Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
annycejourd'hui etc.
Articles récents

????????

17 Décembre 2024

????????
????????
Lire la suite
Publicité

Qu'est-ce que l'art?

15 Décembre 2024

Qu'est-ce que l'art?

      -C'est... "ne pas imiter le visible, c'est rendre visible" Cézanne

 

Qu'est-ce que l'art?

Qu'est-ce que l'art?

      -C'est..."trouver le rythme" Paul Klee

KLEE

KLEE

-Qu'est-ce que l'art?

-"Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à  notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini." M.Proust

Qu'est-ce que l'art?

"C'est... « reproduire la pensée intime de l’artiste », rendre « la vérité du mouvement », et surtout, qualité ultime,  exprimer dans sa peinture une « mélancolie singulière » Baudelaire "Cabinets esthétiques"

DELACROIX

DELACROIX

Lire la suite

Parlécrire

13 Décembre 2024

celui qui parlécrit...( mot-valise créé en 1999

par le linguiste Jacques Anis, pour
désigner l’écrit conversationnel. 😉)
Christian Bobin

Christian Bobin

Parlécrire
Parlécrire
Lire la suite

Dans le cabinet de curiosités

12 Décembre 2024

Dans le cabinet de curiosités


  VOICI LE TEXTE
 

Lui ?

À Pierre Decourcelle.
 
Mon cher ami, 
tu n’y comprends rien ? et je le conçois. Tu me crois devenu fou ? Je le suis peut-être un peu, mais non pas pour les raisons que tu supposes.
Oui. Je me marie. Voilà.
Et pourtant mes idées et mes convictions n’ont pas changé. Je considère l’accouplement légal comme une bêtise. Je suis certain que huit maris sur dix sont cocus. Et ils ne méritent pas moins pour avoir eu l’imbécillité d’enchaîner leur vie, de renoncer à l’amour libre, la seule chose gaie et bonne au monde, de couper l’aile à la fantaisie qui nous pousse sans cesse à toutes les femmes, etc., etc. Plus que jamais je me sens incapable d’aimer une femme parce que j’aimerai toujours trop toutes les autres. Je voudrais avoir mille bras, mille lèvres et mille... tempéraments pour pouvoir étreindre en même temps une armée de ces êtres charmants et sans importance.
Et cependant je me marie.
J’ajoute que je ne connais guère ma femme de demain. Je l’ai vue seulement quatre ou cinq fois. Je sais qu’elle ne me déplaît point ; cela me suffit pour ce que j’en veux faire. Elle est petite, blonde et grasse. Après-demain, je désirerai ardemment une femme grande, brune et mince.
Elle n’est pas riche. Elle appartient à une famille moyenne. C’est une jeune fille comme on en trouve à la grosse, bonnes à marier, sans qualités et sans défauts apparents, dans la bourgeoisie ordinaire. On dit d’elle : « Mlle Lajolle est bien gentille. » On dira demain : « Elle est fort gentille, Mme Raymon. » Elle appartient enfin à la légion des jeunes filles honnêtes « dont on est heureux de faire sa femme » jusqu’au jour où on découvre qu’on préfère justement toutes les autres femmes à celle qu’on a choisie.
Alors pourquoi me marier, diras-tu ?
J’ose à peine t’avouer l’étrange et invraisemblable raison qui me pousse à cet acte insensé.
Je me marie pour n’être pas seul !
Je ne sais comment dire cela, comment me faire comprendre. Tu auras pitié de moi, et tu me mépriseras, tant mon état d’esprit est misérable.
Je ne veux plus être seul, la nuit. Je veux sentir un être près de moi, contre moi, un être qui peut parler, dire quelque chose, n’importe quoi.
Je veux pouvoir briser son sommeil ; lui poser une question quelconque brusquement, une question stupide pour entendre une voix, pour sentir habitée ma demeure, pour sentir une âme en éveil, un raisonnement en travail, pour voir, allumant brusquement ma bougie, une figure humaine à mon côté..., parce que... parce que... (je n’ose pas avouer cette honte)... parce que j’ai peur, tout seul.
Oh ! tu ne me comprends pas encore.
Je n’ai pas peur d’un danger. Un homme entrerait, je le tuerais sans frissonner. Je n’ai pas peur des revenants ; je ne crois pas au surnaturel. Je n’ai pas peur des morts ; je crois à l’anéantissement définitif de chaque être qui disparaît !
Alors !... Oui, alors !... Eh bien ! j’ai peur de moi ! j’ai peur de la peur ; peur des spasmes de mon esprit qui s’affole, peur de cette horrible sensation de la terreur incompréhensible.
Ris si tu veux. Cela est affreux, inguérissable. J’ai peur des murs, des meubles, des objets familiers qui s’animent, pour moi, d’une sorte de vie animale. J’ai peur surtout du trouble horrible de ma pensée, de ma raison qui m’échappe brouillée, dispersée par une mystérieuse et invisible angoisse.
Je sens d’abord une vague inquiétude qui me passe dans l’âme et me fait courir un frisson sur la peau. Je regarde autour de moi. Rien ! Et je voudrais quelque chose ! Quoi ? Quelque chose de compréhensible. Puisque j’ai peur uniquement parce que je ne comprends pas ma peur.
Je parle ! j’ai peur de ma voix. Je marche ! j’ai peur de l’inconnu de derrière la porte, de derrière le rideau, de dans l’armoire, de sous le lit. Et pourtant je sais qu’il n’y a rien nulle part.
Je me retourne brusquement parce que j’ai peur de ce qui est derrière moi, bien qu’il n’y ait rien et que je le sache.
Je m’agite, je sens mon effarement grandir ; et je m’enferme dans ma chambre ; et je m’enfonce dans mon lit, et je me cache sous mes draps ; et blotti, roulé comme une boule, je ferme les yeux désespérément, et je demeure ainsi pendant un temps infini avec cette pensée que ma bougie demeure allumée sur ma table de nuit et qu’il faudrait pourtant l’éteindre. Et je n’ose pas.
N’est-ce pas affreux, d’être ainsi ?
Autrefois je n’éprouvais rien de cela. Je rentrais tranquillement. J’allais et je venais en mon logis sans que rien troublât la sérénité de mon âme. Si l’on m’avait dit quelle maladie de peur invraisemblable, stupide et terrible, devait me saisir un jour, j’aurais bien ri ; j’ouvrais les portes dans l’ombre avec assurance ; je me couchais lentement, sans pousser les verrous, et je ne me relevais jamais au milieu des nuits pour m’assurer que toutes les issues de ma chambre étaient fortement closes.
Cela a commencé l’an dernier d’une singulière façon.
C’était en automne, par un soir humide. Quand ma bonne fut partie, après mon dîner, je me demandai ce que j’allais faire. Je marchai quelque temps à travers ma chambre. Je me sentais las, accablé sans raison, incapable de travailler, sans force même pour lire. Une pluie fine mouillait les vitres ; j’étais triste, tout pénétré par une de ces tristesses sans causes qui vous donnent envie de pleurer, qui vous font désirer de parler à n’importe qui pour secouer la lourdeur de notre pensée.
Je me sentais seul. Mon logis me paraissait vide comme il n’avait jamais été. Une solitude infinie et navrante m’entourait. Que faire ? Je m’assis. Alors une impatience nerveuse me courut dans les jambes. Je me relevai, et je me remis à marcher. J’avais peut-être aussi un peu de fièvre, car mes mains, que je tenais rejointes derrière mon dos, comme on fait souvent quand on se promène avec lenteur, se brûlaient l’une à l’autre, et je le remarquai. Puis soudain un frisson de froid me courut dans le dos. Je pensai que l’humidité du dehors entrait chez moi, et l’idée de faire du feu me vint. J’en allumai ; c’était la première fois de l’année. Et je m’assis de nouveau en regardant la flamme. Mais bientôt l’impossibilité de rester en place me fit encore me relever, et je sentis qu’il fallait m’en aller, me secouer, trouver un ami.
Je sortis. J’allai chez trois camarades que je ne rencontrai pas ; puis, je gagnai le boulevard, décidé à découvrir une personne de connaissance.
Il faisait triste partout. Les trottoirs trempés luisaient. Une tiédeur d’eau, une de ces tiédeurs qui vous glacent par frissons brusques, une tiédeur pesante de pluie impalpable accablait la rue, semblait lasser et obscurcir la flamme du gaz.
J’allais d’un pas mou, me répétant : « Je ne trouverai personne avec qui causer. »
J’inspectai plusieurs fois les cafés, depuis la Madeleine jusqu’au faubourg Poissonnière. Des gens tristes, assis devant des tables, semblaient n’avoir pas même la force de finir leurs consommations.
J’errai longtemps ainsi, et vers minuit, je me mis en route pour rentrer chez moi. J’étais fort calme, mais fort las. Mon concierge, qui se couche avant onze heures, m’ouvrit tout de suite, contrairement à son habitude ; et je pensai : « Tiens, un autre locataire vient sans doute de remonter. »
Quand je sors de chez moi, je donne toujours à ma porte deux tours de clef. Je la trouvai simplement tirée, et cela me frappa. Je supposai qu’on m’avait monté des lettres dans la soirée.
J’entrai. Mon feu brûlait encore et éclairait même un peu l’appartement. Je pris une bougie pour aller l’allumer au foyer, lorsqu’en jetant les yeux devant moi, j’aperçus quelqu’un assis dans mon fauteuil, et qui se chauffait les pieds en me tournant le dos.
Je n’eus pas peur, oh ! non, pas le moins du monde. Une supposition très vraisemblable me traversa l’esprit ; celle qu’un de mes amis était venu pour me voir. La concierge, prévenue par moi à ma sortie, avait dit que j’allais rentrer, avait prêté sa clef. Et toutes les circonstances de mon retour, en une seconde, me revinrent à la pensée : le cordon tiré tout de suite, ma porte seulement poussée.
Mon ami, dont je ne voyais que les cheveux, s’était endormi devant mon feu en m’attendant, et je m’avançai pour le réveiller. Je le voyais parfaitement, un de ses bras pendant à droite ; ses pieds étaient croisés l’un sur l’autre ; sa tête, penchée un peu sur le côté gauche du fauteuil, indiquait bien le sommeil. Je me demandais : « Qui est-ce ? » On y voyait peu d’ailleurs dans la pièce. J’avançai la main pour lui toucher l’épaule !...
Je rencontrai le bois du siège ! Il n’y avait plus personne. Le fauteuil était vide !
Quel sursaut, miséricorde !
Je reculai d’abord comme si un danger terrible eût apparu devant moi.
Puis je me retournai, sentant quelqu’un derrière mon dos ; puis, aussitôt, un impérieux besoin de revoir le fauteuil me fit pivoter encore une fois. Et je demeurai debout, haletant d’épouvante, tellement éperdu que je n’avais plus une pensée, prêt à tomber.
Mais je suis un homme de sang-froid, et tout de suite la raison me revint. Je songeai : « Je viens d’avoir une hallucination, voilà tout. » Et je réfléchis immédiatement sur ce phénomène. La pensée va vite dans ces moments-là.
J’avais eu une hallucination — c’était là un fait incontestable. Or, mon esprit était demeuré tout le temps lucide, fonctionnant régulièrement et logiquement. Il n’y avait donc aucun trouble du côté du cerveau. Les yeux seuls s’étaient trompés, avaient trompé ma pensée. Les yeux avaient eu une vision, une de ces visions qui font croire aux miracles les gens naïfs. C’était là un accident nerveux de l’appareil optique, rien de plus, un peu de congestion peut-être.
Et j’allumai ma bougie. Je m’aperçus, en me baissant vers le feu, que je tremblais, et je me relevai d’une secousse, comme si on m’eût touché par derrière.
Je n’étais point tranquille assurément.
Je fis quelques pas ; je parlai haut. Je chantai à mi-voix quelques refrains.
Puis je fermai la porte de ma chambre à double tour, et je me sentis un peu rassuré. Personne ne pouvait entrer, au moins.
Je m’assis encore et je réfléchis longtemps à mon aventure ; puis je me couchai, et je soufflai ma lumière.
Pendant quelques minutes, tout alla bien. Je restais sur le dos, assez paisiblement. Puis le besoin me vint de regarder dans ma chambre ; et je me mis sur le côté.
Mon feu n’avait plus que deux ou trois tisons rouges qui éclairaient juste les pieds du fauteuil ; et je crus revoir l’homme assis dessus.
J’enflammai une allumette d’un mouvement rapide. Je m’étais trompé, je ne voyais plus rien.
Je me levai, cependant, et j’allai cacher le fauteuil derrière mon lit.
Puis je refis l’obscurité et je tâchai de m’endormir. Je n’avais pas perdu connaissance depuis plus de cinq minutes, quand j’aperçus, en songe, et nettement comme dans la réalité, toute la scène de la soirée. Je me réveillai éperdument, et, ayant éclairé mon logis, je demeurai assis dans mon lit, sans oser même essayer de redormir.
Deux fois cependant le sommeil m’envahit, malgré moi, pendant quelques secondes. Deux fois je revis la chose. Je me croyais devenu fou.
Quand le jour parut, je me sentis guéri et je sommeillai paisiblement jusqu’à midi.
C’était fini, bien fini. J’avais eu la fièvre, le cauchemar, que sais-je ? J’avais été malade, enfin. Je me trouvai néanmoins fort bête.
Je fus très gai ce jour-là. Je dînai au cabaret ; j’allai voir le spectacle, puis je me mis en chemin pour rentrer. Mais voilà qu’en approchant de ma maison une inquiétude étrange me saisit. J’avais peur de le revoir, lui. Non pas peur de lui, non pas peur de sa présence, à laquelle je ne croyais point, mais j’avais peur d’un trouble nouveau de mes yeux, peur de l’hallucination, peur de l’épouvante qui me saisirait.
Pendant plus d’une heure, j’errai de long en large sur le trottoir ; puis je me trouvai trop imbécile à la fin et j’entrai. Je haletais tellement que je ne pouvais plus monter mon escalier. Je restai encore plus de dix minutes devant mon logement sur le palier, puis, brusquement, j’eus un élan de courage, un roidissement de volonté. J’enfonçai ma clef ; je me précipitai en avant une bougie à la main, je poussai d’un coup de pied la porte entrebâillée de ma chambre, et je jetai un regard effaré vers la cheminée. Je ne vis rien. « Ah !... »
Quel soulagement ! Quelle joie ! Quelle délivrance ! J’allais et je venais d’un air gaillard. Mais je ne me sentais pas rassuré ; je me retournais par sursauts ; l’ombre des coins m’inquiétait.
Je dormis mal, réveillé sans cesse par des bruits imaginaires. Mais je ne le vis pas. Non. C’était fini !
 
Depuis ce jour-là j’ai peur tout seul, la nuit. Je la sens là, près de moi, autour de moi, la vision. Elle ne m’est point apparue de nouveau. Oh non ! Et qu’importe, d’ailleurs, puisque je n’y crois pas, puisque je sais que ce n’est rien !
Elle me gêne cependant parce que j’y pense sans cesse. — Une main pendait du côté droit, sa tête était penchée du côté gauche comme celle d’un homme qui dort... Allons, assez, nom de Dieu ! je n’y veux plus songer !
Qu’est-ce que cette obsession, pourtant ? Pourquoi cette persistance ? Ses pieds étaient tout près du feu !
Il me hante, c’est fou, mais c’est ainsi. Qui, Il ? Je sais bien qu’il n’existe pas, que ce n’est rien ! Il n’existe que dans mon appréhension, que dans ma crainte, que dans mon angoisse ! Allons, assez !...
Oui, mais j’ai beau me raisonner, me roidir, je ne peux plus rester seul chez moi, parce qu’il y est. Je ne le verrai plus, je le sais, il ne se montrera plus, c’est fini cela. Mais il y est tout de même, dans ma pensée. Il demeure invisible, cela n’empêche qu’il y soit. Il est derrière les portes, dans l’armoire fermée, sous le lit, dans tous les coins obscurs, dans toutes les ombres. Si je tourne la porte, si j’ouvre l’armoire, si je baisse ma lumière sous le lit, si j’éclaire les coins, les ombres, il n’y est plus ; mais alors je le sens derrière moi. Je me retourne, certain cependant que je ne le verrai pas, que je ne le verrai plus. Il n’en est pas moins derrière moi, encore.
C’est stupide, mais c’est atroce. Que veux-tu ? Je n’y peux rien.
Mais si nous étions deux chez moi, je sens, oui, je sens assurément qu’il n’y serait plus ! Car il est là parce que je suis seul, uniquement parce que je suis seul !
 
3 juillet 1883
 
Lire la suite
Publicité

C'est curieux tout de même !

11 Décembre 2024

Un petit curieux de Conques

Un petit curieux de Conques

La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste,  Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire.

Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre.(4ème de C.)

Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.(né le à Nantes, il est écrivain, essayiste, professeur émérite de littérature contemporaine à l’université Lumière Lyon 2, membre honoraire de l’Institut universitaire de France.)
 
 
Un avis:
 
« Superbement conduit, La Curiosité est un petit traité qui n’arrête pas d’ouvrir des perspectives. Longtemps la curiosité eut mauvaise réputation. Elle était le vilain défaut par excellence. Les religions la décriaient, les moralistes s’en méfiaient. Il est vrai que, confondue avec l’indiscrétion ou l’espionnage, elle était (et reste) peu vertueuse. En revanche, en ce qu’elle conduit à la connaissance dans son immense variété, elle se confond avec la vie même.' Diacritik

 

"Je suis curieux de ce que mes enfants, encore petits, vont devenir,

Je suis curieux de savoir si une promesse d’amour peut tenir jusqu’à la fin, jusqu’au dernier souffle,

Je suis curieux de la façon dont je vais vieillir même si c’est déjà bien amorcé,

Je suis curieux de tout ce que font mes amis, de tout ce qui leur arrive,

Je suis curieux des autres, de toutes les vies, de tous les êtres de rencontre qui sont pour moi autant d’énigmes,

Je suis curieux métaphysiquement, existentiellement, et transcendantalement,

Je suis curieux passionnément de savoir pourquoi nous sommes au monde et si nous y sommes vraiment,

Je suis curieux de tous les livres (les vrais livres) qui paraissent, au point parfois de ne pas savoir lequel choisir,

Je suis curieux de tous les films alléchants que je ne peux voir, de toutes les séries dont on vante les mérites, de toutes les BD talentueuses que je n’ai pas le temps de lire,

Je suis curieux de la façon dont la littérature et la philosophie sont traversées par la curiosité,

Je suis curieux de chaque tournant historique, de chaque événement, de chaque polémique,

Je suis curieux de toutes les musiques, de toutes les peintures, de tous les arts avec cependant des répulsions irrépressibles,

Je suis curieux de l’histoire de la curiosité, de ses entraves et de ses élans,

Je suis curieux de ce que devient la curiosité à l’ère du numérique,

Je suis curieux de ce que devient la curiosité à l’ère de l’anthropocène,

Je suis curieux de savoir comment l’humanité se sortira de cette mauvaise passe,

Je suis curieux de savoir quelles espèces nouvelles vont apparaître, puisque beaucoup disparaissent,

Je suis infiniment curieux de la paléoanthropologie,

Je suis infiniment curieux de la beauté du monde sous toutes ses formes, de chaque jour qui se lève, de chaque printemps recommencé,

Je suis curieux de toutes les errances et de toutes les joies de la curiosité."

JP MARTIN

&
 

 "Ultime question mais sans solution : quelle place convient-il que tienne la curiosité dans l’amour ? Mieux vaut sans doute ne pas trop bien connaître l’être aimé, pensait Roland Barthes. Car, par-delà, commence déjà la jalousie."  Diacritik

Jean Pierre Martin

Jean Pierre Martin

C'est curieux tout de même !

              Les petits Curieux de Conques nous invitent-ils à  discerner la nature de notre curiosité ?

 

Lire la suite

TOUT SIMPLEMENT

10 Décembre 2024

"Tout simplement" avec Dominique Loreau essayiste française, qui vit depuis la fin des années 1970 au Japon.

"Tout simplement" avec Dominique Loreau essayiste française, qui vit depuis la fin des années 1970 au Japon.

 Un Haïku de Kobayashi Tessa

             " Cet hiver dans ma cabane

                 Absolument rien

                 Absolument tout "

 

Bien des choses sont superflues mais nous ne le voyons que lorsque nous en sommes privés. 

Que de choses nous achetons parce que nous les voyons chez les autres ! D.L.

 

          "Un homme est riche des choses dont il peut se passer" Thoreau

 

          "Espace, lumière, ordre, voilà ce dont l'homme a besoin pour vivre, autant que de nourriture ou d'un lit"  Le Corbusier

 

L' abondance n'apporte ni la grâce ni l'élégance. Elle détruit l'âme, et emprisonne.../...Cessez de trop posséder et vous aurez plus de temps à consacrer à votre corps. Et lorsque vous vous sentirez bien dans votre corps,vous pourrez l'oublier et cultiver votre esprit. D.L.
 
              « Et si, pour toute richesse,
                    Il ne te reste que deux pains,
                    Vends-en un, et avec ces quelques deniers
                    Offre-toi des jacinthes pour nourrir ton âme !
                  
                  Poème persan
 

Certaines choses ne s'achètent pas avec l'argent : la patine par exemple. Qu'il s'agisse d'une théière en terre rouge ressemblant, à force de milliers d'infusions, au cuivre, d'une pierre moussue sur le devant de sa porte ou d'un bol en laque rouge aux reflets profonds et riches, certains objets ne font qu'embellir avec le temps. Une céramique n'est appréciée que lorsqu'elle commence à se craqueler et changer de couleur. Même le plus luxueux des sacs à main ne devient beau qu'après avoir été porté plusieurs années. De tels objets acquièrent de la dignité, de la grâce, de l'élégance au fil du temps. Ils nous enseignent la valeur du passé et la beauté déposée par le temps sur les choses. D.L.

 

Liste de choses qui compliquent la vie :

• trop de personnes dans son carnet d'adresses
• trop de choses inutiles
• trop de choix
• trop de kilos
• trop de laisser-aller
• trop de promesses non tenues
• trop d'indécisions
• trop s'attacher

 DL

TOUT SIMPLEMENT

Le temps n'est qu'une succession de "maintenant". Cette succession de renouvellements, de remplacements, est une forme de métabolisme.D.L.

 

Chaque jour est la seule chose que nous possédions vraiment. Notre vie, c’est aujourd’hui.

TOUT SIMPLEMENT
Lire la suite

P.R.O.F.

9 Décembre 2024

"Platon dit : " Pour enseigner il faut de l'éros "...

"Platon dit : " Pour enseigner il faut de l'éros "...

 ...L'éros est un mot Grec qui signifie le plaisir, l'amour , la passion.
- Pour communiquer, il ne sert à rien de débiter du savoir en tranches mais il faut aimer ce que l'on fait, et aimer les gens qui sont en face de nous.
- L'enseignant est celui qui, à travers ce qu'il professe, peut vous aider à découvrir vos propres vérités..."
 
  Edgar Morin
 
EDGARD MORIN

EDGARD MORIN

P.R.O.F.
Lire la suite

FATUM

8 Décembre 2024

Il était né un 5 décembre et il est mort le poète, le traducteur, le médiéviste, le mathématicien, le membre de l'Oulipo ce 5 décembre !

Il était né un 5 décembre et il est mort le poète, le traducteur, le médiéviste, le mathématicien, le membre de l'Oulipo ce 5 décembre !

JACQUES ROUBAUD

JACQUES ROUBAUD

Jacques Roubaud. ..qui a écrit plus d’une soixantaine de livres, des essais sur la métrique des vers et la littérature, des recueils de poèmes couronnés du prix Goncourt de la poésie en 2021, des ouvrages pour la jeunesse (comme « le Chevalier Silence », Gallimard, 1997), des livres d’artiste en collaboration avec des plasticiens, un cycle de romans autour de « la Belle Hortense » (Ramsay, 1985)… Il s’est livré à une entreprise autobiographique déjouant lesrègles habituelles du genre, avec un autre cycle, qui s’ouvre par « le Grand Incendie de Londres » (Seuil, 1989).

 

 

"Le grand héritier de Raymond Queneau, de Lewis Carroll et d’Alphonse Allais s’est assoupi plus profondément que d’habitude le 5 décembre 2024 dans son petit appartement parisien, à deux pas de la place de Clichy. Il faut dire qu’il avait beaucoup de sommeil en retard : levé à 4 heures du matin, sa vie durant, pour écrire ses poèmes et ses romans à son bureau, avant de commencer sa journée de professeur de mathématique à l’université, il n’avait jamais réussi à changer de rythme. Une vie monacale qui l’amenait à décliner poliment les dîners en ville, sauf quand il s’agissait de retrouver ses vieux compères du groupe littéraire de l’OuLiPo." Françoise Siri

 

Il disait:

"J'ai une mémoire d'éléphant qui se trompe"

"Je suis a mathématician, retired, and a poet, not retired, but tired. »

"Les sourds à la poésie sont sourds à la mémoire."

Sa mère était professeur d’anglais au lycée de Carcassonne. Son père, professeur de philosophie, rejoignit le mouvement Combat en 1942. Aîné de quatre enfants, Jacques Roubaud a un frère devenu biologiste, une sœur professeur d’anglais et son plus jeune frère dont le suicide, à l’âge de 20 ans, en 1961, marqua profondément l’écrivain. Fils de deux normaliens, il commença une hypokhâgne à Louis-le-Grand, avant de s’enfuir après le commentaire de texte d’un poème de Nerval qui lui resta en travers de la gorge – il aimait Nerval, presque autant que Baudelaire. Il détestait le principe des concours et décida de n’en passer aucun. Il obtint une licence d’anglais, s’intéressa au japonais et à la linguistique, découvrit avec bonheur la mathématique et soutint deux doctorats d’État, l’un dans cette discipline, qu’il enseigna, l’autre en poésie, pour le plaisir.

 

"Vingt fois sur le métier" :

« Devant une page blanche, je ne peux pas écrire. » Il se donnait des règles, des « contraintes », pour noircir la page. Il avait besoin de conception, de planification, de réflexion, comme certains compositeurs qui, pour écrire leur opéra, posent un problème et cherchent à le résoudre. D’ailleurs il se disait « compositeur » de poèmes. A propos de l’inspiration, sujet d’un éternel débat chez les artistes, il avouait : « Je ne l’ai pas rencontrée ; je ne connais pas bien cette bête-là. » Il envisageait l’écriture comme le travail intense d’un artisan qui polit les phrases à l’établi, « même si le résultat finit souvent à la poubelle ! »

 

L'oulipien:

C’était lui qui avait coopté Perec à l’OuLiPo .

"Mais à quoi ça rime, de travailler avec acharnement sur les formes et les contraintes ? Les contraintes nous emprisonnent toujours, sans que nous nous en rendions compte… alors autant reprendre sa liberté en les choisissant nous-mêmes. Prenons un exemple que raconte l’écrivain Paul Fournel, membre de l’OuLiPo. Si vous animez un atelier d’écriture auprès d’un public, quel qu’il soit, et que vous donnez comme consigne : « Ecrivez un texte de votre choix en employant le mot “café” (par exemple) », vous constaterez que tous les participants écrivent de la prose, c’est-à-dire un texte narratif, un « storytelling », et non pas une chanson, une comptine, un haïku… Aux yeux des Oulipiens, cette expérience montre que nous sommes tous conditionnés par une forme qui domine notre époque : le roman. Et l’intérêt est d’en prendre conscience. Prendre conscience des moules qui nous formatent pour s’en affranchir si on le souhaite, pour en explorer le champ infini et en inventer d’autres, en se fixant des contraintes, arbitraires ou non. " Françoise Siri, journaliste et écrivaine qui le connaissait bien.(Nouvel Obs)

 

 

Il aimait les Haïkus..qu'il appelait "TRIDENTS"

ex:

W.F. Bach

            " lamentabile"
  et cette flute
            qui me tord le cœur.

 

ETC...

Il y a tant à dire sur son œuvre...j'ai tenté de tirer un fil...

Et pour finir sans finir...

Un poème, un sonnet à sa façon:

LES VERS A SOIE DE JACQUES ROUBAUD
Les vers à soie murmurent dans le mûrier
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles
pleines d'un sucre qui ne fait pas d'alcool
les vers à soie qui sont patients et douillets

mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
ça les endort mais autour de leurs épaules
ils tissent un cocon rond aux deux pôles
à fil de bave, puis dorment rassurés

En le dévidant on tire un fil de soie
dont on fait pour une belle dame une robe
belle également qu'elle porte avec allure

Quand la dame meurt on enterre la soie
avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre,
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent.
 
JACQUES ROUBAUD
MÛRIER/VANGOGH

MÛRIER/VANGOGH

Lire la suite
Publicité

QUEL ACTEUR !

6 Décembre 2024

Laurent Terzieff, né le 27 juin 1935 à Toulouse et mort le 2 juillet 2010 à Paris 13e, était un acteur et metteur en scène français

Laurent Terzieff, né le 27 juin 1935 à Toulouse et mort le 2 juillet 2010 à Paris 13e, était un acteur et metteur en scène français

Le talent

"D'où vient le talent, on ne sait pas, un manque et un rapport au temps, cette angoisse du temps..."

 

Rimbaud, Rilke, Milosz

"Rimbaud bien sûr, tot est dit à 17 ans..., Rilke c'est le contraire, c'est l'expérience du vécu ...et Milosz...exorciser l'enfance..." et pour moi, le goût du partage..."

Le temps

"Sois l'ami du temps présent, le passé et le futur te seront donnés de surcroît"

Clément Rousset (Philosophe)

QUEL ACTEUR !
Lire la suite

Dans les ornières immenses du reflux

5 Décembre 2024

Courant circulaire antarctique

Courant circulaire antarctique

Marine

 

Les chars d’argent et de cuivre –
Les proues d’acier et d’argent –
Battent l’écume, –
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l’est,
Vers les piliers de la forêt, –
Vers les fûts de la jetée,
Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.
 

Arthur Rimbaud, Illuminations (1875)

 

Rimbaud / Fantin latour

Rimbaud / Fantin latour

Dense poème "abstrait" . D'aucuns disent que s'il fallait n'en lire qu'un, ce serait celui-là. 

Poème - monde fait de terre et de mer dans le mouvement croisé et déstructurant qui permet de le voir naître et mourir dans un long et dernier vers baigné de lumière !

Alors, abstraction ou illumination ?

Anny C.

 

ANSELM KIEFER / The State Hermitage Museum

ANSELM KIEFER / The State Hermitage Museum

Lire la suite