l'être. Mais c’est la direction du vent, un parfum qui vient subitement jusqu'à moi. Et puis quelquefois, il y a rien du tout. Puisque c’est vraiment un je-ne-sais-quoi. Un jour c'est un souffle du printemps, le premier souffle du printemps. Puis je ne sais quoi dans l'air. Quelque chose, l'insaisissable. Alors là, je suis plutôt dans une situation, non pas créatrice, mais d'attente comblée."
 

VLADIMIR JANKELEVITCH, PHILOSOPHE

VLADIMIR JANKELEVITCH, PHILOSOPHE

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