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Articles récents

Jouons un peu...

10 Novembre 2024

Jouons un peu...

EN CHEMIN DE MOTS... jouons un peu:

 

 * 1

Expérimenter. :   

En une minute, écrire une poème - minute...

Je joue:

 

"Cette minute- là

 Éternelle et sensible

 Tourneboule

 Le sens à venir "  Anny C.  ( c'est fait )

 

* * 2

Ecrire un poème pendant au maximum 15' en présence d'une personne qui assiste, en silence, à votre temps d'écriture, puis le lui offrir.

Ainsi, selon Arthur Teboul vous exercez le nouveau métier de

DÉVERSEUR

 

" Le silence 

  est le seul bruit

 

 Qui te ramène à toi

  Et te dilate "

  GUILLEVIC

 

Il dit:

« J’ai longtemps rêvé l’existence, au cœur de nos villes et de nos vies, d’un endroit protégé de la clameur du monde, du bruit et de la fureur, où l’on pourrait faire halte un instant. Un endroit au coin de la rue où nous attendrait, derrière son bureau, un poète. On passerait sa porte pour s’asseoir un moment face à lui, le temps qu’il nous écrive un poème. Nul n’aurait besoin de parler, notre seule présence suffirait. On irait là-bas comme on va chez le fleuriste, le coiffeur ou le cordonnier, entre midi et deux ou après le travail. Dans les grandes et les petites occasions. »

 

« Tant qu’une chose en laquelle vous croyez n’existe pas, tout vous pousse à l’abandonner au néant.  Une fois qu’elle a vu le jour ? Rien ne peut lui résister. »

  Arthur Teboul

 

Le rêve a pris forme. Le 12 mars 2023, au 127, rue de Turenne, à Paris, Arthur Teboul a ouvert un cabinet de poèmes minute, le Déversoir. Pendant une semaine, du matin au soir, il y a accueilli près de 250 visiteurs. Pour chacun d’entre eux, il a écrit un poème, exerçant ce nouveau métier de déverseur, lui donnant sa toute première adresse. L’ensemble de ces poèmes compose la majeure partie de cet ouvrage (L'adresse). Arthur Teboul y poursuit son exploration de l’écriture automatique, mais, cette fois, en présence d’autrui. C’est une des raisons pour lesquelles L’Adresse, qui donne aussi la parole à ceux qui sont venus au Déversoir, invite à vivre la poésie comme une expérience collective.

 

&
 

A mon tour, je fais l'expérience et j'imagine que toutes les personnes qui me lisent sont devant moi, en silence j'écris en moins de 15' :   

 

              Je joue:

             9H12

 

      "INCOGNITO

       Je vous imagine devant l'écran noir de vos nuits blanches

       Ivres de sommeil et pourtant bien vivants

       Le dernier rêve posé sur la portée de la nuit

       Dans le mystère indicile de son évanescence

 

       Le désir caresse la frise de vos sens

       Fragiles et humains vous titubez un peu

       L'aube dévoile son coeur

       N'ayez pas peur ! "  Anny C. ( c'est fait )

 

             9H23 ( je l'offre à chacun,e de vous.)

 

              Et maintenant, jouez le jeu avec vos proches!

 

"C'est la discipline du lâcher prise, qui nous apprend à accepter ce qui vient, et qui finalement n'a rien à voir avec l'inspiration".

 

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NOVEMBRE..."Vénéneux mais joli..."

9 Novembre 2024

NOVEMBRE..."Vénéneux mais joli..."
Les Colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

 

Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

 

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

 

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

 

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

NOVEMBRE..."Vénéneux mais joli..."
VACHES/VANGOGH

VACHES/VANGOGH

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Un discret penchant...

8 Novembre 2024

 

ÇA PENCHE DU CÔTÉ DE LA TEMPORALITÉ DE PROUST,

DE LA PATIENCE DE BARTHES,

DE LA SUBTILITÉ DE JANKÉLÉVITCH

ET DE...LA SINGULARITÉ DE FRANÇOIS JULLIEN...

ça bascule ?

ça bascule ?

FRANÇOIS JULLIEN

FRANÇOIS JULLIEN

LE SINOLOGUE, HELLENISTE ET PHILOSOPHE FRANÇOIS JULLIEN S'INTÉRESSE PARTICULIÈREMENT AUX "TRANSFORMATIONS SILENCIEUSES",

JE DIRAIS MÊME INCIDIEUSES QUI ÉMERGENT TOUT À COUP DANS NOS VIES SANS CRIER GARE ET CHANGENT NOS DESTINS.

MAIS À QUEL MOMENT CELA A-T-IL PU COMMENCER?

L'ENQUÊTE INTÉRESSE LES PSY SANS AUCUN DOUTE. 

LES CHINOIS SONT MAÎTRES QUI SAVENT QUE TOUT EST TOUJOURS EN TRANSFORMATION.

FRANÇOIS JULLIEN CREUSE LE SUJET DANS SON LIVRE

"CE POINT OBSCUR OÙ TOUT A BASCULÉ"

« Il est un point, dans nos vies, peut-être le plus inquiétant: quand une situation, un sentiment, un amour, soudain vient à s’inverser. Sait-on comment cela s’est effectivement passé? Or, à partir de ce point «obscur», ensuite, tout a basculé… En tirant ce fil, on est porté à s’interroger."

Un discret penchant...
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Moins que demain ?

7 Novembre 2024

ZOOM

ZOOM

 

 

 

        Puisque tout change sauf le changement...

 

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

METAMORPHOSES FRANCAISES" , Jérôme Fourquet

Paru le 25/10/2024

MÉTAMORPHOSES FRANÇAISES ÉTAT DE LA FRANCE EN INFOGRAPHIES ET EN IMAGES

 

"Des grandes mutations sociales, religieuses et politiques aux différents modes de vie et pratiques quotidiennes : l’état de la France en infographies et en images. En un seul volume, Jérôme Fourquet revient sur le déclin du catholicisme et l’essor de nouvelles spiritualités, sur la grande bascule anthropologique en cours – la reconfiguration des structures familiales et un nouveau rapport au corps –, mais aussi sur le processus d’archipélisation affectant notre pays. Il aborde également l’américanisation de la France et le passage d’une économie de la production à celle de la consommation. Cet ouvrage propose ainsi une rétrospective complète d’une France qui s’est métamorphosée en seulement quelques décennies, enrichie de cartes inédites du vote Macron parmi les Français de l’étranger, des émeutes de l’été 2023, de l’implantation des McDonald’s ou bien encore du maillage de la compagnie low cost FlixBus et de photographies, qui nous livrent comme un album de famille collectif."

4ème de couv.

Moins que demain ?

"L’américanisation est un phénomène assez profond qui touche tous les aspects de la vie sociale, mais la France n’est pas l’Amérique, bien sûr. Nous n’avons pas la violence politique, le système bipartisan, le poids de l’argent dans les campagnes électorales… On observe toutefois une fascination pour ce scrutin ; cette année encore, les chaînes d’info se mettent « à l’heure américaine » avec des envoyés spéciaux ; on est abreuvés des commentaires de spécialistes du caucus de l’Iowa… Toute notre classe politique a adoré la série The West Wing (à la Maison-Blanche) ; l’UMP est devenue Les Républicains ; on a importé en France le mécanisme des primaires, qui est complètement américain (pays où les élections sont à un tour), alors que dans notre système électoral, le premier tour en faisait office…"

Jérôme Fouquet

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CES HOMMES-LA

6 Novembre 2024

ALBERT CAMUS

ALBERT CAMUS

 

"Je vis comme je peux"

 

Albert Camus
 

"UN HOMME,ÇA S'EMPÊCHE"

(...)« Peut-être. Mais ils ont tort. Un homme ne fait pas ça . » Levesque avait dit que pour eux, dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Mais Cormery avait crié comme pris de folie furieuse : “Non, un homme ça s’empêche. Voilà ce que c’est un homme, ou sinon…”. Et puis il s’était calmé. “Moi, avait-il dit, d’une voix sourde, je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, on me met cet habit, on me traîne à la guerre, mais je m’empêche. »

Albert Camus, Le Premier Homme

 

"UN AMI, ÇA S'ACCEPTE"

"Il y a si peu d'occasions d'amitié vraie aujourd'hui que les hommes en sont devenus trop pudiques, parfois. Et puis chacun estime l'autre plus fort qu'il n'est, notre force est ailleurs, dans la fidélité."

Albert Camus, (Amitié avec René Char)

 

"UN AMOUR, ÇA SE SITUE"

À Maria Casarès, le 6 janvier 1950

 

« Maintenant que tu m’as découvert le vrai prix des choses, tout ce qui n’est pas toi, me paraît dénué de sens – comme si on m’empêchait d’être celui que maintenant je suis. »

Albert Camus, correspondance

 

LE POUVOIR, C'EST ÇA?

"Caligula : Bonjour, Hélicon.

Hélicon : Tu sembles fatigué.

Caligula : J’ai beaucoup marché.

Hélicon : Oui, ton absence a duré longtemps.

Caligula : C’était difficile à trouver.

Hélicon : Quoi donc ?

Caligula : Ce que je voulais.

Hélicon : Et que voulais-tu ?

Caligula : La lune.

Hélicon : Quoi ?

Caligula : Oui, je voulais la lune.

Hélicon : Ah ! pour quoi faire ?

Caligula : Eh bien... C’est une des choses que je n’ai pas.

Hélicon : Bien sûr. Et maintenant, tout est arrangé ?

Caligula : Non, je n’ai pas pu l’avoir.

Hélicon : C’est ennuyeux.

Caligula : Oui, c’est pour cela que je suis fatigué,Hélicon !

Hélicon : Oui, Caïus.

Caligula : Tu penses que je suis fou.

Hélicon : Tu sais bien que je ne pense jamais. Je suis bien trop intelligent pour ça."

 

CALIGULA Albert Camus (extrait)

 

 

 

KAMEL DAOUD, PRIX GONCOURT 2024

KAMEL DAOUD, PRIX GONCOURT 2024

 

KAMEL DAOUD

PRIX GONCOURT 2024

« Camus aimait la vie avec l’intensité d’un mourant »

+


KAMEL DAOUD...
 

"Les textes de Camus m’aident à vivre au présent. Étrangement, ses textes ne sont pas des textes du « passé », ils ne sont jamais un souvenir, un récit clos sur sa narration et sa conjugaison, mais un puissant mouvement de rappel au présent. Cet homme aimait la vie avec l’intensité d’un mourant, il avait mille corps comme l’ont les grands malades sur un possible départ, lentement invités par la mort à faire l’inventaire de chaque sensation. J’y aime cette honnêteté bouleversante du vivant qui se sait à la fois riche et continuellement dépossédé, la précision qui élague, la force même de l’alignement entre la métaphore et l’exactitude. J’ai un respect profond pour cette quête de la vérité qui ne se débarrasse pas du corps comme condition pour la retrouver, cette vieille condition de nos religions. Rarement, pour moi, on est si près du corps amoureux. Camus a su garder ses distances avec la vérité et a pris le parti de son corps. Paradoxalement, c’est ce qui nous fait accéder à ce goût d’éternité qui circule à l’intérieur de ses grands textes. Homme moi aussi d’une terre difficile à vivre et à quitter, j’aime chez cet homme, dans son œuvre, le parti pris de la précarité, de la force solaire, de la sensation qui est le contraire d’un Dieu. Tout le reste, ou presque, en Algérie, dans le champ des croyances des miens, m’invite à habiter la mémoire. Camus sollicite mon corps, mes sens."

PRIX GONCOURT 2024

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VRAIMENT VERT

5 Novembre 2024

VAN EYCK/ LES EPOUX ARNOLFINI (1434)

VAN EYCK/ LES EPOUX ARNOLFINI (1434)

     U vert...

 

 "U, cycles, vibrements divins des mers virides,
   Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
    Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux"

 

A.Rimbaud

 

MONET THE ROWBOAT MARMOTTAN 1887

MONET THE ROWBOAT MARMOTTAN 1887

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UN SEUL VERS

4 Novembre 2024

RILKE

RILKE

RILKE
CAHIERS DE MALTE

 

POUR ECRIRE UN SEUL VERS...

"Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers."

Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)

 

ex:

"Je vis, je meurs : je me brûle et me noie," Louise Labbé
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ENTRE NOUS

3 Novembre 2024

ENTRE LES LIGNES

ENTRE LES LANGUES

     Heinz Wismann.

"-Comprendre, c’est se sentir comme délivré.

(Ce philosophe polyglotte est né et a grandi dans une Allemagne déchirée par la guerre. Depuis plus de cinquante ans, il vit et enseigne en France. Celui qui a fait le choix de “penser entre les langues” nous explique ici en quoi le langage dépasse la simple communication pour déterminer ce que nous sommes.)

-Dans la communauté de ceux qui chantent ensemble, il y a une authenticité partagée. C’est le sens du Lied allemand. À l’inverse, dans la chanson à la française, c’est la culture de la conversation qu’il s’agit d’entretenir plus que l’expressivité musicale.

« La langue française aime faire dire aux mots ce qu’ils ne disent pas »
-Vous allez jusqu’à dire que « le Français ment dès qu’il ouvre la bouche »…

-Oui, il est menteur. Au sens où, comme le dit madame de Staël des salons : « le français est la seule langue où l’on peut parler sans dire ». Quand les Allemands parlent, selon elle, c’est pour dire quelque chose. Les Français peuvent parfaitement parler, mais à côté de ce qu’ils disent. Ici, mentir ne signifie pas « dire des mensonges ». Il y a quelque chose dans le fait de se soumettre, du fait du souci de la bienséance, à une certaine manière de parler, qui ne correspond pas forcément à ce qu’on veut dire. N’oublions pas que la langue française a été pendant des siècles celle de la diplomatie. On parle, mais on ne rive pas le discours sur la chose à dire. Mais, bien sûr, les modèles que je décrypte sont des idéaltypes, il ne faut pas les essentialiser.

-L’anglais, aujourd’hui langue globale, véhicule-t-elle aussi un modèle social implicite ?

-Au moment du grand clash entre les deux modèles, protestant et catholique, allemand et français, les Anglais ont refusé de choisir. Religieusement, l’anglicanisme est un compromis. Socialement, ils sont devenus ce qui dans leur langue s’appelle « excentrique ». Ils n’ont ni le souci allemand de coïncider avec eux-mêmes, ni le souci français de coïncider avec les autres – d’où l’absence du sens du ridicule et leur capacité à ne pas s’enfermer dans une position qui les emprisonne. La langue anglaise aussi se distingue dans la mesure où elle ne se coule pas dans un moule grammatical. L’absence de grammaire en fait une langue très accessible. Mais c’est un défaut majeur quand cette langue devient une langue universelle mal parlée par tous." (Philomag)

ENTRE LES MURS

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FEUX FOLLETS

2 Novembre 2024

 

Chrysanthèmes feux follets,

"Le don de vivre a passé dans les fleurs"  Paul Valéry

FEUX FOLLETS

"C’est la fête des chrysanthèmes-soleils qui s’endorment le soir au pied des tombes comme pour réchauffer les âmes de leurs couleurs étoilées dont le chant s’élève crescendo du plus pur des blancs au plus chaud des ors. La veille, la nuit avait calmé peu à peu le cliquetis des squelettes et la danse des fantômes fêtés par les enfants dans la foire aux vanités d’ Halloween. La mort chahutée avait cédé la place à la vie sanctifiée, avant qu’un silence sacré ne dépose ses fleurs d’or dans les cimetières embellis. Je me souviens de l’émotion ressentie en Islande en voyant, nichées dans la neige, les pierres tombales éclairées par des bougies et des lumières étincelantes pendant les jours les plus courts de l’année. Dans une église, des voix a capella saisirent mon coeur. Chacun célèbre ses aimés disparus, selon sa tradition.Un de mes chers amis, artiste - plasticien, tailleur de pierres, savant en art funéraire sculpte des pierres tombales symboliques en hommage à ses amis disparus. C’est très émouvant. Quelle preuve d’amitié! D'autres traditions égrainent simplement des petits cailloux sur les tombes comme des rimes…à la grande ourse rimbaldienne."

Anny C. (Au diapason des jours)

 

 

Ecouter aujourd'hui LE CIMETIERE MARIN de Paul Valéry lu par Jean Vilar, va de soi:

Ecouter aujourd'hui LE CIMETIERE MARIN de Paul Valéry lu par Jean Vilar, va de soi:

Photo de Thoma Lieser

Photo de Thoma Lieser

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Cinq méditations sur la mort, c'est à dire, sur la vie

1 Novembre 2024

Cinq méditations sur la mort, c'est à dire, sur la vie

1

 

"La Toussaint adoucit la mort

On se sent presque bien avec elle

Les visages se croisent sans rire

L’ironie baisse la garde

Reste une conscience de vivants"

Anny C.

L'Angelus, JF Millet

L'Angelus, JF Millet

2

"La mort  n’est point notre issue.


Posant la limite,


Elle nous signifie l’extrême exigence de la Vie,


Celle qui donne, élève, déborde et dépasse."

 

François Cheng

ZAO WU KI

ZAO WU KI

3

 

"Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil."

Arthur Rimbaud, Derniers vers

 

Vue de Delft, Vermeer

Vue de Delft, Vermeer

4

 

"Il ( Bergotte) mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse oeuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffirait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l’exposition. Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l’impression de la sécheresse et de l’inutilité d’un art si factice, et qui ne valait pas les courants d’air et de soleil d’un palazzo de Venise ou d’une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Ver Meer, qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. « C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune ».

Marcel Proust

Tombe de Brassens SETE

Tombe de Brassens SETE

BRASSENS et sa compagne PUPPCHEN: "Ce n'est pas ma femme, c'est ma déesse"

BRASSENS et sa compagne PUPPCHEN: "Ce n'est pas ma femme, c'est ma déesse"

"L'amour c'est l'espace et le temps rendus sensibles au coeur."

 M.Proust

Cinq méditations sur la mort, c'est à dire, sur la vie
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