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Articles récents

Sans titre

16 Août 2025

     

  Couronnée de forêts de sapins

     La tête hors de l’eau

     Es-tu la Lorelei ?  

 

Sans titre
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Impromptu d'Août

13 Août 2025

En ce mois d'août 2025, je vous offre cet impromptu pour une sieste poétique, musicale, méditative ...
peut-être prendrez - vous le temps de le déguster sur une chaise longue, longue...comme un jour sans fin.

 

ALBUFEIRA SANDRINE/. PHIPPE COGNEE / 1995

ALBUFEIRA SANDRINE/. PHIPPE COGNEE / 1995

« On écrit toujours pour donner la vie... pour tracer les lignes de fuite. Pour cela, il faut que le langage ne soit pas homogène, mais un déséquilibre, toujours hétérogène : le style creuse des différences de potentiels entre lesquelles quelque chose peut passer, un éclair... va sortir du langage même. » 

G DELEUZE

 

" Tais-toi ( 1939 )

Voilà un excellent titre..
un excellent Tout..
Mieux qu’une “oeuvre”..
Et pourtant – une oeuvre- “car”
si tu énumères – chacun des cas
où la forme ou le mouvement
d’une parole, comme une onde,
se soulèvent, se dessinent -
A partir d’une sensation,
d’une surprise, d’un souvenir,
d’une présence ou d’une lacune, ..
d’un bien, d’un mal – d’un rien et de Tout,
Et que tu observes, et que tu cherches,
que tu ressentes; que tu mesures
l’obstacle à mettre à cette puissance,
le poids du poids à mettre sur ta langue
et l’effort du frein de ta volonté,
Tu connaitras sagesse et puissance
et Te Taire sera plus beau
que l’armée de souris et que les ruisseaux de perles
dont prodigue est la bouche des hommes."

 

Paul Valéry

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Sur le fil

7 Août 2025

 

Le point cocon de soi
File son étoile
Hante l’espace

Il danse

Fil à plomb
Fil à fil
Il tisse sa ligne
De vie
Dans sa rencontre
Avec l’inattendu

 

Anny C.

 

 

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ECRIRE AVEC

2 Août 2025

(Avé l’accent):

- Cé plus les touristes de juillet maintenant, cé pas pareil en août ils sont moins bien, et bientôt ce sera les vieux comme nous, les retraités, mais là cé pas pareil, ils dépensent, ils ont les moyens surtout pour manger!
-Peuchère, tu te souviens comme on mangeait bien autrefois, le dimanche c’était le poulet traditionnel avé du pain aillé dedans et le foie!
-Et le jus! Peuchère, aujourd’hui cé pas pareil les poulets se détachent quand on découpe la cuisse, alors là tu peux dire que ça vaut rien et même des poulets fermiers, tu parles fermiers, comme nous!
(Eclats de rires!)
-Moi je vais faire une tarte aux mirabelles dimanche, cé délicieux ma caniche!!
-Moi je cuisine pas beaucoup, tu sé quand tu es tout seul, tu te trouves comme un couillon le soir devant la télé, avec une femme cé pas pareil!
-Et oui peuchère!

 

Assise en terrasse, à côté de ces deux compères, avant d’aller me régaler d’un coucher de soleil sur l’étang de Thau, je me dis que Pagnol n’avait qu’à écouter les conversations au café pour écrire ses dialogues. 

Devant l’étang, depuis « La pointe courte », c’est un ravissement de rose ensanglanté fondant sur les vaguelettes caressées de mouettes en folie.

 
C’est si beau qu’il faut se taire avec Paul Valéry:

 

« Tais-toi!


Voilà un excellent titre..
un excellent Tout..
Mieux qu’une “oeuvre”..
Et pourtant – une oeuvre- “car”
si tu énumères – chacun des cas
où la forme ou le mouvement
d’une parole, comme une onde,
se soulèvent, se dessinent -
A partir d’une sensation,
d’une surprise, d’un souvenir,
d’une présence ou d’une lacune, ..
d’un bien, d’un mal – d’un rien et de Tout,
Et que tu observes, et que tu cherches,
que tu ressentes; que tu mesures
l’obstacle à mettre à cette puissance,
le poids du poids à mettre sur ta langue
et l’effort du frein de ta volonté,
Tu connaitras sagesse et puissance
et Te Taire sera plus beau
que l’armée de souris et que les ruisseaux de perles
dont prodigue est la bouche des hommes. »

 

Dans ce silence, le musée Paul Valéry célèbre particulièrement le poète, pour les 80 ans de sa mort. En lisant les manuscrits et les hommages, je retiens la figure sensible sous l’habit de l’académicien; le film qui retrace ses obsèques avec la traversée de Sète,( après l’hommage de Paris), jusqu’au cimetière marin, me donne un frisson de larmes et de sourires pour celui qui avait tant loué les forces de l’esprit.

Je déambule, en suivant, dans  l’exposition qui présente, au même endroit, le peintre Philippe Cognée: « L’Oeuvre du temps ».Tout va dans ce sens. Valéry n’écrivit-il pas:« Tout va sous terre et rentre dans le jeu »?

L’exposition est une rétrospective du travail du peintre né en 1957 à Nantes.
Tout au long des tableaux de cette œuvre labyrinthique aux techniques singulières: depuis celle des batiks africains, en passant par celle des  peintures à l’encaustique dont les motifs sont floutés par le passage du fer à repasser sur un film de rhodoïd appliqué sur la surface picturale, jusqu’à des écrasés de fusains  pour montrer l’ altération due au temps qui efface et transforme, Philippe Cognée explore la métamorphose de la matière qui nous entoure et que nous sommes, au fil du temps.
Peint-il pour  sauver l’oubli? 
Tout d’abord voici des autoportraits, révélant le « sujet absolu » en tant que tel, sans tous  ses apprêts. 
Voici entre autres tableaux, des enfants au bord de la mer, des châteaux de sable, un lit défait, une table en fin de repas, le tout à l’épreuve du temps, jusqu’à la fleur fanée comme si l’art pouvait sauver la ruine généralisée.

La mort  est là dans cette œuvre mémento mori, lissée par la patte du peintre jusqu’à nous la faire sentir sans crainte, nous qui sommes vivants.

In fine, paradoxalement, un champ de jeunes coquelicots, le charme d’ une forêt enneigée ou la lune qui se lève sur la mer calme offrent au spectateur l’instantané de la vie vivante.

J’écris cela aux « Pierres blanches »  avec vue imprenable sur la mer. Un voilier à la voile blanche témoigne du temps suspendu pour qui le voit venir.

 

Anny C.

 

 

Fleurs fanées /  Philippe Cognée

Fleurs fanées / Philippe Cognée

Champ de coquelicots / Philippe Cognée

Champ de coquelicots / Philippe Cognée

Chateaux de sable / Photo / AnnyC.

Chateaux de sable / Photo / AnnyC.

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IMPRO

29 Juillet 2025

Improvisé.


Plus de batterie à mon ordi. Je le branche sur la mini table offerte à cet effet au cœur de la galerie marchande. 
Autour de moi: 
- à ma droite, PROMOD, COFFE SHOP, ORANGE, MICROMANIA; 
- à ma gauche, entrée pour les achats à AUCHAN; 
- en face de moi, des livres à échanger: BAC C sciences naturelles, Edgar Morin :  Le paradigme perdu:la nature humaine, Delly: L’exilée .


Un souvenir d’enfance surgit à ma mémoire: dans ma chambre des grandes vacances d’été, je lisais Delly via les belles lectures de ma petite tante Jeanne. J’ouvre « L’exilée » et j’apprends en quatrième de couv. que 105 ouvrages de Delly ont été traduits, que 25 000 000 d’exemplaires ont été vendus.
L’eau de rose parfume la terre!
-p 9: « Heureux, car ils étaient unis par un amour profond et ne voyaient rien au-delà  l’un de l’autre. Malheureux car ils avaient des défauts identiques, des goûts trop semblables. » Et on s’étonne après d’avoir des envies de fusion! 


Une petite fille se met à  déranger l’étagère, je lui tends mon livre pour qu’elle le range, elle obtempère très sérieusement, laisse l’étagère toute désorganisée et s’envole avec un livre à la main: celui de Delly; allez savoir pourquoi? Elle s’allonge sur  le ventre sur une banquette et tourne les pages. Le parfum  de la rose se répand autour d’elle.


Un monsieur dépose un autre livre et me dit: « Vous le voulez c’est un roman de Maud Ventura « Célèbre »?, je souris , le prends , lis l’incipit: « La célébrité est ma vie. », il me dit : « J’en avais déjà lu de cette autrice mais celui -là , bof ou bon » je n’ai pas bien saisi. Bon, je le repose. Lui, file faire ses achats. 
La grand-mère de la petite fille arrive, me dit que la fillette adore ranger les livres mais qu’elle est encore trop jeune pour lire, qu’elle en a envie, je lui dis que ça se voit, qu’est-ce que j’en sais au fond?
En tout cas, je suis au centre stratégique de l’échange!


Deux ados passent en me regardant intrigués, j’écoute Charles Pépin, il cite Clément Rosset qui parle de la joie qui peut jaillir sans qu’on s’y attende. Un effluve plane, ce doit être celui de la rose Ronsard, si célèbre, c’est joyeux! 


Damien, 6 ans joue de la musique sur une poubelle en métal, sa maman l’appelle: « - Damien, tu viens? » Il saute partout, je lui dis qu’il danse bien, il ne peut plus me quitter! 


Un monsieur d’un certain âge touche les livres, hésite à prendre « Célébrité » mais le repose. 


Je tourne mon regard vers la sortie des caddies, ils sont pleins, ma batterie aussi, je ferme l’ordi, je me lève et m’envole à l’improviste. 

 

Anny C. 

 

IMPRO
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CARTE POSTALE

28 Juillet 2025

Juillet 2025

 

Dans la chaleur estivale, bien installée sous le feuillage d’or d’un véritable tableau de Klimt, je me laisse couler dans un somme douillet, mon esprit rêveur se remémorant le moment passé la veille devant un film, un classique de Pagnol: « La gloire de mon père »: nous sommes trois générations devant la télé, le plus jeune, âgé de huit ans, va-t-il apprécier cette évocation idéalisée d’une enfance d’un autre siècle ? Très vite je sens une douceur s’installer entre nous comme si l’époque n’avait plus grande importance tandis que les liens qui se tissent entre les personnages, les paysages provençaux, les rires, le contexte des grandes vacances d’été, avaient transcendé le temps pour nous toucher, chacun avec son histoire et son âge. 
Bercée par le texte retrouvé dans la voix off, je suis comme ravie, oubliant que je le connais par cœur…
 

La barrière des écrans est, pour une fois, tombée!

Le lendemain, à la fête du village, je ressens ce même goût de la vie simple et bonne enfant, comme si le bonheur courait les rues! L’ensemble fait un contraste saisissant avec les bruits incessants de guerre que nous entendons chaque jour.
Maintenant je lève les yeux vers le tableau de Klimt où se mêlent les couleurs de Cézanne. Sur la palette de ma sieste, la montagne Ste Victoire et le Garlaban de Pagnol font si bon ménage que je m’endors comme une enfant. 

 

CARTE POSTALE
Le Garlaban

Le Garlaban

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Entre le vide et l'événement pur,

23 Juillet 2025

« Ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d’un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l’événement pur,
J’attends l’écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l’âme un creux toujours futur! »

 

Paul Valéry, Le cimetière marin (extrait)

Le cimetière marin

Le cimetière marin

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LIGNES...

21 Juillet 2025

LIGNES...
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JUILLET 2025,

21 Juillet 2025

"Comme le trémail de juillet où luisait le loup solitaire, 

Celui que je voyais briller aux doigts du sable de la terre (...)"

 

(Léo Ferré, La mémoire et la mer)

JUILLET 2025,

Dans ce trémail- là, voici donc...

Quelques petites gouttes de pluie sur la feuille de l’olivier, 

quelques perles désaltérantes...

JUILLET 2025,

-en prose:

 

« Dès l’aube, j’étais dans l’eau, une eau fraîche et transparente où je m’enfouissais, où je m’épuisais en des mouvements désordonnés pour me laver de toutes les ombres, de toutes les poussières de Paris. Je m’allongeais dans le sable, en prenais une poignée dans ma main, le laissais s’enfuir de mes doigts en un jet jaunâtre et doux, je me disais qu’il s’enfuyait comme le temps, que c’était une idée facile et qu’il était agréable d’avoir des idées faciles. C’était l’été. »

Sagan, Bonjour tristesse.

 

JUILLET 2025,

-en citation:

 

"Les gens qui savent écouter sont sexy" 

 

Blandine Riquel (La faille)

 

-En poésie, mon grain de sel :

 

Présence

 

Peu de mots

D'éloquents interstices

Un fil qui court et qui fait mouche

Un ton juste

Un accord

La note sans filet

Ouverte à l'imprévu

 

Peu de sens

le fin et le subtil

L'ineffable

Intemporelle vibration

Entrechat cadencé qui se joue de lui-même

Pas d'argile pétrie sur l'anthracite des villes

Ou dans les champs battus par les fléaux des pères

 

Peu de choses

Un détail dans le geste un oubli

Le signe d'un coin de cœur

Le goût des festins des très humbles noces

 

La parfaite éternité de l'instant suspendu

Le miracle immédiat qui cueille

Le fruit inespéré

Qui tombe.

 

(Anny C.(Dans le terreau de ma langue : édilivre ed.)

 

MONET/ETRETAT

MONET/ETRETAT

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De guerre lasse,

14 Juillet 2025

 De guerre lasse

 

La colombe eucharistique se pose

Le bambou creux se joue du vent de l’ouest

Aux confins de la terre

L’amour

Ce Rouge

Se Blesse

La lumière sur le cerisier du japon

Promesse de pluie ?

Sur la langue le camélia s’embrase

L’air caresse la gelée blanche

Un frisson court sur les derniers givres

Dans la bouche un avant-goût de cerise

Les fous de guerre astiquent les armes

La nouvelle lune pleure

L’enfant joue à la marelle

Le jardin déjoue mes principes

La voix perce-neige prie en tous lieux

Combien de temps pour une aube de paix ?

 

Anny C.

(Dans le terreau de ma langue, edilivre ed.)

 

De guerre lasse,
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