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Articles récents

RADIO NOSTALGIE

6 Juin 2025

 

 

               Le vent chantonne sa nostalgie douce à la mémoire.

EXTRAIT:

 

How many times must a man look up
Combien de fois un homme doit-il regarder en l'air
Before he can see the sky ?
Avant de voir le ciel ?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Oui, et combien d'oreilles doit avoir un seul homme
Before he can hear people cry ?
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
Oui, et combien faut-il de morts pour qu'il comprenne
That too many people have died ?
Que beaucoup trop de gens sont morts ?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
The answer is blowin' in the wind.
La réponse est soufflée dans le vent.

Cependant...

"Qu’arrive-t-il à Ulysse, une fois qu’il est rentré chez lui après vingt ans d’absence ? Est-il enfin heureux ? Au contraire : «… il est distrait, taciturne, il ne mange plus la soupe de l’épouse, imagine Jankélévitch ; la ride de la conscience soucieuse jette une ombre sur son front et ternit l’innocence de son bonheur. […] Ulysse regrette l’instant où il a confusément entrevu Ithaque, l’instant où l’île de son espoir hésitait encore entre l’inexistence et l’existence. » Rien de nouveau sous le soleil ; tout a changé, comme d’habitude. Ithaque n’est plus ce qu’elle était, Pénélope a vieilli, le petit chien est mort et plus personne ne demande à Ulysse de raconter ses aventures… La nostalgie, c’est la fin de l’histoire."

Sans fin...

"Je cherche mon père dans toutes les mers. "   in le Télémaque (Fénelon)

 

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PAR LA FORCE MAJEURE,

5 Juin 2025

 

La joie comme la mûre, se cueille parfois dans un buisson de ronces.

Anny C.

PAR LA FORCE MAJEURE,

« La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu’on ne pense lorsqu’elle parle de “joie folle” ou déclare de quelqu’un qu’il est “ fou de joie ”. Il n’est effectivement de joie que folle ; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant.

Mais c’est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d’esprit capable de concilier l’exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l’insignifiance et de la mort, comme l’enseignait Nietzsche et l’enseigne aujourd’hui Cioran. En l’absence de toute raison crédible de vivre il n’y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison."

CLEMENT ROSSET, PHILOSOPHE

CLEMENT ROSSET, PHILOSOPHE

"Je ne sais pas pourquoi je suis heureux aujourd'hui et pourtant, je n'ai aucune raison particulière. Peut-être même, j'aurais des raisons de ne pas l'être. Mais c’est la direction du vent, un parfum qui vient subitement jusqu'à moi. Et puis quelquefois, il y a rien du tout. Puisque c’est vraiment un je-ne-sais-quoi. Un jour c'est un souffle du printemps, le premier souffle du printemps. Puis je ne sais quoi dans l'air. Quelque chose, l'insaisissable. Alors là, je suis plutôt dans une situation, non pas créatrice, mais d'attente comblée."
 

VLADIMIR JANKELEVITCH, PHILOSOPHE

VLADIMIR JANKELEVITCH, PHILOSOPHE

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Une femme et un homme

4 Juin 2025

Au matin,

Muette
La glycine a passé
Dans ses fleurs

Anny C.

Une femme et un homme

BADABADABA

 

 

 

pour:

NICOLE CROISILLE

NICOLE CROISILLE

 

 

 

 

"Recevoir, célébrer, transmettre. Qui suis-je? Un simple passeur"

  E.Lévinas

 

 

 

pour:

PHILIPPE LABRO

PHILIPPE LABRO

"Ce visage exposé à mon regard est désarmé. Quelle que soit la contenance qu'il se donne, que ce visage appartienne à un personnage important, étiqueté ou en apparence plus simple. Ce visage est le même, exposé dans sa nudité. Sous la contenance qu'il se donne perce toute sa faiblesse et en même temps surgit sa mortalité. À tel point que je peux vouloir le liquider complètement, pourquoi pas ? Cependant, c'est là que réside toute l'ambiguïté du visage, et de la relation à l'autre. Ce visage de l'autre, sans recours, sans sécurité, exposé à mon regard dans sa faiblesse et sa mortalité est aussi celui qui m'ordonne : « Tu ne tueras point »."

(LEVINAS, LE VISAGE DE L'AUTRE)

 

Emmanuel Levinas

Emmanuel Levinas

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INTIMUS VERSUS EXTIMUS

3 Juin 2025

ce 3 juin 2025 

vaut son pesant de mots :

INTIMUS VERSUS EXTIMUS

Au lever, dater et vivre un petit moment d'intimité avec soi, en couchant sur son journal intime ( à sa façon)  une impression, une sensation, une pensée, pour offrir son la à l'air du matin présent ?
 
En gardant une certaine légèreté  ce peut être un bon moment passé avec soi-même, non ?


Il est vrai qu'adolescents nous avons souvent tenu notre journal intime, (le mien avait une couverture rouge, contenait des fleurs séchées et quelques lettres secrètes),  en classe nous avons été bouleversés par le Journal d'Anne Frank, plus tard nous avons ouvert un blog ou écrit sur facebook, parfois nous avons fréquenté les pensées de Marc Aurèle et les confessions de St Augustin, nous avons aussi admiré les Essais de Montaigne et le Journal de Charles Juliet mais la liste serait trop longue...brisons-là! 

 

Aujourd'hui il y a même un festival du JOURNAL INTIME sous la houlette de Philippe Lejeune le spécialiste en  matière d'autobiographie!

En 2025, il a lieu les 28 et 29 juin

à Saint-Gildas-de-Rhuys ( en Bretagne)

voici le lien:
https://www.festivaldujournalintime.fr/le-programme/

 
 
Alors...offrir au réveil son la au jour peut devenir un jeu avec son Je, pourquoi pas par un haïku ou par une pensée, une photo, une réflexion, une expression, un poème?

 

* Dans " La naissance du jour" qui n'est pas un journal intime, mais un roman autobiographique bien qu'il en ait le ton,  Colette fut une experte en la matière, voici un court extrait:

« Des pêches, oubliées dans une coupe, se rappelèrent à moi par leur parfum suri ; l’une d’elles, où je mordis, rouvrit à ma faim et à ma soif le monde matériel, sphérique, bondé de saveurs ; dans peu d’instants le lait bouillant, le café noir, le beurre reposé au fond du puits rempliraient leur office de panacée… »

+

Et voici des extraits du célèbre Journal de Jules Renard :
 

"Écrire c'est une façon de penser sans être interrompu"

ou bien:

« (...) "Ciel" dit plus que "ciel bleu". L'épithète tombe d'elle-même, comme une feuille morte. (...) »"

 ou encore:

« (...) Aujourd'hui on ne sait plus parler, parce qu'on ne sait plus écouter. (...) La conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt qu'elle pousse. (...) »

ou encore:

« J’ai l’esprit anticlérical et un cœur de moine. »

et surtout:

"Il faut aimer la vie malgré tout, il faut être un peu plus chic que ça!"

 

+

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DE RUES EN RUS

2 Juin 2025

DE RUES EN RUS

"Dès mon réveil, enfant, je courais à la fenêtre de ma chambre pour ressentir la vibration de la journée. Après, je pouvais dégringoler les escaliers quatre à quatre pour filer dans le jardin qui bordait la rue car derrière le territoire familial vivait la vraie vie, celles des copains et des jeux partagés. Le voisin d’en face avait une haie de lauriers taillée au cordeau dont nous cousions les feuilles avec de petit bouts de bois fins pour former des couronnes de reines ou d’empereurs romains qui, couronnés, passaient en patins à roulettes sous les fenêtres à demi fermées  de Mr M. qui nous faisait un peu peur car on racontait d’étranges histoires sur sa vie pendant la guerre 39/45. Je pourrais par le menu, évoquer toute l’enfance dans  la "Rue des alliés" car les rues des villes sont des rus (du latin rivus) ces petits ruisseaux qui nous embarquent vers d'autres rives au cours de la vie. De plus l'ocre  de ru est une argile très fine qui se prend au bord des ruisseaux pour en faire des pigments en peinture.Ce pigment  fait de terre naturelle est utilisé en peinture depuis l'antiquité. On l'appelle aussi brun de Florence et ma ville natale se nomme Fleurance."(extrait d'un texte / LA VILLE)...

Anny C.

OCRE DE RU

OCRE DE RU

DELACROIX TIGRE

DELACROIX TIGRE

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Texto

31 Mai 2025

Texto

"Texte veut dire Tissu; mais alors que jusqu'ici on a toujours pris ce tissu pour un produit, 

un voile tout fait, derrière lequel se tient,LE PLAISIR DU TEXTE plus ou moins caché, 

le sens (la vérité), nous accentuons maintenant, dans le tissu, 

l'idée générative que le texte se fait, se travaille à travers un entrelacs perpétuel;

 perdu dans ce tissu — cette texture — le sujet s'y défait, telle une araignée qui se dissoudrait elle-même dans les sécrétions constructives de sa toile."

Roland Barthes

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Forget me not

31 Mai 2025

Anne ylvestre

Anne ylvestre

Coquelicot

C’est un cri, c’est un appel, c’est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé.
C’est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l’oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser lesyeux.
Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi.
On en faisait des poupées. On cueillait une fleur, sa tige bien longue, et puis après avoir rabattu et noué d’un brin d’herbe sa jupe de soie écarlate, on cassait un bout de la tige pour la piquer en travers du corselet, comme des bras maigres, petite danseuse, marionnette fragile qui ne durait que le temps du plaisir.

Anne Sylvestre

Forget me not
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Bonjour, bonsoir

29 Mai 2025

"La vie est brève

Un peu de rêve

Un peu d'amour

Et puis bonjour

 

La vie est vaine

Un peu de peine

Un peu d' espoir

Et puis bonsoir"

(...) Je touche à l'âge d'or.

 

Le bonheur ne tombe pas du ciel car c'est d'abord une nuée qui se tient au-dessus de nous et qu'il s'agit de déceler.Il faut, doucement, lever la main sans que cette dernière frissonne.Le bonheur est extrêmement farouche:il faut savoir l'accueillir.(...) Il est comme l'ange ou le fantôme, ou la fumée,sa forme et son odeur, l'oiseau, son chant, le fantasme, son onde: c'est quelque chose qui a une source et qui revient. Le perdu revient dans le bonheur.(...)Il faut savoir fêter l'enfant prodigue...il faut savoir profiter de la résurrection à l'intérieur de sa vie." p 290/1 Trésor caché, Pascal Quignard

 

 

" Tout là-haut

Sur la montagne noire

Un moine peint la joie."

Anny C. (Onde traversière)

 

DOM ROBERT

DOM ROBERT

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Rencontre et rendez-vous,

27 Mai 2025

ERRI DE LUCA

ERRI DE LUCA

"Sans la fraternité, tout est voué à l’échec" Erri de Luca

 

Une rencontre avec Erri de Luca

 

"Écrire est le temps de fête de ma journée, ce n’est pas celui de travail."

?

La question est plus importante que la réponse. C'est ce qu'affirme l'écrivain napolitain  Erri de Luca à La maison de la poésie. 

Bien sûr il fait bien la différence entre un interrogatoire et un entretien (il a eu l'occasion de vivre les deux)

Lors d'une interview, il a remarqué que le ton peut varier entre ironie et attention véritable à l'autre, il dit que la question posée avec délicatesse est une générosité, un reste de courtoisie...dans ce monde indélicat.

Il dit aussi que chaque matin il lit quelques vers (fussent - ils de la bible, pour lui le non croyant) qui lui donnent le la du jour, une assise, le noyau d'olive (le noyau dur) qui lui permet de vaquer à ses autres occupations, comme une pierre que l'on jette et qui fait des ronds dans l'eau.

Entre valeur et croyance, il opte pour la valeur,

 

...puis un rendez-vous,

 

Valore / Valeur

 

"J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de chose.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues."

Erri De Luca, Oeuvre sur l’eau, Traduit de l’italien par Danièle Valin, Poésie/Seghers, 2002, p. 99.

En italien

https://youtu.be/nzAQ9MWNaqA

 

Le livre qui a changé sa vie:

https://youtu.be/REgtdfyv5Po

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La note juste,

26 Mai 2025

La note juste,

            La note juste

Est

Dans le Vivant

 

Incertaine

Je la cherche

En vain

 

Accordée

Souveraine

Elle jaillit

 

Sans commentaire

Nue

Dans la clarté du cœur

 

 

Anny C (Fil rouge aux grains de grenade,2020)

            

 

            

JMG LE CLEZIO

JMG LE CLEZIO

Extrait de AVERS* de   J.M.G LE CLEZIO

(Des nouvelles des  indésirables)

 

"...A un moment, l'assemblée s'est arrêtée de chanter, et Adèle a pris Maureez par la main et l'a conduite jusqu'au devant de l'autel, là où se tenaient les chanteurs. Elle a dit seulement:"C'est ton tour maintenant, chante ton chant, celui que tu chantes tous les soirs dans la forêt." La musique a commencé et Maureez a reconnu les premières notes de Wade in the water, le chant des esclaves marrons guidés à travers les marécages par Harriet Tubman, (...)

   https://youtu.be/7_euSS86dvE

Quand elle a eu fini de chanter, Maureez s'est écartée du groupe, en chancelant, elle se sentait épuisée, sa peau et son visage couverts de sueur, elle s'est appuyée sur l'épaule d'Adèle. Elle avait tout donné, pour la première fois de sa vie, portée, emportée par la musique. Il y a eu un moment de silence dans l'assistance, puis le petit homme qui avait accompagné le chant au piano est venu jusqu'à elle, il a dit seulement son nom, Michaël, et il l'a embrassée, sans ajouter un mot, lui aussi semblait ému, hors de lui, il a serré la main des fidèles, les mains d'Adèle, et la foule s'est refermée sur lui, pendant que Maureez s'échappait et marchait vers la porte, sans écouter, sans regarder personne.Sa main serrée dans la main de sa compagne.Plus tard, Adèle a commenté:"Un ange est descendu dans notre église." Elle a ajouté, pour qu'elle se sente pousser des ailes:"Avec tout le miel** que tu as mangé."  

(P45/6 AVERS/ LE CLEZIO, Gallimard.)


*Avers: Côté face d'un pièce de monnaie

**Maureez avait travaillé chez un apiculteur et de temps en temps piquée par une abeille: cela immunise des rhumatismes, paraît-il!

 

La note juste,

"Sur un banal parking girondin, quatre hommes d’âges différents font la causette à l’ombre d’un pin parasol, comme ils la feraient sous un arbre à palabres d’un pays lointain et d’origine ; la même scène, je l’ai vue en Crête et, tout à coup ces invisibles donnent au parking, une insolite couleur méditerranéenne : pas de photo bien sûr, mais un intemporel sentiment d’humanité qui me relie à ces hommes sur cette terre."

A.M. Carrère,(in Nid d'abeille/ 2022 , p 59)

 

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